Les vacances d’André 3

« André apprenait à trouver du bonheur dans la satisfaction de ces besoins primaires : manger, se soulager, se faire laver, être propre. Bientôt il faisait baba plusieurs fois par jour, et Alice l’aidait régulièrement à se masturber, les deux sensations lui procurant autant de satisfaction.»

 Vous trouverez les chapitres précédents  dans la “catégorie”  “Vacances d’André” en ordre renversée, le premier chapitre se trouvant tout à fait en bas.

 Chapitre 3

 Incrédule, assis par terre, attaché avec le harnais à l’arbre, il regardait  comment Alice coupait tranquillement tous ces vêtements d’adulte en lamelles. Il n’en revenait pas. Vraiment elles ne connaissaient plus de limites. Pour la première fois il commençait à réaliser qu’elles pourraient bien être sérieuses quand elles disaient qu’il était leur bébé pour toujours.

« Tu vois mon petit chou comment Alice fait de beaux morceaux ? Je vais décorer mes photos et peintures avec ça. Comme ça fait être beau ! »

Tout d’un coup il regardait la situation en face. C’était en effet trop facile pour elles. Elles vivaient à ces frais, dans une belle maison dans un bon climat, sans devoir tenir compte de personne, elle faisaient ce dont elles avaient toujours eu envie de faire, et, toujours aussi amoureuses l’une de l’autre, elles étaient toujours ensemble. La situation était trop parfaite pour ne pas essayer de la faire continuer à toujours.

Cette réalisation, aidé par l’effet des calmants qu’elles lui administraient en secret, le faisait sentir las, fatigué et impuissant. Il n’arrivait plus à retenir ces larmes, qu’il laissait couler sur ses joues. A travers ces larmes il voyait Milène qui venait assister au spectacle : « Ooh, mais le petit bébé pleure. Qu’est ce qui se passe ? »

Alice, surprise, le regardait, et puis souriant gentiment, s’approchait de lui: « Mais, mais, mais, faut pas avoir peur, Alice n’a pas besoin de tout.  Il y aura plein de morceaux pour toi aussi pour jouer ! »

Il la regardait ahurit, puis se ressaisissant, essuyait ses larmes : « Vous êtes cinglées, vous ne pouvez pas croire que vous pouvez me garder ici comme ça ! ». Elle le regardait un instant, puis décidait de réagir sérieusement : « Et pourquoi pas ? » « Mes enfants vont s’inquiéter tôt ou tard ! » Milène qui c’était également approchée ce mettait à rire : « Je crois qu’il est temps de lui montrer, tu ne crois pas ? » Alice le regardait  sérieusement et hochait la tête : « Oui, je crois que c’est le moment »

Elle le détachait de l‘arbre et le forçant à la suivre, s’orientait à la maison, ou elles le faisaient s’asseoir par terre devant le bureau, pendant que Milène allumait l’ordinateur. « Voyons ce que ton fils t’as écrit ce matin  »

Elle ouvrit la boite de messagerie et commençait à lire : « Bonjour papa, un grand merci pour ton mail de hier. Il m’a vraiment aidé à voir plus claire et je sais maintenant ce que je dois faire. Je te raconterai plus tard, je n’ai pas le temps maintenant. Mais je voudrais quand même te dire que depuis un petit temps je te sens plus proche de moi que jamais. J’attends tes mails avec impatience et quand il y a quelques jours qui passent sans que tu m’écrives je me sens un peu insatisfait. Hier soir j’ai téléphoné avec maman, et elle disait quelque chose de semblable (à tel point qu’elle a jugé nécessaire de préciser que je ne devais pas croire que vous vous alliez vous remettre en ménage J ). Bisou »

André était stupéfiait. « Mais, mais, qu’est-ce que tu lui écris alors ? » Milène souriait : « Rien de bien spéciale. Mais je lui écris presque tous les jours, et c’est l’attention dont il a besoin, rien de plus. Il est très sympa ton fils ! Ta fille et ton ex aussi dalleurs». Avant qu’Andre ne puisse réagir elle enchainait : « Faut pas te faire des soucis, je m’occupe de tes autres courriels aussi. Ce matin j’ai répondu à ton courtier que tu étais d’accord avec les changements dans ton portefeuille qu’il avait proposé. »

André, de plus en plus prise de panique par la réalisation qu’elles avaient bel et bien pris contrôle de toute sa vie, se tournait vers Alice, avec des grands yeux suppléants. Comme toujours elle lui souriait gentiment. « Tu vois que tout est réglé pour le mieux. Tu ne dois plus jamais être seuls, je m’occupe de toi mieux que ce que t’aurais osé rêver. Ta famille est heureuse. Milène s’occupe de tes affaires, donc là non plus plus de soucis pour toi. Et puis, tu ne peux pas t’imaginer comme tu es devenu ma source d’inspiration ! Je crois que bientôt je vais commencer à préparer une grande exposition, et c’est grâce à toi. Puisque tu prétends toujours que tu m’aimes cela en soi devait te rendre heureux. »

André ne se donnait pas vaincue. Dalleurs il ne comprenait pas ce qu’elle voulait dire par « être sa source d’inspiration, d’être sa muse ». Alice, répondait calmement que c’était trop tôt mais qu’un jour il verrait comment il avait été à la base de son œuvre créatrice, comment il l’avait aidé à ouvrir les portes la permettant à arriver à sa vision artistique. De plus en plus scandalisé, André l’accusait d’inventer n’importe quoi pour le convaincre à accepter leur prise de pouvoir. Cette fois-ci elle perdait sa patience, et elle le coupait la parole en disant qu’elle n’inventait rien du tout puisqu’elle ne cherchait pas à le convaincre, il n’avait quand même pas de choix ! Il resterait son petit bébé aussi longtemps qu’elle le voudrait !

André restait bouche bée, et c’était Milène qui réagissait : « Voilà, maintenant je crois qu’il a compris. »

Mais si André en effet avait compris que les deux copines étaient sérieuses quand elles disaient qu’elles pourraient le garder comme leur bébé pour toujours, cela ne voulait pas dire qu’il acceptait. Furieux il sautait sur ses pieds et se lançait vers les deux filles, mais était retenu par la lanière. Voulant arracher la lanière  il se rendait compte que ces poignets étaient toujours attachés à sa taille. Il se laissait tomber sur ses genoux et poussait un long cri d’impuissance. Alice s’agenouillait à côté de lui et, mettant son bras autour de ses épaules, essayait de la calmer, mais il continuait à hurler : « Non ! Ça ne se passera pas comme ça, noooon, je ne veux pas, vous êtes folles, …. !!!»

Alice regardait sa copine et faisait un petit signe de la tête, sur quoi Milène s’approchait aussi, et avant qu’il ne réalisait ce qui se passait il avait un bâillon boule dans sa bouche, l’empêchant à parler ou hurler.

Les jours suivants André, aidé par une dose de calmants augmentée, petit à petit acceptait son sort. Rendu complètement impuissant, il se laissait berner dans cette vie facile, absolument sans responsabilités ni obligations. Alice l’observait de près et après quelques jours diminuait les calmants, puis les arrêtait complètement, sans que cela ait un effet sur son comportement inoffensif.

André apprenait à trouver du bonheur dans la satisfaction de ces besoins primaires : manger, se soulager, se faire laver, être propre. Bientôt il faisait baba plusieurs fois par jour, et Alice l’aidait régulièrement à se masturber, les deux sensations lui procurant autant de satisfaction.

Bien qu’il paraisse résigné de son sort Alice et Milène ne prenaient pas de risques. Elles le faisaient porter un harnais à tout moment avec quoi il était attaché à sa chaise, dans son lit, ou avec une lanière à un arbre ou au chauffage. Souvent, pour renforcer sa dépendance, elles fixaient ses poignets à la taille. Un autre moyen pour le rendre encore plus impuissant c’était en fixant une longue barre entre ces chevilles, le forçant à tenir ses jambes complètement ouvertes. Ceci l’empêchait même à se retourner, le forçant à rester couché sur son dos ou sur son ventre selon le cas.

Alice aimait jouer avec lui. Quand il était couché sur son dos elle faisait danser des pluches au-dessus de sa tête, pendant qu’elle chantait des chansons d’enfants. Quand elle faisait plonger le pluche pour venir caresser sa figure tous les deux riaient. Comme la vie était devenu simple.

Même Milène s’occupait de plus en plus de lui. Elle adorait le mettre sur son ventre avec la barre attachée entre ces jambes, pour l’inciter à venir chercher un jouet deux mètres plus loin. Elle le taquinait en reculant le jouet quelques fois mais puis, le laissant atteindre le but, elle le récompensait par un grand câlin. Et un jour pour le récompenser elle détachait la barre, le faisait s’asseoir à côté d’elle, et, ouvrant son chemisier, offrait son sein. André, sans hésiter, se mettait à sucer, ce qui devenait une autre source de plaisir. Milène aussi y trouvait du plaisir à tel point que bientôt elle lui offrait le sein tous les jours. Alice, jalouse, attendait qu’Andre soit au lit pour se blottir contre sa copine et ouvrant elle-même le chemisier de sa compagne suçait le téton de son amoureuse.

Ainsi passait l’hiver. Bien que prendre soin de leur bébé les occupait pas mal, les deux filles avaient quand même beaucoup de temps pour travailler, et elles étaient de plus en plus satisfaites de l’avancement de leurs projets respectifs.

Avec le printemps arrivaient deux copines. Bébé André n’avait évidemment pas été prévenu de leur arrivé mais les deux femmes si, elles avaient étés prévenues de ce qui les attendait.  Néanmoins quand elles rentraient dans le jardin ou André, attaché avec une lanière et vêtue rien que d’une petite chemise au-dessus d’une grosse couche sale, jouait avec des  poupées en plastique, elles ne savaient pas comment réagir. Pas plus qu’André lui-même, qui, surpris par cette visite inattendue, les regardait avec sa bouche ouverte.

Passée les premières surprises tout le monde s’adaptait vite à la nouvelle situation. Comme Alice et Milène les nouvelles venues formaient un couple, mais la différence d’âge était beaucoup plus grande. L’ainée, Jennifer, aurait pu être la mère de Justine, la plus jeune. Elles allaient rester quelques semaines, profitant du séjour gratuit offert par leurs copines. En échange elles feraient de temps en temps du babysitting donnant à Alice et Milène l’opportunité de faire des excursions. Cela faisait des mois qu’elles n’avaient plus su sortir, quand même pas ensemble, et elles avaient besoin d’un changement. Personne qui se demandait si André n’avait pas besoin de changement.

Mais même pour André l’arrivée de Jennifer et Justine était une bonne chose. Elles étaient maintenant à 4 pour s’occuper de lui, pour le dorloter, pour jouer avec lui.  Surtout Jennifer, l’ainée y prenait beaucoup de gout, expérimentant sans doute le réveil d’un sentiment maternel frustré.

André c’était tout à fait habitué à sa position dépendante, et ne songeait même plus à s’échapper. Bien qu’il ait toujours une petite préférence pour Alice, il ne prêtait pas beaucoup d’attention laquelle des femmes prenait soin de lui. Entouré de 4 nounous il prenait l’habitude d’avoir ces besoins rempli d’une manière immédiate. Un petit bébé de plus en plus gâté. Surtout Jennifer se préoccupait de ces petits désirs dès qu’il ouvrit sa bouche. Plus forte que les 3 autres elle adorait le prendre sur ces genoux pour le nourrir, le couvrir de bisous, ou, introduisant sa main dans sa couche, le faire jouir. André éjaculait maintenant presqu’immédiatement sans que son membre raidissait, ce qui amusait beaucoup les 3 femmes.

Quand Jennifer et Justine les quittaient la routine normale reprenait et André était frustré parce que les deux femmes ne le prêtaient pas assez d’attention. Surtout quand pendant l’été, Alice s’absentait souvent pour plusieurs jours à la fois, le laissant seul avec Milène. Quand il protestait de plus en plus parce que Milène ne remplissait pas ces petits besoins assez vite elle le grondait, bientôt suivi par des punitions. Elle le privait du sein ou de la petite histoire au lit, ou quand il avait vraiment exagéré elle le forçait à se mettre debout dans le coin avec ces mains au-dessus de sa tête pendant 15 ou 20 minutes, ce qui lui paraissait une éternité.

Fin septembre, après une absence d’une semaine, Alice rentrait tout excitée et heureuse. Elle le prenait dans ses bras, et annonçait que deux semaines plus tard il y aurait le vernissage de son exposition, et puis à sa grande stupéfaction, elle l’invitait à y assister. Il ne savait pas trop bien comment comprendre l’invitation et sur un ton hésitant il demandait si cela voulait dire qu’il pourrait s’habiller en adulte. Eclatant de rire elle le rassurait.

Quelques jours avant la grande ouverture ils rentraient tous les trois dans la ville où ils habitaient avant. Se retrouvant seul dans son appartement André était tout à fait perdu. Il avait envie d’appeler Alice pour venir l’aider mais n’osait pas. Il appelait Mireille, son ex, à la place. Elle était surprise de l’entendre, et n’était pas libre, mais avant de raccrocher elle ajoutait que de toute manière elle supposait qu’ils se verraient le vendredi « au vernissage de sa jeune protégée ». André était très surpris d’apprendre qu’Alice avait invité Mireille, mais encore plus de l’entendre appeler « sa protégée. »  Si Mireille savait.

Les jours jusqu’au vernissage étaient infernales. André n’avait plus l’habitude de prendre soin de soi même, et ces deux « mamans » le manquaient terriblement. Il s’enfermait dans son appartement, se mettait des grosses couches, et se nourrissait uniquement de biberons de lait.

Le jour D il n’avait pas envie de s’habiller et hésitait à rester à la maison mais il était sincèrement intéressé à voir les créations de celle que son ex appelait « sa protégée », et tout d’un coup était envahi par la fierté de se rendre à une expo qu’il avait rendu possible par son soutien financier. Il se sentait mécène. En plus il était trop curieux de voir de quelle manière il avait inspiré Alice.

Dans le taxi il regardait pour la première fois l’invitation plus attentivement. Il n’avait même pas remarqué le nom ironique de l’exposition : « Et dieu créa la femme – Partie deux » –  Photos sur acrylique et poupées en papier mâché par Alice.

Il souriait. L’ironie du titre et le fait qu’elle mettait seulement son prénom. Il adorait cette fille.

 

En arrivant à la galerie Milène l’attendait à l’entrée et le présentait à la gérante, comme « la personne qui non seulement à offert à Alice la possibilité matériel de poursuivre son rêve, mais en plus a été sa grande source d’inspiration ». La femme, une beauté noire aux longues jambes, le saluait avec un intérêt sincère, mais en même André croyait voir dans son regard de l’amusement. Se demandant ce que les filles l’avaient raconté il rougissait. Il voulait remercier Milène pour cette introduction gentille mais celle-ci se tournait déjà vers d’autres arrivants, l’invitant « à découvrir pour toi-même »

La première œuvre qu’il rencontrait il reconnaissait de l’affiche. C’était une immense photo sur acrylique très colorée. On y voyait une scène de rue représentant un homme se promenant sur un trottoir le long d’un long mur jaune, suivi d’un demi-pas par une femme en burqa. Venant à leur rencontre on voit une femme élégante, vêtue d’une robe d’été, tenant par la main un homme, plus grand qu’elle mais qui la regarde avec un regard plein d’admiration et de tendresse, sans qu’elle le voie.

André ne se reconnaissait pas immédiatement, pas plus qu’Alice, surtout qu’il ne connaissait pas la rue. Mais quand il réalisait que c’était lui avec sa copine, il comprenait que c’était un montage. Il souriait. Chacun qui verrait cette photo comprendrait qu’il était prêt à suivre cette fille partout, sans poser des questions, par libre choix, parce que c’était une amazone inspirant confiance. Par contre pour l’autre couple c’était aussi évident que la femme suivrait l’homme, mais par crainte, par tradition, pas par conviction.

La deuxième œuvre consistait de deux photos, l’une pendu à côté de l’autre. En regardant les photos le sourire d’André disparaissait. La première était une scène pendant une réception mondaine, ou trois belles femmes, visiblement ennuyées, écoutaient un homme, qui argumentait. Alex reconnaissait Alice et Milène parmi les femmes, et l’homme, évidement, c’était lui-même. Seulement en dessous de sa veste de costume il ne portait pas un pantalon mais une barboteuse rose. Sur la photo à côté les trois femmes sont en conversation animé et s’amusent manifestement, pendant que l’homme  joue avec des petites voitures assise par terre derrière eux. Il a enlevé sa veste mais porte au-dessus de la barboteuse un harnais de bébé avec une lanière tenue dans la main par Milène. André devait admettre que c’était amusant, néanmoins il commençait à redouter la suite.

Et avec raison. Le prochain montage consistait également de deux photos présentées ensembles. Dans la première, une autre scène de rue,  il se voyait, portant l’éternelle barboteuse rose, se retournant sur une femme – était ce Mylène ?- portant une jupe extrêmement courte. Dans la photo avoisinante on voyait la même femme – Mylène en effet – assise sur un tabouret dans une vitrine, et lui-même se trouvait derrière elle jouant par terre avec une poupée.

André, bien qu’intrigué et amusé, commençait à se sentir sérieusement  gêné. Sentiment qui devenait nettement plus forte en voyant les deux photos suivantes. C’étaient deux portraits. Dans le premier on voyait un close-up de sa figure couverte de chocolat, sur le point d’ouvrir sa bouche parce que quelqu’un, dont on voyait seulement la main élégante, présentait une cuillère rempli de pudding au chocolat. Le second le montrait avec un visage sale, ses joues mouillés de larmes, et à travers ces larmes il sourit à la caméra.

André trouvait cette photo très émouvante sans comprendre pourquoi. Mais sa gêne devenait tellement forte qu’il n’osait pas rester en face par peur que quelqu’un puisse le reconnaitre.

Il avançait donc vite vers la suivante. Ici on le voyait – il avait compris qu’il allait probablement être sur chaque œuvre – derrière une cathèdre, vêtu d’un costume, donnant un speech, avec une figure très sérieuse. Scène tout à fait normale donc, sauf que derrière lui, sur un écran, on voyait un dessin d’enfant représentant un paysage avec une petite maison entourée de fleurs sous un soleil à la figure souriante,  et, en étudiant la photo plus attentivement, il découvrait que derrière lui, cachée pour la salle par un rideau, se trouvait Milène, avec une commande à distance en main. Il souriait à nouveau.

Sourire qui allait disparaitre une autre fois à l’étape suivante. Mais avant d’y arriver il était arrêté par Alice en personne. Elle l’embrassait avant de demander, avec une figure angoissée, s’il aimait. Il répondait, avec un sourire hésitant, qu’il trouvait ça amusant. Elle souriait rassurée, « Ouf, je suis content que tu aimes. J’avais peur que tu allais être offusquée. » Il hésitait, puis répondait qu’il n’était pas sûre de comprendre. Elle éclatait de rire et l’embrassait sur la bouche : « Oh, que t’es chou ! ». Puis elle ajoutait qu’elle le laissait regarder à son aise pendant qu’elle salue d’autres amis, et qu’ils se verraient plus tard. Au moment de partir elle constatait qu’il n’avait rien à boire et promettait d’envoyer un garçon.  Elle se penchait vers lui et mettant sa main sur son derrière elle chuchotait dans son oreille : « Mais ne bois pas trop, nous ne voudrions pas que tu mouilles ton nouveau pantalon. », et, donnant une autre bise, sur la joue cette fois, elle le laissait seul.

Aux anges par cette rencontre rapide, André voulait continuer sa visite, et en tournant se heurtait presqu’à une des statues en papier mâché. Jusque-là les photos avaient tellement absorbé son attention qu’il n’avait pas prêté beaucoup d’attention aux statues éparpillées partout dans la salle.

C’étaient des statues d’hommes, grandeur nature, et malgré le fait qu’elles n’avaient pas de figures reconnaissables Andre se reconnaissait immédiatement aux vêtements et aux situations. Elles portaient des vrais vêtements, choisis parmi ceux qu’il avait portés la dernière année – des barboteuses, shorts en éponge, salopettes, …- et étaient en train de jouer avec des jouets d’enfants, à boire à la bouteille, à ramper à 4 pattes, …

En plein milieu de la salle il en voyait une assise par terre, avec ses jambes étendues devant elle, tétine en bouche, portant une vraie couche sale et une de ces vieilles vestes de costumes dont la moitié basse était coupées en lamelles, et autour de la statue étaient éparpillés des tas de lamelles en divers tissus qu’il reconnaissait évidemment. Malgré lui André devait à nouveau sourire.

A ce moment un garçon tenant un plateau avec des verres s’adressait à lui et demandait s’il voulait une boisson. Sur le plateau se trouvaient les traditionnels verres de champagne, de vin rouge et blanc, et d’eau. Mais, incongru,  le jus d’orange était offert dans des biberons. André par habitude voulait prendre un biberon, mais se retenait juste à temps, et prenait un verre de champagne. Le garçon, qui avait remarqué son hésitation le regardait, puis se tournait vers la photo la plus proche, et de nouveau vers André, supprimant avec peine un sourire : «  Euh, mais c’est vous sur les photos, non ? » André, très embêté, feignait la surprise : « Mais non, pourquoi se serait moi ? », et puis se tournait, laissant le garçon seul. Il regardait autour de lui et constatait que la sale était en train de se remplir. Il devenait tout nerveux à l’idée que d’autres pourraient le reconnaitre et voulait disparaitre. Mais la curiosité et l’envie de retrouver Alice à la fin, étaient trop fortes, et il décidait de continuer sa visite.

La prochaine photo représentait 5 jeunes femmes canon dans des tenues de combats – chemises et pantalons kaki, bottines, une d’elles – Milène – portant un petit short, genre Larra Croft – mitraillette à la main, gardant un camion de distribution de nourriture. Autour du camion il y a un groupe d’hommes, affamés, essayant de se procurer de la nourriture avant les autres. Un peu à part du groupe il se voyait, portant de nouveau la barboteuse rose, tenant la main d’une Alice splendide et souriante.

La scène suivante montrait Mylène et Alice, – resplendissantes comme toujours – sortants de la villa d’André, main dans la main, se dirigeant vers la voiture. Derrière la voiture on voyait une corde à linge sur laquelle pendait la fameuse barboteuse rose, à côté de quelques culottes en plastic colorés.

Et puis il y avait la dernière des grandes photos sur acrylique. Celle-ci représentait de nouveau Alice et Mylène, yeux dans les yeux, prenant un diner romantique aux chandelles. Sur la table à côté d’Alice, on voit un baby phone.

André ne se trouvait donc pas dans les deux dernières photos, néanmoins il comprenait qu’il était très présent.

Il ne savait pas trop quoi penser de l’exposition. Les grandes photos sur acryliques, avec leurs splendides couleurs, étaient l’une après l’autre superbes. Et plein d’humour. Il devait avouer qu’il avait adoré, malgré le fait qu’il se sentait ridiculisé. Mais il n’était toujours pas sûre du message. Ou est ce qu’il n’y avait pas de message ?

A ce moment il voyait que dans le fond de la salle il y avait une porte menant à une autre pièce, d’ou les gens rentraient et sortaient. Curieux il s’y rendait.

Il rentrait dans une pièce relativement petite ou contre un mur il y avait une quinzaine de photos encadrées, pendues tous proche les unes des autres,  et contre l’autre mur il y avait un grand écran de télévision sur lequel jouait une vidéo.  La salle était bondé de gens qui se bousculaient pour voir les photos et la vidéo de plus près, en pouffant de rire et exclamant des cris enthousiastes.

Horrifié André voyait qu’aussi bien les photos que la vidéo montraient des scènes, sans montage cette fois,  de la vie qu’ils menaient à eux trois depuis un an. On voyait les filles qui le nourrissaient, lavaient, langeaient, habillaient, on le voyait dormir suçant son pouce  – depuis quand est ce qu’il faisait ça ?- jouer dans son bain, sucer le sein de Mylène, … Pris de panique il voulait s’enfuir. En sortant de la pièce il courait droit dans les bras d’Alice. Elle était tout enthousiaste et excitée : « Ah, c’est là que t’es! André, c’est un succès fou! Il y a déjà plusieurs photos vendues et les critiques adorent ! ». Elle le prenait dans ces bras et l’embrassait très fort : « Et tout ça grâce à toi ! »  André n’était plus sûr qu’il partage son enthousiasme, mais se retrouver dans ces bras le calmait. A ce moment le microphone craquait et la gérante de la galerie demandait l’attention. Alice prenait André par la main et pendant que le silence s’installait elle l’emmenait vers le microphone.

La gérante faisait un tout petit speech, annonçant qu’à la demande expresse de Alice il n’y aurait pas de commentaires sur les œuvres exposés, laissant chacun les découvrir à sa manière, mais qu’elle voulait quand même dire que plusieurs critiques d’art qui étaient là ce soir l’avaient confirmé dans sa conviction qu’on découvrait ce soir une grande artiste. Puis elle passait le microphone à Alice qui tenait toujours André par la main.

Quand les regards des invités se fixaient sur eux il y avait une série d’Oh et d’Ah, et de rires étouffés, quand les uns après les autres reconnaissaient André. Quand finalement le silence se rétablit Alice remerciait les gens pour être venus  et puis annonçait qu’elle voulait seulement les présenter André « sans qui rien ne serait fait ! ». Elle expliquait que ce n’était pas tellement le soutien financier auquel elle faisait allusion, mais « sa façon d’être, à la fois affectueux et narcissiste,  généreux et horriblement égoïste. Soit mon grand bébé, un vrai male » André rougissait pendant que la salle se mettait à rire et à applaudir. Alice l’embrassait de nouveau et ce fut la fin des discours.

Tout de suite Alice et lui étaient bousculés par des gens qui voulaient les féliciter. Petit à petit André arrivait à se libérer, et tout confus, se dirigeait vers la sortie. Juste quand il arrivait à la porte quelqu’un le retenait. Il se retournait et regardait dans les yeux de Mireille, son ex. Ses yeux brillaient de plaisir : « Elle t’a bien percé la petite ! » Rougissant pour ta tantième fois ce soir il baissait ces yeux. Cela amusait Mireille, qui continuait : « Je crois que ta fille va adorer ton nouveau métier comme modèle et muse. Mais je suis moins sure pour ton fils. » André n’avait pas encore pensé à ça, et regardait Mireille avec des grand yeux effrayés : « Oh merde ! » Elle éclatait de rire : « Il faudra assumer mon vieux. C’est quand même ça que tu disais toujours non, qu’il faut toujours assumer les conséquences de ces actes ? » Elle se taisait un moment et puis sur un ton léger continuait : « Dommage que les enfants ne sont pas dans le pays, sinon on aurait pu revenir et visiter l’expo à 4.»

 

 

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