Le double tabou 1

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« Le lendemain matin Farah se présentait au petit déjeuner dans sa petite chemise de nuit romantique. Pendant un instant j’avais peur qu’elle portait encore sa couche en dessous mais, comme si elle avait lu mes pensées, elle faisait une petite pirouette dévoilant un instant sa culotte et me faisant un clin d’œil en même temps. Je lui souriais et à ce moment je captais le regard de mon mari, fixé sur la délicieuse créature. Elle aussi l’avait noté et, faisant un autre mouvement provocateur,  retournait son regard indécent. Je voyais comment il détournait ses yeux avec regret. Toute  fière je réalisais que lui aussi était troublé par la belle adolescente africaine, ma maitresse, mon bébé.»

 

 

Chapitre  1

 

Je ne sais pas si les gens savent s’ils sont heureux ou pas. Moi en tout cas je ne le sais pas. Ce que je sais c’est que ma vie ne s’est pas déroulée comme je l’avais prévu.

 

J’ai eu une jeunesse sage et heureuse, assez  privilégié, dans un milieu bourgeois. J’étais une bonne étudiante ce qui était la chose qui était la plus importante dans l’opinion de mes parents. Quelques mois avant mon 18ième anniversaire je me trouvais à l’université comme étudiante en psychologie. Tout de suite je me suis éclatée. La liberté, les défis intellectuels, les amis, les premiers amours, j’en profitais à plein poumons.

 

Quelques années plus tard, diplôme de licencié en psychologie en poche, je continuais par des études en anthropologie.  C’est là que je rencontrais mon maître, mon dieu, mon futur mari. Jérôme, à 36 ans un des profs les plus jeunes de l’université, était déjà une autorité mondiale dans le fonctionnement de clans.

 

Dès le premier cours je l’admirais, et je travaillais encore plus qu’avant pour faire bonne impression, ce qui fonctionnait presque tout de suite. Je devenais une de ces étudiantes favorites et quand deux ans plus tard j’avais obtenu ma licence en anthropologie il m’invitait à rejoindre son équipe de chercheurs comme je l’avais espérée.  C’est là qu’il devenait mon guru, m’aidant à trouver mes domaines de recherche préférés. Je restais évidemment dans le domaine général des clans, spécialité de mon maitre, mais après un an j’entamais les recherches pour mon propre doctorat sur la position des femmes dans les clans  congolais. Il était évident que je ferais cette étude sous la guidance de mon grand maitre.

 

Et c’est à cette époque que nous devenions des amoureux. Pendant les quelques années que je le connaissais, Jérôme, grand charmeur, avait eu plusieurs relations amoureuses décevantes, tout comme moi d’ailleurs. Petit à petit j’avais compris que je l’aimais, mais je n’aurais jamais osé l’avouer. Le jour qu’il déclarait son amour pour moi c’était le paradis.

 

Une fois déclaré son amour, il m’adorait avec toute la passion qu’il mettait en tout ce qu’il entreprenait. A ma surprise sa passion réveillait en moi une même passion,  alimentée par ma jeunesse et mon âme romantique, passion dont je ne me serais jamais estimé capable. Nous décidions de nous marier et 6 mois plus tard  j’accouchais de ma première fille, Antigone.

 

Les études d’anthropologie supposent qu’on passe des longues périodes vivant parmi l’objet de son étude. Il était exclus que j’allais abandonner mon enfant pour vivre des longues mois dans des tribus congolais. Nous décidions donc que je m’occuperai quelques années des enfants et que je reprendrais mes recherches plus tard. Notre deuxième fille, Emmanuelle, est née 3 ans plus tard.

 

Au début après la naissance d’Emmanuelle j’avais été comblé par ma vie avec nos enfants et mon mari, que je continuais à vénérer. Mais petit à petit je devenais conscient d’un sentiment d’insatisfaction indéfini qui s’installait. Je songeais à reprendre le travail. Mais mon projet de retourner à l’uni pour reprendre la préparation de mon PHD après quelques années, idée qui à l’époque avait paru tellement simple, paraissait impossible maintenant. Non seulement  cela faisait presque 10 ans que j’étais en dehors et tout était tellement loin maintenant, mais partir au Congo était encore plus difficile avec une famille à gérer qu’avec seulement un petit bébé. En plus Jérôme ne pouvait pas me reprendre dans son équipe de chercheurs maintenant que j’étais sa femme sans s’exposer à des critiques de népotisme.

 

Jérôme aussi avait évolué. Il était toujours prof d’anthropologie mais il ne faisait presque plus de recherche, et son équipe c’était fort réduit. Il trouvait son plaisir de travail maintenant en dehors de l’université. Après qu’il avait siégé dans quelques commissions gouvernementales concernant le fonctionnement de gangs dans les grandes villes il était devenu un peu une figure publique souvent invité sur les plateaux de télévision, aussi pour des sujets qui étaient en dehors de ses compétences évidentes. Mais son plus grand plaisir maintenant était l’entreprise familiale dont il était devenu le président après le décès de son père.

A la base c’était une entreprise d’éclairage industriel, mais ils s’étaient diversifiés vers les meubles de bureaux et même l’architecture d’intérieur pour les espaces de bureaux. Laissant la gestion quotidienne à son frère, Jérôme était la figure de proie du groupe, ce qu’il adorait faire.

 

Il était toujours le grand charmeur, beau mâle, et partout où il allait il était entouré de belles femmes, de plus en plus jeunes. Non, ce n’est pas exacte,  lui prenait de l’âge mais les femmes dont il s’entourait avaient toujours le même âge.

 

J’étais persuadé qu’il me trompait, mais je préférais ne pas le voir. Mais cela s’ajoutait à ma frustration. Trouvant le retour à l’université barré, et ne pas sachant ce que je voulais faire à la place, je m’engageais dans une association qui œuvrait pour une plus grande transparence des autorités publiques et pour une meilleure protection de la vie privée. Petit à petit je devenais leur responsable de communication. Je commençais aussi à recevoir des invitations pour des débats à la radio ou la télévision. J’aurai pu devenir une figure publique à mon tour, mais toujours très peu sûre de moi, je refusais. J’ai des opinions fortes mais du mal à les défendre, surtout dans un environnement hostile. Donc je préférais le travail discret de la mise en place de campagnes de communication, installé derrière mon ordinateur.

 

J’avais installé mon bureau dans une dépendance au fond de notre jardin.

Je trouvais une réelle satisfaction dans mon travail et retrouvais la paix. Je décidais que c’était le moment d’agrandir ma famille. Jérôme, qui regrettait ne pas avoir de fils, était tout de suite d’accord.

 

Donc quand Antigone avait 8 ans et Emmanuelle en avait 5 ans je me retrouvais enceinte. Mon travail comme bénévole prenait de plus en plus de temps et bien que je le faisais principalement de chez moi, je devais souvent m’absenter pour participer à des réunions  au sein de la association.  Je me demandais, sans trop me tracasser,  comment j’allais gérer ça une fois que le bébé serait né. La solution se présentait d’une manière spontanée. Vers la fin de ma grossesse je recevais un coup de téléphone de Françoise, une copine d’enfance. Je ne l’avais plus vu depuis des nombreuses années mas maintenant elle m’appelait au secours. Elle et son fils Salvador de 9 ans venaient de quitter son mari alcoolique et violant. Elle  l’avait quitté en plein crise et elle n’avait pas un sou et ne savait pas à qui s’adresser.

 

Je l’invitais à s’installer gratuitement dans la dépendance dans notre jardin et en échange elle pourrait m’aider dans le ménage et garder les enfants jusqu’à ce qu’elle trouve une meilleure solution. La dépendance, qui avait une entrée dans une autre rue que notre maison, ce qui lui donnait quand même une certaine discrétion, consistait d’un appartement complet avec une chambre en haut,-  ou Françoise s’installait avec Salvador -, et un garage et le petit studio ou je travaillais en bas.

 

Elle était toujours là au moment que j’accouchais de notre troisième gosse, … une autre fille, Renée. Ce nom, choisi en honneur du grand Descartes, révélait le désir mal caché de Jérôme d’avoir un fils. On c’était mis d’accord sur ce nom au moment même  que j’annonçais que j’étais enceinte, et quand on avait appris que c’était de nouveau une fille nous avions décidé de maintenir ce nom  dans sa forme féminisée.

 

Tout de suite après la naissance je reprenais mon travail de bénévole, profitant du fait que Françoise était là pour s’occuper des 4 enfants et du ménage.

 

J’étais également actif dans le comité de parents dans l’école des enfants, ou il faut croire que j’avais fait bonne impression, parce que la directrice m’offrait un job comme coach d’étudiants avec un retard scolaire. Puisque pour une raison plus psychologique que autre j’aspirais à gagner de l’argent je n’hésitais pas à accepter ce job à temps partiel en plus de mon travail bénévole.

 

Mes nouveaux collègues me recevaient assez froidement. Comme représentant des parents j’avais souvent été critique envers le corps enseignant et en me voyant maintenant de leur côté de la barrière ils n’allaient pas me rendre la vie facile. Je ne m’étais pas attendu à cette attitude hostile. Les années passées à la maison comme mère de famille n’avaient pas eu un effet positif sur mon amour propre, et je me sentais assez désemparée devant mes collègues. Sentant ma vulnérabilité certains collègues devenaient encore plus agressifs.  Heureusement qu’il y avait Manu. Manu, bien qu’un peu plus jeune que moi, me prenait en protection. Il avait presque 10 ans d’expérience comme enseignant, et il gérait parfaitement ses classes aussi bien que la salle des maitres, ou il était fort apprécié et respecté. Les attaques vers moi  cessaient presque aussi tôt.

 

Manu et moi devenaient des bons copains. A un certain moment, à une petite fête d’école, ou il avait un peu bu, il m’avait fait des avances, que j’avais tout de suite arrêtée, en expliquant que je l’aimais aussi mais que rien au monde ne m’était plus important que ma famille. A mon grand soulagement il n’avait pas insisté et nous n’en parlions plus jamais.

 

Petit à petit je prenais le pied et je réalisais que j’étais plus-tôt bien dans mon job, dans lequel je prenais énormément de plaisir. Les années passaient paisiblement et je croyais être heureuse.

Cette rentrée là tout allait changer. J’avais 36 ans et Jérôme frôlait la 50taine (il ne les paraissait pas). Antigone avait 11 ans, Emmanuelle 8 et la petite Renée partait aux maternités. Françoise et son fils Salvador de 12 ans faisaient intégralement partie de la famille. Si à l’époque quelqu’un m’avait demandé si j’étais satisfaite de ma vie j’aurais répondu sans hésitation avec un oui convaincu. C’est pour ça que les évènements qui allaient suivre me prenaient complètement au dépourvu.

 

Tout de suite à la rentrée on me confiait une nouvelle élève, Farah, fille de réfugiés politiques éthiopiens. Elle avait été renvoyé de son école précédente pour insubordination et, bien qu’elle avait 13 ans, l’école avait  jugé son retard scolaire tellement important  qu’on avait décidé de la faire refaire sa dernière année des primaires, et même comme ça elle avait besoin que je m’en occupes intensivement pour qu’elle puisse rattraper le retard avec les gosses de sa classe.

 

Dès ma première rencontre avec elle j’avais été fasciné par cette fille d’une beauté exceptionnelle. Grande et élégante, elle paraissait nettement plus âgée que son âge, plus une jeune adulte qu’une fille. J’avais du mal à imaginer qu’elle était dans la même classe que ma petite Antigone de 11 ans. Je ne sais toujours pas pourquoi elle me faisait une impression tellement forte. Elle était vêtue d’un simple pantalon en jeans sous un T-shirt gris avec un dessin abstrait, et elle m’avait salué plutôt timidement. La seul chose qui était remarquable, excepté  pour sa grande beauté, étaient la grande boule de cheveux frisées et crépues d’au moins 15 cm d’épaisseur qui entourait sa tête.

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Elle était très renfermé et les premières semaines elle ne souriait jamais. Je la trouvais peu coopérante, mais je ne pouvais pas lui faire des remarques concrètes parce qu’elle faisait ce que je lui demandais. Après quelques semaines la confiance commençait à se mettre en place, et elle me racontait des petits morceaux de sa vie, passée et présent. J’apprenais ainsi qu’en Ethiopie ils faisaient partie de la classe aisée, vivants dans une grande maison avec des domestiques, à Addis Abeba. Ils avaient dû s’enfuir d’un jour à autre abandonnant toutes leurs possessions. Ils étaient arrivés 4 ans auparavant

dans notre pays sans un rond. Depuis lors ils vivaient dans un petit appartement dans un immeuble d’habitations sociales, ou elle partageait sa chambre avec ses deux petits frères. Malgré sa pauvreté et le fait qu’elle portait toujours des pantalons, elle était toujours très soigné et habillé d’une manière sportive mais élégante en même temps. Elle avait une élégance et un raffinement innés.

 

Petit à petit une certaine complicité s’installait.  Deux mois après le début de l’année scolaire j’apprenais de la maitresse de sa classe qu’elle « oubliait » régulièrement à faire ces devoirs. J’étais surprise par cette nonchalance. Evidemment je lui en parlais. D’abord, stupidement, elle essayait de nier, mais puis, elle haussait ces épaules et m’expliquait qu’en effet cela lui arrivait d’oublier de faire ces devoirs. Cette réaction m’irritait et j’exigeais que dorénavant chaque matin en arrivant à l’école elle passait à mon bureau pour montrer ces devoirs. De nouveau elle haussait ces épaules mais les jours suivants elle faisait comme demandé.

Mais quelques semaines plus tard elle rentrait dans mon bureau et m’expliquait qu’elle n’avait pas eu le temps de faire ces devoirs parce que sa mère était malade et qu’elle avait dû s’occuper du ménage. J’acceptais cette explication et faisait même une petite note pour l’excuser auprès de sa prof. Mais les semaines suivantes elle ne faisait pas ces devoirs de plus en plus souvent, inventant des excuses de plus en plus rocambolesques. Finalement je me fâchais en lui disant que j’en avais assez de ces mensonges et que j’étais très déçue par son comportement. C’est là que sa carapace se désintégrait.

 

Elle s’excusait les larmes aux yeux. Et puis elle se mettait à répondre  mes questions, d’abord avec quelques larmes qui coulaient par ces joues, puis des grands sanglots, pour terminer dans mes bras avec des pleurs inconsolables.

Petit bout par petit bout j’apprenais tout sur sa situation familiale : une mère dépressive qui depuis 4 ans ne sortait plus de sa chambre, un père qui faisait deux boulots et qui rentrait tard le soir épuisé, les deux frères, un de 10 et l’autre de 8 ans, qui comptaient pour tout sur leur grande sœur, les dettes à payer ce qui signifiait  que souvent  il n’y avait pas assez d’argent pour acheter de la nourriture pour tout le monde, et qu’alors elle se sacrifiait et elle ne mangeait pas,….

 

Son récit me bouleversait. Je la laissais pleurer dans mes bras comprenant que derrière la façade de la jeune adolescente « cool » qui avait été forcée de grandir trop vite, il y avait une petite fille angoissée, en besoin d’affection et de support. Je me jurais qu’à partir de là je ne m’occuperais pas seulement de l’aider à rattraper son retard scolaire, mais aussi à retrouver son enfance perdue. Elle m’expliquait aussi que la raison pour laquelle elle avait été chassé de son école précédente était parce qu’elle avait été absente non justifiés pour prendre soin de sa mère et quand l’école avait exigé une attestation d’un médecin elle avait refusé, ayant honte d’avouer qu’ils n’avaient pas l’argent pour un médecin.

 

Quand elle était calmée je lui proposais d’aller voir ensemble l’assistante sociale de l’école, mais elle refusait catégoriquement. Quand ils venaient d’arriver dans notre pays on leur avait attribué une assistante sociale et cela avait été un désastre. Elle c’était mêlée de tout et son père l’avait chassé de la maison, jurant que plus jamais il y aurait une assistante sociale qui rentrerait chez lui.

 

Je n’insistais pas mais  les jours suivants je réfléchissais comment je pourrais l’aider. Par Antigone je savais qu’elle était toujours seule en classe, et ne parlait jamais aux autres. Pensant que cela l’aiderait si elle était mieux intégrée dans sa classe, je lui demandais pourquoi elle n’avait pas d’amis dans sa classe. Elle me donnait un regard irrité : « Se sont tous des petits bébés ! » Je comprenais sa réaction parce que souvent quand je l’avais vu tout seul dans un coin de la cour de récré, avec une tête en plus que les plus grands de la cour, je m’étais fait la réflexion que cela devait être très dure. Je la regardais attendri et sa figure se relaxait. Elle me souriait : « Mais j’ai quand même une copine, toi ! »

 

Cette remarque me touchait mais me mettait mal à l’aise en même temps. Rougissant je la prenais dans mes bras et murmurait dans son oreille: « Oui, c’est vrai, je suis ta copine. » Néanmoins je voulais qu’elle retrouve une vie d’enfant et je décidais secrètement d’essayer si elle ne pouvait pas devenir copine avec ma fille Antigone.

 

Je proposais donc qu’elle vienne travailler chez nous les mercredi après-midis. Je devais insister puisqu’elle voulait être à la maison pour ces frères mais finalement elle acceptait. Et dès la première fois on adorait. On s’installait dans mon bureau dans le fond du jardin. Je la mettais à travailler et pendant qu’elle travaillait moi je travaillais pour la fondation. Françoise était fort occupé avec les enfants, passant tout l’après-midi à jouer au taxi, emmenant et cherchant les 4 à leurs classes de natation, de hockey, de théâtre, de ballet,…

 

Le premier mercredi, vers la fin de l’après-midi Françoise me demandait si je pouvais venir à a maison puisqu’elle allait chercher les 3 grands, mais que la petite, qui était chez elle, n’avait as envie de l’accompagner. J’acceptais évidemment et Farah et moi rejoignaient Renée à la maison. Après un petit bout je proposais de faire visiter la maison à notre invitée, et nous partîmes en haut tous les 3.  Je montrais les chambres en terminant par celle qu’Antigone et Emmanuelle partageaient.

 

Farah paraissait intéressé par les posters de Justin Bieber, les Jonas Brothers et les autres idoles que ma fille ainée venait de découvrir, ainsi que par la petite installation de musique. Pendant qu’elle inspectait la chambre je ramassais automatiquement les quelques vêtements qui trainaient un peu partout comme d’habitude. En ouvrant l’armoire j’avais une inspiration du moment. Je sortais une petite jupe et me tournais vers Farah : « Je ne t’ai encore jamais vu en jupe et je crois que des jupes t’iraient à merveille. »

 

Elle me regardait étonnée mais en même temps je la voyais ravi : « Tu veux que je porte une jupe ?»  C’était la première fois que j’étais consciente qu’il y avait quelque chose dans l’air, et j’hésitais. Mais elle prenait la jupe et enlevait son pantalon. Farah était très maigre – parfois je me demandais si elle n’était pas anorexique – et donc enfilait la jupe d’Antigone sans difficulté. Mais puisqu’elle était au moins 20 cm plus grande que mon ainée la jupe  était extrêmement courte. J’étais un peu ébranlée par la vue de ces longues jambes nues et je lui cherchais  une paire de collants. Je trouvais des collants bleus marine avec des petits dessins d’ours blancs. Farah me regardait  d’un air incrédule et contrarié, mais puis haussait ces épaules, et enfilait les collants. Je voulais lui dire qu’elle était trop mignonne, mais à ce moment on entendant les autres arriver et nous descendions.

Antigone n’avait pas l’air content de trouver sa compagne de classe chez nous. Pensant que c’était parce qu’elle portait ses habits, j’excusais Farah en disant que c’était moi qui avait insisté, mais ma fille, avec sa gentillesse habituelle retrouvée, assurait qu’il n’y avait pas de problème, et puis se tournant vers ma protégée, assurait que çà lui allait très bien. Compliment que Farah feignait ne pas entendre. Sentant l’atmosphère tendue je suggérais  à ma fille d’emmener sa copine dans sa chambre pour lui faire écouter sa musique. Farah me lançait un regard irrité que je ne comprenais pas, et Antigone hésitait, disant qu’elle n’était pas sure qu’elles avaient le même gout de musique. Je répliquais que Farah avait l’air d’être fan de Justin Bieber, l’idole dont le poster avait eu l’air de plus lui intéresser. Cela donnait courage à ma fille et elle se dirigeait vers la porte, suivie de Farah. Satisfaite je les regardais partir et entendre Antigone demander si c’était vrai qu’elle était aussi fan de Justin Bieber. La réponse de Farah n’était pas ce que j’avais espérée : « Toutes les petites filles l’adorent. Il y a quelques années je l’aimais aussi. »  Si je voulais qu’elles deviennent amies c’était mal partie.

 

Jugeant que ce n’était pas le bon moment pour espérer qu’elles allaient fraterniser, et décidant que j’organiserai d’autres opportunités, je les suivis après quelques minutes pour annoncer qu’il était temps que je ramène Farah chez elle. Celle-ci avait l’air soulagé et proposait de vite remettre ses propres habits. Quand je suggérais qu’elle pouvait les garder pour rentrer et qu’elle pourrait les rapporter à sa prochaine visite, en demandait  à ma fille si c’était ok pour elle, celle-ci avait une réaction pas du tout en ligne avec sa façon d’être habituelle : « Bien-sûre. Tu peux même les garder, je ne porte plus cette jupe, elle est tout à fait usé. Et ainsi je sais que quelqu’un en profite. C’est mieux que de la jeter dans le bac des « petits-riens ». »

 

J’avais honte de ma fille et pitié de Farah, mais celle-ci souriais à Antigone : « Merci, c’est gentille. Et tu m’as donné une bonne idée, j’irai voir au magasin des « petits riens » s’ils n’ont rien pour moi. »  Ma fille devenait toute rouge. Farah nous avait impressionné toutes les deux par cette réaction ironique et adulte.

 

Le jour suivant quand elle rentrait dans mon bureau elle portait la petite jupe bleue mais avec des petits bas foncés et des bottines.

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Je la trouvais encore plus ravissante, et la voir à l’école portant la jupe que je lui avais donnée m’émotionnait. Sans réfléchir je lui félicitais. Elle me donnait un sourire magique : « Je l’ai fait pour toi. » A ce moment je réalisais que cette fille splendide aux traits parfaits et aux longues jambes m’excitait. Soudainement j’avais envie de la serrer dans mes bras et de mettre mes lèvres sur sa bouche. Tout confus je me retenais à temps et me mettais à balbutier, consciente que je rougissais. Je l’expédiais rapidement puisque il n’y avait pas raison de me montrer ses devoirs puisque je l’avais déjà vérifié le jour avant. Je suis sûre que la petite était consciente de mon désarroi mais elle me donnait un autre beau sourire, et me quittait.

 

Une fois seul j’avais honte. Elle avait 13 ans mon dieu. D’abord j’essayais de me calmer en me disant que je me trompais. Bien-sure j’aimais cette fille, et oui, elle était très jolie, mais il n’y avait rien entre nous de quoi avoir honte. C’était une élève pour laquelle j’avais juste un peu plus de sympathie que pour les autres. Cela arrive à chaque enseignant. Je savais que je me mentais mais je ne l’admettais pas. Je savais que la seule façon responsable d’agir était de renoncer à la voir seul, mais l’idée de ne plus la voir tous les jours, de ne plus l’avoir près de moi, était insupportable. En plus comment j’allais expliquer à l’école que je ne voulais plus m’occuper d’elle.

 

Je décidais donc de continuer à lui donner ses cours, mais que j’allais changer notre relation. J’allais rendre la relation moins familière, moins « amicale », et accélérer la mise en exécution de mon idée de lui retrouver son enfance. Si elle se comportait un peu plus comme un enfant, et que notre relation redevenait ce qu’elle aurait dû être dès le début, celle d’une élève avec un prof, je me persuadais que l’attirance sexuelle que j’-avais pour elle disparaitrait.

 

Le prochaine mercredi tout se déroulait d’abord comme prévu. Nous étions installés dans mon bureau pour travailler quand je sentais qu’elle me regardait. En levant ma tête je voyais qu’en effet son regard était fixé sur moi. Je lui souriais et demandait pourquoi elle me regardait. Je n’étais pas préparé à sa réponse : « J’aime bien te regarder. T’es tellement jolie. » Rougissant  je la remerciais en protestant que c’était  gentille de dire ça. Elle continuait à me fixer : « Martine, je t’aime ! Très fort.» Cette remarque m’allait droit au cœur et je répondais sans réfléchir: « Moi aussi je t’aime. »  Mais ma réponse n’avait pas l’air de la faire plaisir : « Tu ne comprends pas. Je suis amoureuse de toi. »

 

J’avais envie de sauter debout, de la serrer dans mes bras et de crier que moi aussi j’étais follement amoureuse d’elle, mais je me contrôlais. Doucement je lui expliquais qu’elle était trop jeune, qu’elle était encore un enfant, que j’étais fière qu’une fille aussi merveilleuse qu’elle m’aime, mais qu’elle  ne pouvait pas m’aimer dans le sens qu’elle disait. Elle me regardait tristement, et, les larmes coulant par ses joues, me demandait si je ne l’aimais pas un tout petit peu. Je la prenais dans mes bras et l’assurait que je l’aimais très fort et  que je l’adorerais pour toujours. Essuyant ses larmes elle me souriait : « Dans deux ans et deux mois j’aurai 16 ans. Je t’attendrai et je serai à toi dans deux ans. » Sa déclaration m’émouvait, et l’idée que dans deux ans nous pourrions être des amants, me tentait. Mais de nouveau ma conscience m’obligeait de refuser. « Non mon amour, nous ne serons jamais des amants. Dans deux ans je serai une vieille femme de 40, et toi tu auras des amoureux de ton âge. Mais je te promets que je t’aimerai toujours comme si tu étais un de mes propres enfants. Et maintenant on se remet au travail. » Farah, de nouveau avec les larmes aux yeux, venait vers moi, mais je me tournais vers mes papiers, et sur un ton court lui disait que je ne voulais plus en parler et demandait qu’elle se remette à travailler.

 

Evidemment aucun des deux nous étions encore fort concentré et après une demi-heure je proposais de rentrer dans la maison pour voir si les autres étaient rentrés. La maison était vide et j’emmenais Farah à la chambre d’Antigone et Emmanuelle. Ouvrant l’armoire je l’invitais à choisir une tenue, l’assurant que Antigone avait eu honte de sa réaction de la dernière fois, et qu’elle pouvait choisir ce qu’elle voulait. Farah me regardait avec un petit sourire et puis se mettait à choisir. Après quelques minutes, me regardant de son air le plus provocateur, elle en sortait une robe chasuble, modèle tablier, bleue claire, qu’elle mettait au-dessus d’un chemisier blanc et des longs bas. La robe, déjà courte pour Antigone, couvrait  à peine son derrière, accentuant l’effet enfantin.

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Bien que je comprenne pourquoi qu’elle avait choisi cette tenue cela lui allait à merveille et je la félicitais. Un peu mal à l’aise nous descendions et à ce moment on entendait la voiture qui s’arrêtait et quelques instants plus tard Emmanuelle et la petite Renée faisaient irruption dans la cuisine, suivies de Françoise. La dernière était toute contente de nous voir. Elle venait de recevoir un téléphone de son fils Salvador. Il c’était foulée le pied au football et demandait si elle pouvait venir le chercher plus tôt. Je proposais donc de m’occuper de mes deux plus jeunes pendant qu’elle cherchait Salvador et puis prendrait Antigone au retour.

 

Quand Françoise était partie Emmanuelle  se préparait un sandwich pendant que je préparais une collation pour la petite. Quand je me mettais à l’aider à manger les deux autres nous regardaient sans savoir quoi faire. Donc quand je proposais à Emmanuelle de monter à sa chambre pour montrer sa collection de figurines celle-ci était toute de suite enthousiaste.  Farah hésitait une seconde mais puis me donnait un sourire amusé se mettait debout en s’adressant à ma fille de 9 ans : « Bonne idée. On y va ? »

 

Une demi-heure plus tard je montais avec la petite, et je trouvais les deux autres en train de jouer avec de la pâte à moduler. Mi- amusée, mi- irritée je constatais que les vêtements d’Emmanuelle étaient déjà couvertes de  taches de la pâte. Je lui faisais la remarque qu’elle savait qu’elle devait mettre un tablier quand elle jouait à la Plasticine. Elle s’excusait expliquant qu’elle n’avait pas eu l’intention de jouer, qu’elle avait seulement voulu montrer à sa nouvelle copine. J’acceptais ces excuses mais l’ordonnait à de ne plus rien toucher pendant que je cherchais son tablier.  Quelques minutes plus tard je revenais avec deux tabliers. J’en donnais un à ma fille et puis je m’adressais à ma protégée : « Toi aussi tu risques de salir ta belle robe. Viens ici, que je t’aide à enfiler ce tablier.».

 

Le tablier que Emmanuelle enfilait était un modèle blouse à longues manches qui se fermait avec une rangée de boutons devant. C’était un tissu vichy bleu et blanc mais avec une grande poche jaune vif devant. Le modèle que j’avais apporté pour Farah était encore plus classique : modèle sans manches, avec des volants aux épaules, se fermant avec une rangée de boutons dans le dos, dans un tissu rose. Elle me laissait enfiler le tablier et attendait patiemment pendant que je fermais les boutons. Quand c’était fait elle se tournait vers moi et me regardait sans sourire. Comme je l’avais espérée elle était magnifique même en tablier. Sans dire un mot elle se remettait à côté de ma fille et se remettait à travailler la pâte. Je les observais pendant un moment et puis les laissait seul.

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Une heure  plus tard  Françoise rentrait avec les deux grands. Leur tour pour manger quelque chose. Quand un peu plus tard j’appelais Farah pour l’avertir qu’il était temps de se préparer pour rentrer, Antigone était surprise d’apprendre qu’elle était là, encore plus surprise d’apprendre qu’elle jouait avec sa sœur cadette avec de la pâte à moduler, et encore plus surprise de la voir apparaitre dans son tablier d’écolière. Ces mains étaient encore couvertes de pâte et quand, craignant qu’elle allait tout salir, j’attirais son attention sur ses mains sales, elle les regardait une seconde, et puis, avec un geste tout naturelle, les essuyait à son tablier, laissant des longues traces sales.

 

Le lendemain Farah arrivait à l’école portant la robe chasuble avec le même chemisier blanc, mais avec des petites chaussettes courtes. Elle avait coupé ces cheveux ce qui avait l’air de la faire rétrécir de 15 cm. D’un jour à autre elle paraissait avoir rajeuni de 3 ans.

 

Je comprenais bien-sûr que sa façon de s’habiller était une provocation mais je faisais semblant de ne pas le voir et j’espérais que les autres, aussi bien instituteurs qu’élèves,  ne verraient pas la provocation mais au contraire un désir de mieux s’intégrer dans sa classe. Contrairement à ce que j’avais espéré  l’attirance sexuelle qu’elle exerçait sur moi ne diminuait pas, au contraire. Je la désirais de plus en plus, et chaque jour j’étais plus amoureuse d’elle. J’en avais honte et je refoulais ses sentiments.

 

Mais les mercredis qu’on passait ensemble dans l’intimité de mon bureau étaient magiques. On travaillait bien profitant du simple fait d’être ensemble. Parfois je l’encourageais de raconter de sa vie en Afrique. Elle adorait revivre ainsi son enfance d’orée, bien que souvent je voyais que ça la rendait un peu mélancolique. A ces moments j’avais tellement envie de la serrer dans mes bras, mais je me retenais.

 

J’avais apporté le tablier d’écolière à mon bureau, en me disant que cela aiderait à renforcer la nature maitresse – élève de notre relation. Evidemment la vraie raison était que je l’avais trouvé trop mignonne avec son tablier. Je n’aurais jamais osé lui suggérer de le mettre, mais je l’avais pendu au porte-manteau ou elle pendait toujours son manteau. Et comme j’avais espérée elle l’avait tout de suite vu, et l’avait enfilé sans commentaire, se présentant avec son dos vers moi pour que je ferme les boutons. Ce geste simple de soumission devenait une partie de notre routine hebdomadaire, marquant le début de nos après-midis délicieux.

 

J’adorais cette enfant douce et était contente de la sérénité que j’arrivais à lui offrir. En plus elle travaillait bien et faisait des grandes avances dans son travail scolaire. Une autre partie de notre routine était la collation de 4 heures – un fruit et un yaourt. Puisqu’elle prétendait ne jamais avoir faim j’avais toujours du mal à la convaincre de manger. De nouveau craignant qu’elle ne souffrait d’anorexie j’insistais, et petit à petit je lui donnais la mandarine mettant morceau par morceau dans sa bouche, et puis lui nourrissant le yaourt cuillerée par cuillerée comme à un petit bébé. La première fois c’était une sorte de blague pour nous deux, mais après cela devenait une routine presque solennelle.

 

Mais quand en fin d’après-midi on rejoignait les autres elle changeait complètement de nature. Elle se comportait en petite fille gâtée attirant l’attention tout le temps, surtout quand j’étais avec eux. En général elles se mettaient à jouer ensemble, souvent avec Antigone et Farah assises l’une à côté de l’autre devant l’écran de l’ordinateur pour des jeux d’habillage, ayant des irruptions de plaisir fréquent causés par la vue de leurs inventions respectives.

 

Le jeu préféré était le bricolage avec des perles. Mes deux filles ainées avaient une immense collection de perles de toutes formes et couleurs dans différents matériaux : plastique, verre, bois, … Elles en faisaient des bracelets, des colliers, des pendentifs, mais aussi, avec l’aide de fil de fer, des éléments décoratifs. Farah avait clairement un sens inné pour les formes et couleurs. Avec les jeux d’habillage elle était très créative faisant preuve d’un style propre et ce qu’elle faisait avec les perles était simplement magique.

 

En les observant de loin j’étais satisfaite de constater que ma protégée avait l’air de retrouver une certaine insouciance enfantine comme je l’avais espéré. Mais souvent la paix était interrompue par ces cris réclamant une perle spécifique qu’une des autres avait employée. Antigone cédait toujours mais Emmanuelle résistait, ce qui provoquait de scènes de colère de Farah, me forçant à intervenir. Et je dois avouer que j’intervenais toujours en faveur de ma protégée. Le soir, quand elle était partie, j’expliquais alors à mes filles qu’elles devaient comprendre que Farah était une fille pauvre, qui chez elle elle n’avait pas plein de jouets comme eux.

 

A table c’était pire. Elle refusait de manger, et moi sincèrement préoccupé par sa santé, insistait qu’elle mange en lui coupant sa nourriture en petits bouts, et puis, en lui  nourrissant comme un petit gosse, devant tout le monde. De nouveau après je me voyais obligé à la défendre envers mes enfants, expliquant que c’était normale qu’elle cherchait l’attention, parce qu’elle n’avait pas de foyer chaleureux, et que ces parents avaient trop de soucis pour s’occuper d’elle.

 

J’étais de plus en plus ensorcelé par elle. Les matins mes premières pensées étaient pour elle, et les jours quand je savais que je n’allais pas la voir j’étais irritable. Au contraire, les autres jours, spécialement les mercredis, j’étais super contente et joyeuse. Je ne me rendais pas compte que mon entourage se rendait compte de ces changements d’humeur, et même de leur cause, jusqu’au jour que Jérôme – qui d’habitude ne remarquait jamais rien – me mettait en garde :

« Je crois que tu devrais prendre un peu de distance de cette fille, ma chère. »

Je le regardais étonnée et, difficilement masquant ma honte, je répondais sur un ton défensif:

« Pourquoi tu dis ça ? »

« Je ne l’aime pas. Elle est manipulatrice et je crains qu’elle te fera beaucoup de mal »

 

Mal à l’aise je me mettais à rire : «C’est idiot de dire ça. Elle ne ferait pas mal à une mouche. Elle a seulement besoin d’un peu d’affection et d’attention, et alors elle te le rend mille fois. »

Jérôme me regardait avec un air sceptique : « Ok, comme tu veux, mais tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas mis en garde. »

 

C’était de plus en plus difficile de cacher mes vrais sentiments, mais je continuais à les refouler et refusais toujours de m’admettre que j’étais amoureuse. Je continuais à me persuader que mes sentiments étaient des sentiments de sympathie d’un adulte pour une jeune fille adorable, talentueuse, mal loti par le sort, qui méritait tout mon attention.

 

Le jour de mon anniversaire Farah m’offrait comme cado une petite robe ravissante style « preppy »: manches longues, cintrée à la taille, avec une jupe évasée, mi-cuisses, et avec un petit col “Claudine”. Un modèle émanant fraicheur et insouciance, mais beaucoup trop jeune pour une femme s’approchant de la quarantaine. Bien qu’elle était neuve, avec les étiquettes de H&M encore dedans, elle l’avait clairement emballée elle-même. Je comprenais immédiatement qu’elle l’avait volée, mais touchée par son geste, et excitée par son choix, j’acceptais son cado sans faire des remarques. Je mettais la robe tout de suite ce qui me valait des remarques flatteuses de la part mon élève, me disant que je devrais  porter des robes et des jupes plus souvent.
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Quelques semaines plus tard Farah obtenait un excellent bulletin. J’en étais tout contente et fière. Ce mercredi-là, quand elle arrivait pour étudier, je proposais que pour la féliciter et récompenser son bon travail, nous n’allions pas travailler, et qu’elle pouvait choisir comment on allait passer l’après-midi. Toute contente elle m’embrassait et sans hésiter proposais d’aller au cinéma. J’étais un peu surprise puisque je n’avais pas prévu de sortir mais cela me paraissait une bonne idée. Farah, habillée BCBG comme elle avait pris l’habitude, avec une petite jupe Burberry,  était prête à partir tout de suite.

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Pour lui faire plaisir j’avais mis la robe qu’elle m’avait offerte, et je voulais me changer avant de sortir. Farah, toute déçue, insistait que je gardais la robe, et je cédais.

Une bonne demi-heure plus tard nous nous installâmes dans la salle de cinéma. Farah était toute excitée et naïvement je mettais ça sur le compte du fait que c’était seulement la deuxième fois de sa vie qu’elle allait au film.

A peine la séance commencée je sentais qu’elle prenait ma main dans la sienne. J’aurai du l’arrêter et retirer ma main, mais je trouvais le geste trop touchant et ne bougeait pas. Un peu plus tard je sentais sa jambe frôler la mienne. D’abord je pensais que c’était par inadvertance et je ne réagissais pas. Mais quand,  encouragé par mon manque de réaction, elle poussait sa jambe avec plus d’insistance contre la mienne, je comprenais que c’était intentionné. Je déplaçais ma jambe, mais, curieuse de savoir si elle oserait répéter son geste, la remettait après quelques instants. Toute de suite sa jambe se remettait contre la mienne. De nouveau je la déplaçais pendant quelques minutes mais quand je la rapprochais de nouveau elle ne bougeait plus. J’attendais un peu, et puis, ne résistant plus l’envie de la toucher, c’était moi qui caressais sa jambe avec la mienne. Farah soupirait.

 

Pendant un petit temps nous regardâmes le film ainsi, et puis je sentais qu’elle dégageait sa main pour la poser sur mon genoux. De nouveau j’aurai du l’arrêter mais je ne pouvais pas. Quand je sentais sa main glisser vers le haut je fermais instinctivement mes jambes pendant un instant, coinçant sa main entre mes cuisses, mais presque tout de suite je les rouvrais. Farah comprenait l’invitation et sa main glissait rapidement en dessous de ma robe, jusqu’à ma culotte. Je soupirais à mon tour et j’ouvrais complétement mes jambes.

 

Comme paralysée je sentais comment Farah se tournait vers moi, et comment, tout en gardant une main en dessous de ma jupe, elle prenait avec l’autre ma main et la mettait sur sa jambe à elle. Puis je sentais comment sa tête s’approchait de la mienne, pendant qu’elle poussait lentement ma main en dessous de sa jupe. Quand elle mettait ses lèvres sur les miennes je n’avais plus aucune résistance, et je glissais ma langue dans sa bouche, ou nos langues s’enlaçaient.

 

C’était un baiser magique. Pour elle c’était son premier, et pour moi tout comme.  Nous n’avons plus rien vu du restant du film.  Et une semaine plus tard nous étions amants.

 

Ce mercredi là je l’attendais tout excitée et à peine rentrée je la prenais dans mes bras, l’embrassais, tout en lui avouant finalement mon amour. Elle répondait en  m’embrassant avec toute la passion de sa jeunesse. Je ne me retenais plus et je lui déboutonnais lentement son cardigan et puis son chemisier. Puis je lui enlevais sa jupe et ces collants. Elle se laissait faire tout en continuant à m’embrasser. Je l’emmenais au lit canapé ou je la couchais et m’agenouillant à côté j’embrassais son ventre, ses jambes, ses bras. . . Puis je lui enlevais son soutien-gorge, dévoilant ses deux petits seins délicieux, que j’embrassais à leur tour. Elle me regardait pendant que je me déshabillais. Quand j’avais tout enlevé, y compris ma petite culotte, je me couchais à côté d’elle et je mettais sa main entre mes jambes, pendant que j’introduisais gentiment ma main à moi dans sa culotte. C’était la première fois que je faisais l’amour avec quelqu’un de mon sexe, et c’était inoubliable. L’orgasme qu’elle me donnait avec ses longs doigts agiles était mieux que ce qu’aucun homme ne m’avait jamais fait sentir.

 

Mais le fait que nous étions devenues amants, et qu’on passait nos mercredis après-midis en faisant l’amour, ne changeait rien  à sa  jalousie, et ces crises de petite fille gâtée devenaient de plus en plus fréquentes et graves, au grand agacement de toute ma famille.

 

Vu son talent artistique je l’encourageais à peindre, à quoi elle prenait immédiatement un grand plaisir.  Le tablier d’école se trouvant dans mon bureau elle avait cherché un autre moyen pour  protéger ses vêtements, et avait trouvé un petit tablier en plastic. Le modèle était un genre bavoir, sans manches se fermant avec un petit nœud dans la nuque.  Elle prenait l’habitude d’enfiler ce tablier de petite fille en arrivant dans la maison et de me demander de le fermer comme on le faisait avec le tablier dans mon bureau, et elle le gardait jusqu’à son départ. En général elle portait le tablier au dessus de sa jupe ou robe  mais quand elle portait un pantalon ou des collants elle les enlevait “pour ne pas les salir”,ne gardant rien que sa culotte blanche en dessous.  Tout le monde comprenait que c’était une autre manière d’attirer l’attention, et ça ne la rendait pas plus sympa dans les yeux des autres, mais moi je la trouvais mignonne, et tout le monde s’habituait à voir cette belle adolescente avec son petit tablier incongrue.

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Je supportais de moins en moins d’être séparée d’elle. Un mercredi je proposais donc qu’elle reste logé mais elle refusait catégoriquement parce qu’elle devait rentrer chez elle pour s’occuper de ces frères. Ça m’agaçait et la semaine suivante je répétais l’invitation. Quand elle refusait de nouveau je proposais de parler à ces parents.  Ça  aussi elle refusait mais quand j’insistais de savoir pourquoi elle ne voulait pas que j’en parlais à ses parents elle baissait la tête et puis parlant tout doucement elle répondait qu’il y avait une autre raison pourquoi elle ne voulait pas rester loger : « Je fais parfois pipi au lit. »

 

Je la regardais incrédule, mais puis, voyant sa figure décomposé, mon âme se remplissait de pitié. Je la prenais tendrement dans mes bras : « Oh, ma pauvre chérie. T’as toujours eu ça ? Tu as toujours eu des accidents ? »  Elle secouait sa tête : « Non, ça fait 4 ans. Ça a commencé juste avant la fuite de notre maison. »

Je la serrais dans mes bras et je sentais qu’elle pleurait. Je la laissais pleurer, et puis, quand je sentais qu’elle se calmait un peu, je lui posais doucement des questions qu’elle répondait sans me regarder. J’apprenais ainsi qu’elle avait des accidents presque tous les jours depuis 4 ans. Il y avait eu des moments que les accidents étaient moins fréquents, mais puis ça recommençait. Elle portait des couches pour aller dormir, et ces frères le savaient évidement puisqu’elle partageait la chambre avec eux. Parfois ils se moquaient d’elle mais en général ils ne prêtaient plus attention à ça. Ces parents ne l’avaient jamais fait faire examiner par  un médecin.

 

Cette nouvelle renforçait encore mes sentiments tendres pour elle. La tenant toujours dans mes bras je lui disais que cela ne devait pas l’empêcher à venir loger chez nous, qu’elle aurait la chambre des invités, et que les autres ne verraient donc pas son secret. Puisque son plus grand problème avait été envers moi, une fois qu’elle m’avait communiqué son horrible secret je n’avais plus beaucoup de mal à la convaincre de venir loger. Le mercredi après elle arrivait donc avec son sac. C’était ridicule mais le fait qu’elle allait passer la nuit sous le même toit que moi m’excitait et nous faisions l’amour avec encore plus de passion que d’habitude. Après nous nous reposions enlacés toutes nues sur le lit. Je la caressais tendrement et pensais à la soirée qu’on allait passer en famille. Soudain j’avais un drôle d’envie. J’hésitais à lui en parler mais le plus que j’y pensais le plus que j’avais envie, donc je me décidais : « Est-ce que ce soir je peux t’aider à te mettre ta couche ? »

 

Elle se redressait et me regardait avec des grand yeux ahuris : « Pourquoi ? » « Ca me parait très intime et tendre mais érotique en même temps ».  Elle rougissait, mais me souriait et hochait la tête : « Oui, je crois que j’aimerai ça ! »

 

Pendant le repas elle se laissait nourrir par moi comme d’habitude. Sachant ce qui allait se passer plus tard nous nous sentions plus proche que jamais. J’avais du mal à dissimuler notre complicité, et quand je sentais sa main sur mon genou en dessous de la table, j’avais l’impression que mes joues coloraient et que tout le monde pouvait voir mon excitation. Je me levais brusquement et me mettais à débarrasser bien que les autres n’avaient pas encore terminé leur repas. Jérôme me regardait d’un air furax mais ne disait rien.

 

Je mettais Renée au lit pendant que les autres regardaient un DVD  et que Jérôme lisait. Quand Renée était couchée je joignais les filles. Je demandais à Farah et Emmanuelle de me faire un peu de place et m’asseyait entre elles sur le canapé, mettant mes bras autour des deux filles. Sans hésitation Farah posait sa tête sur mon épaule. J’étais consciente du regard qu’Antigone nous lançait, mais trop heureuse d’avoir mon amoureuse contre moi, je ne réagissais pas.

 

Quand le film était terminé j’envoyais les filles en haut. 15 minutes plus tard je  rejoignais Emmanuelle et Antigone dans leur chambre pour les donner un bisou de nuit, mais j’avais  hâte de les quitter pour rejoindre Farah. Quand je rentrais dans sa chambre elle m’attendait assise sur le bord du lit. Elle avait mis une chemise de nuit blanche très courte, contrastant avec la couleur foncée de sa peau. Cela lui allait trop bien. Quand je m’approchais elle sortait une couche jetable d’en dessous de ces draps et me la donnait, me regardant avec des grand yeux ou la timidité et l’excitation se mêlaient.

 

Je la poussais doucement en arrière et quand elle était couchée elle me souriait timidement pendant que je dépliais la couche. En continuant à me fixer elle attendait que je glisse la couche en dessous d’elle. Puis elle ouvrait doucement ses jambes, se mettant dans une position de soumission totale. J’étais profondément touché par ce geste simple d’abandon, qui témoignait de sa confiance total en moi. Je comprenais qu’elle devait se sentir très exposée et vulnérable, mais sans crainte elle attendait la suite. Les larmes d’émotion aux yeux je la caressais et puis refermais doucement la couche autour de ces jambes.

 

J’avais envie de me mettre au lit avec elle mais je n’osais pas rester plus longtemps. Je la bordais rapidement et mettant une bise sur sa joue, je quittais sa chambre, essuyant les larmes de ma joue. Quand je rejoignais Jérôme il me regardait intensivement : « Je me demande ce qui se passe avec toi. » « Qu’est-ce que tu veux dire ? » « Ton comportement avec cette petite garce est ridicule. Vous êtes pathétiques. »

 

Honteux je ne répondais rien, et le laissait seul.

 

Le lendemain matin Farah se présentait au petit déjeuner dans sa petite chemise de nuit romantique. C’était un jour jour  d’été et on mangeait dehors. Quand elle sortait et venait vers nous en souriant pendant un instant j’avais peur qu’elle portait en dessous encore sa couche mais, comme si elle avait lu mes pensées, elle faisait une petite pirouette dévoilant un instant sa culotte et me faisant un clin d’œil en même temps.

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Je lui souriais et à ce moment je captais le regard de mon mari, fixé sur la délicieuse créature. Elle aussi l’avait noté et, faisant un autre mouvement provocateur, retournait son regard indécent. Je voyais comment il détournait ses yeux avec regret. Toute fière je réalisais que lui aussi était troublé par la belle adolescente africaine, ma maitresse, mon bébé. Nous n’étions pas tellement pathétiques alors ?

 

A ce moment Farah s’asseyait à côté de moi et je me mettais à préparer sa tartine.

 

La suite: https://clairodon.wordpress.com/2014/10/03/le-double-tabou-2/

5 comments on “Le double tabou 1

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