Le double tabou 3

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Je faisais un grand sourire : « Me punir ? Et comment ? » Jérôme n’hésitait pas une seconde : « Te priver de télévision, de diner, d’ordinateur par exemple » Et Françoise enchainait : « Ou je te mettrai au coin, c’est encore toujours une punition efficace pour des petits enfants. Et si tout ça n’est pas suffisant il nous reste toujours une bonne fessée. »Je ne tenais plus et éclatait de rire et regardait les deux d’un air défiant : «Ah je vois.  Maintenant j’ai peur. »

 

Chapitre 3

Vaine espoir. Après la première fois ses copains n’étaient plus intéressées dans « la nana » et je voyais de moins en moins mon amour. Elle devait avoir trouvé d’autres sources d’argent parce que je ne pouvais même plus la tenter par l’oseille.

J’en déprimais mais pour me changer les idées je me jetais sur mon travail y passant de plus en plus de temps. Contre toute attente Philipe avait réussi à devenir le président de son parti et se mettait à moderniser le parti et à préparer les élections nationales. Nous passâmes beaucoup d’heures ensemble et petit à petit notre complicité changeait de nature.

Je devenais sa maitresse. Mon caractère passionnel était à nouveau allumé et nous vivions des temps exhilarants. Mon histoire avec Farah était du passé et, honteuse, je l’effaçais de ma mémoire.

La relation entre Philippe et moi était un secret évidemment. Avoir une relation avec une femme mariée n’allait pas aider ces chances électorales et en plus Jérôme était devenu un des financiers du parti.

Mais en même temps mon rôle devenait plus public et je me sentais de plus en plus à l’aise à présider des diners de supporters financiers du parti et même à faire les intro dans les grandes manifestations. Les médias commençaient à me repérer et à faire mon portrait référant à moi comme « l’arme sécrète du président. » J’étais l’étoile montante de la politique nationale et je le savourais.

Mais inévitablement les rumeurs commençaient. D’abord dans les journaux à sensation mais puis également dans les autres médias, sous prétexte que le public avait le droit de savoir sur quoi était basé ma montée en pouvoir rapide.

Comprenant qu’il était inévitable d’annoncer notre relation Philippe et moi discutaient du meilleur moment et de la meilleure manière. Mais nous étions bousculés par une lettre de Manu avec la menace qu’il pouvait informer la presse de bien autre chose qu’une simple affaire extra-matrimonial. Tout en minimalisant le genre de révélations que Manu pourrait faire je persuadais Philippe à aller de l’avant et nous déclarions notre amour à la presse.

La suite était que Jérôme, qui avait toléré ma relation avec mon patron aussi longtemps qu’on pouvait la nier, exigeait maintenant que je le terminais immédiatement. Bien sûre je refusais et annonçais que je voulais le divorce. Jérôme était devenu glacial : « Si tu fais ça tu ne verras plus jamais tes enfants. Crois-moi J’ai de quoi pour te faire déclarer inapte à éduquer des enfants, et je n’hésiterai pas à l’employer. » Après une première réaction de peur je me calmais et me convainquais que Jérôme ne ferait rien d’aussi radicale. Bien que touché dans son amour-propre c’était un homme raisonnable. Et m’écarter de mes enfants n’était pas dans leur intérêt.

Je racontais évidemment à Philippe la conversation acerbe que j’avais eu avec Jérôme. Mais trop occupé par les élections qui s’approchaient il ne réagissait pas vraiment. Pendant quelques jours je me sentais très seul et je déprimais.

Mais puis Jérôme annonçait qu’il partait pour une semaine en Chine pour des réunions avec des clients potentiels et pour visiter une foire. Tout de suite je voyais que cela allait me procurer une occasion pour faire bouger les choses dans la bonne direction.

Je décidais que pendant l’absence de mon mari je partirais avec les enfants dans la maison de vacances de Philippe. Philippe se joindrait à nous et on passerait quelques jours en « famille ». Ainsi les enfants et Philippe pourraient mieux se connaitre et, surtout, cela me donnerait l’opportunité de prendre des photos qui dans la future bataille de la garde des enfants, donneraient au tribunal une bonne impression de l’environnement parfait ou les enfants vivraient après le divorce si j’avais la garde.

Le jour du départ de Jérôme, un samedi, Françoise le conduisait à l’aéroport pendant que Salvador, Antigone et Emmanuelle étaient à leurs activités réciproques et moi je restais chez Renée. Nous avions convenu que Françoise irait chercher Salvador et Emmanuelle en rentrant de l’aéroport et que moi je m’occuperais à chercher mon ainée.

Tout de suite après le départ de Jérôme et Françoise j’annonçais à la petite que nous aussi nous partions en voyage et je me mettais à faire en toute hâte les valises pour toute la famille. Une demi-heure plus tard j’étais en route, cherchant d’abord Emmanuelle (expliquant qu’il y avait eu un changement de programme) et puis Antigone. Quand j’annonçais qu’on partait pour quelques jours à la mer à nous 4 mes deux ainées réagissaient d’une manière enthousiaste. Le fait qu’on partait sans Françoise et Salvador les plaisait clairement ce qui me réconfortait dans ma conviction que partir ainsi avait été une bonne idée.

Quand, en réponse à la question d’Antigone ou on allait loger, j’annonçais que nous allions loger dans la villa de mon patron, qui allait se joindre à nous, elles étaient légèrement déçues. Mais quand j’expliquais que Philipe ne resterait pas tout le temps et que c’était une villa de grand luxe avec piscine couverte, la déception passait tout de suite.

En route je m’arrêtais et après avoir vérifié que l’avion de Jérôme avait décollé à temps, j’envoyais un SMS à Françoise pour la prévenir que j’étais parti avec les filles pour quelques jours sans expliquer ou j’allais. Et puis j’éteignais mon téléphone.

Philippe allait nous rejoindre seulement le lendemain et avant d’arriver à la villa on s’arrêtait à un supermarché ou, pour fêter notre escapade à 4, je laissais choisir les enfants ce qu’on allait manger. Avec beaucoup d’enthousiasme la voiture était chargée de pizzas, chips, biscuits et de la crème glace.

Les enfants adoraient la maison et avec toute la petite bande de bonne humeur nous passâmes une soirée joyeuse. Quand après avoir mangé il était temps pour Renée pour aller au lit elle protestait évidemment et je suggérais que pour l’amadouer tout le monde se prépare déjà pour la nuit. Pendant que je changeais la petite les deux autres constataient que j’avais oublié leurs pyjamas. Mais quand elles voulaient garder leurs vêtements Renée protestait. Donc après une petite hésitation il était décidé qu’elles allaient passer le reste de la soirée en chemisette et culotte.

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Et, riant, elles insistaient que je fasse la même chose. Vu la bonne entente et la complicité avec mes filles, j’acceptais. Otant mes vêtements et sous-vêtements, j’enfilais une camisole et une petite culotte d’Antigone, au grand plaisir de tous.

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Une fois Renée au lit je jouais quelques jeux de sociétés avec les deux autres, et puis nous nous mettions au lit. Moi je dormais tout seul dans la chambre de maitre dans un lit immense et Emmanuelle et Antigone partageaient une chambre avec des lits jumeaux. Quand mes filles voyaient mon lit elles se mettaient à rire en remarquant que j’allais me perdre tout seul dans mon lit. Regardant le lit trop grand, j’avais une inspiration du moment, et en rigolant je demandais si elles voulaient dormir avec moi à 3 dans le même lit. Proposition qui fut acceptée avec des grands rires.

Après quelques minutes agitées ou chacune cherchait sa place dans l’immense lit, le calme venait et nous dormions comme des anges, jusqu’au matin quand Renée nous réveillait par ces grands cris. Nous prenions le petit déjeuner toujours habillées de nos chemisettes et culottes. Après avoir mangé tout le monde faisait sa toilette et s’habillait et on attendait l’arrivée de Philippe en lisant.

Ce n’était pas la première fois que les files rencontraient Philippe mais c’était la première fois qu’ils allaient être ensemble plus que quelques minutes. Philippe était célibataire mais il avait des neveux et des nièces qu’il voyait souvent. Et dès son arrivée on voyait qu’il avait l’habitude des enfants. La journée fut un grand succès : Grande promenade à a plage, (avec Renée pour une grande partie sur les épaules de Philippe), piquenique, retour en tram, jeux dans la piscine, restaurant. Tout dans la meilleure entente et atmosphère.

Tout le monde regrettait que Philippe ne reste pas dormir avec nous. Bien que nous avions également envie de dormir ensemble dans le même lit à nouveau.

Ayant pris de nombreuses photos de la journée avec Philippe le premier pas dans mon plan avait été un succès.

Les 2 jours suivants se passaient d’une manière semblable, mais alors à nous 4. Leur père ne semblait pas les manquer aux filles. Au contraire, j’avais l’impression que le fait d’être là sans Jérôme – et sans Françoise et Salvador – les plaisait. Mais quand je prenais mon courage en deux mains et leur parlais de la possibilité d’une séparation elles paniquaient. Pour les rassurer je leur disais qu’elles pourraient visiter leur père autant qu’elles voudraient, et que pour le reste on vivrait ensemble avec Philippe.

Au lieu de les rassurer cela les troublait encore plus. Surtout Antigone, qui me demandait sur un ton sarcastique si maintenant j’avais l’intention de devenir une vraie mère. Cela me donnait un choque et je restais muette. Voyant mon désarroi elle continuait : « Et Farah viendra vivre avec nous sans doute ? »

Je me rendais compte que j’avais avancé trop vite et essayant de rester souriante, je disais que de toute façon on aurait encore amplement le temps d’en discuter avant que des décisions ne soient prises. Mais à partir de ce moment l’ambiance n’était plus la même. Et cette nuit Antigone dormait dans sa chambre, me laissant seul avec Emmanuelle dans le grand lit.

En plus le lendemain il pleuvait. Nous prenions le petit déj en sous-vêtements comme les jours précédents, mais après avoir mangé personne n’était pressé pour s’habiller. Antigone se mettait à lire pendant que Emmanuelle, Renée et moi jouaient, d’abord aux poupées et puis des jeux de découpage et bricolage.

Vers midi on sonnait à la porte. Antigone était la seul qui c’était habillée entre temps et c’était donc elle qui allait ouvrir. Quelques secondes plus tard deux policiers faisaient irruption au living demandant mon identité. Complètement dépassée par ce qui arrivait je leur disais qui j’étais en demandant ce qui se passait. C’est alors que j’apprenais que nous étions portées disparues depuis dimanche, et que mon mari m’accusait d’avoir enlevé nos enfants.

Ahuri j’expliquais aux policiers que c’était absurde. Que je passais quelques jours de vacances avec mes enfants pendant que mon mari était absent pour affaires. Devoir expliquer la situation habillée rien que d’une camisole d’enfant et une petite culotte était fort gênant.

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Les policiers, eux aussi embêtés par la situation, disaient que tout cela était probablement un malentendu, mais puisqu’ils avaient ordre de ramener les enfants à leur poste s’ils les trouvaient, la meilleure chose à faire était que tout le monde s‘habillait et se rendait au poste.

Une heure plus tard nous étions au poste de police ou à mon étonnement j’étais séparé de mes enfants et qu’on me soumettait à un interrogatoire. Puisque l’officier qui était chargée de l’interrogatoire semblait être d’accord avec moi que tout cela était assez absurde cela ne prenait pas beaucoup de temps. Quand je sortais de son bureau je retrouvais Antigone toute seule dans la salle d’attente. Encore sous le choc, elle m’expliquait qu’elle aussi avait été questionnée dans la présence d’une psychologue et que maintenant c’était le tour à Emmanuelle, pendant qu’une autre psy s’occupait de Renée. Tout ça me rendait furieuse mais réalisant que je n’allais rien arranger en me mettant en colère je m’asseyais à côté de ma fille. En souriant je lui disais que tout ça n’était pas très grave et que dans quelques jours nous allions rire de cette situation trop absurde. Mais quand je voulais mettre mon bras autour de ces épaules pour la consoler elle se détournait en hissant sur un ton fâché que tout cela fût de ma faute.

De nouveau je devais me retenir pour ne pas m’énerver mais je n’insistais pas et nous attendions en silence. 10 minutes plus tard Renée rentrait dans la salle d’attente à la main d’une jeune femme. Quand elle me voyait elle se précipitait vers moi et se jetait dans mes bras. Et encore quelques minutes plus tard c’était le tour d’Emmanuelle pour rentrer. Elle aussi avait l’air d’être soulagée quand elle me voyait. Probablement que je me l’imaginais mais je trouvais que la femme qui l’accompagnait me jetait un regard désapprobateur avant de dire au revoir à ma fille.

Nous rentrions à la villa pour faire nos valises et pour rentrer à la maison. Personne ne m’avait expliqué comment ils étaient arrivés à nous chercher dans la villa de Philippe. Donc avant d’entamer le voyage de retour j’appelais mon amant mais il ne décrochait pas.

A la maison j’étais attendue par un Jérôme furax, qui était rentré de Chine plus tôt que prévus. Je trouvais que c’était plutôt moi qui avais des bonnes raisons pour être fâchée et nous avions une fameuse engeulade. Le résultat était que je m’installais dans l’appart au-dessus du garage pendant que Françoise occupait la chambre des invités, la chambre de Farah, et qu’on installait une chambre pour Salvador au second étage de la maison.

Après beaucoup de tentatives j’arrivais finalement à avoir Philippe en ligne. Il s’excusait mais comme je devais le savoir il était très occupé, il regrettait tellement ce qui c’était passé, il avait tellement pitié de moi, … , et …. il croyait que c’était mieux qu’on ne se voie plus pour un petit temps, je pouvais rester à la maison en congé sans solde, …..

Mon monde s’écroulait. Tout d’un coup je voyais clair et je comprenais que Philippe m’avait trahi. Je comprenais même les raisons. Je voyais comment Jérôme l’avait menacé de retirer son soutien financier. Bien que Jérôme ne fût pas sa source de financement principal son soutien était très connu. Si Jérôme se retirait publiquement cela pouvait être le début d’une avalanche. Surtout si la presse allait chercher la raison de son retrait et tomberait sur notre escapade dans la maison de Philippe. Bien que voyant tout cela clairement je ne comprenais pas que Philippe n’avait pas plus de courage. Je rétorquais donc qu’avec quelques téléphones à des journalistes amis, l’affaire serait vite expliquée comme la vengeance mesquine d’un mari jaloux. S’il m’aimait un tout petit peu et s’il avait un peu de couilles il ne devait pas se laisser intimider par mon mari, petit industriel de merde. Philippe se taisait pendant quelques secondes, et puis me répondait sur un ton désespérée et irritée : « Tu ne comprends vraiment pas ? Alors t’as complètement perdu la raison. T’es accusée d’enlèvement d’enfants ma chère, et puisque j’ai passé une journée avec vous, je suis complice. S’il y a poursuite tu passes en prison et ma carrière et finie. »

Mon tour de me taire. Et avant que je ne réagisse il me disait au revoir en ajoutant un « bon courage » et raccrochait. Je savais que c’était la dernière fois que je l’avais entendu.

Les jours suivants je m’enfermais dans mon appartement mais, alarmée par ce que Philipe m’avait dit, j’appelais Julien, un ami avocat, qui venait me visiter. Julien m’expliquait que puisque j’étais la mère et, qu’ensemble avec Jérôme, j’avais la garde de mes enfants, il n’y avait pas d’enlèvement. Au moins aussi longtemps que ce n’était pas prouvé que je n’aie eu l’intention de partir avec les enfants, preuve impossible. Donc si Jérôme ne se portait pas partie civil – éventuellement aux noms des enfants – le parquet n’allait pas me poursuivre, et même si Jérôme se portait partie civile l’affaire n’irait nulle part. Par contre s’il y avait divorce il pourrait essayer d’employer mon escapade pour réclamer la garde des enfants en indiquant que j’agissais impulsivement sans tenir compte des intérêts de mes enfants.

Je passais la plus grande partie du temps seul, réfléchissant sur tout ce qui m’était arrivé. J’acceptais la responsabilité pour presque tout, mais en même temps je blâmais les hommes. Si Jérôme avait continué à m’aimer au lieu d’avoir des affaires, jusqu’à me tromper avec ma meilleure copine dans ma propre maison, je ne serais probablement pas tombé tellement amoureuse de Farah.

Et pour Philipe je m’indignais. Comment c’était possible d’être tellement lâche. Je n’avais plus aucun respect pour lui. Pour ne pas parler de Manu, le pauvre minable.

Farah n’était pas innocente non plus. Elle m’avait séduite, mentie et traitée de façon horrible, mais je ne lui reprochais rien. J’aurais dû l’arrêter mais je ne l’avais pas fait.

Je prenais émotionnellement distance de tous ces personnes, et en faisant ça finalement je reprenais contrôle de ma vie. Ma seule souffrance venait maintenant de mes enfants.

De temps en temps je rentrais dans la maison. La petite Renée était contente de me voir et attachante comme toujours mais mes deux filles ainées me fuyaient. Elles étaient manifestement fort perturbées par ce qui était arrivé et étaient fâchées avec moi. La petite remarque qu’Antigone avait faite – que Farah viendrait surement vivre avec nous après la séparation – me poursuivait. Je comprenais que si je voulais rétablir la relation avec mes filles, surtout avec Antigone, je devrais pouvoir lui expliquer ma relation avec la belle amazone. Et pour pouvoir faire ça je devais pouvoir lui dire en toute honnête que tout était fini entre nous.

J’invitais donc Farah à venir me visiter pour terminer notre relation d’une manière formelle, et pour m’excuser auprès d’elle. A ma surprise elle acceptait sans hésitation. Je la recevais dans mon bureau ou nous avions passées tant de moments d’amour et de passion. Quand elle rentrait j’étais de nouveau frappé par sa beauté exceptionnelle. Elle n’était plus habillée de sa façon « punk » mais portait une jolie petite jupe avec des bottes sous un pull moulant. Je comprenais qu’elle c’était habillé ainsi pour moi, et j’appréciais ce geste. Elle mettait tendrement ces bras autour de mon cou mais quand elle voulait m’embrasser sur la bouche je me détournais.

Nous nous mettions sur le canapé et je prenais ces mains dans les miennes et faisais le petit discours que j’avais préparée, m’excusant pour ce qui c’était passé, et terminant en disant qu’il était mieux qu’on ne se voie plus. A mon grand étonnement elle se mettait à pleurer à grand sanglots, criant qu’elle m’aimait, que je ne pouvais pas l’abandonner, qu’elle ne voulait plus vivre si elle ne pouvait plus me voir. J’étais accablé par sa réaction mais je tenais bon.

Finalement elle se calmait et je lui proposais un compromis : on n’allait pas se contacter pendant un certain temps et puis on déciderait de la suite. Voyant que je n’allais pas céder elle acceptait et on se quittait avec un sage petit baiser tendre, ce qui me rendait heureuse.

Après sa visite je me sentais mieux. Finalement j’étais en paix avec moi-même. Je décidais de reprendre contact avec l’ONG pout lequel j’avais travaillé comme bénévole pour voir si je pouvais reprendre mon boulot chez eux. Je voulais en sorte reprendre le fil de ma vie d’il y a 5 ans, avant que je n’avais commencé le travail d’aide-enseignante à l’école, avant d’avoir connu Farah, avant d’avoir travaillé pour Philippe.

Je voulais que mes enfants redeviennent le centre de ma vie. Et pour ma relation avec Jérôme je verrais bien comment les choses évoluaient. Maintenant que ma relation avec Philipe était terminée il n’y avait plus de raison immédiate pour divorcer. D’abord je devais récupérer la relation avec mes filles, spécialement avec Antigone.

Mais hélas, je n’avais pas le temps de mettre en œuvre mes résolutions. Un matin, quelques jours après la visite de Farah, pendant que Françoise était partie emmener les enfants à l’école, et j’étais donc seul à la maison, on sonnait à la porte. C’étaient de nouveau deux policiers, et ils demandaient pour moi. Quand je m’étais identifié ils me présentaient une convocation d’un juge d’instruction. Une fois de plus mon univers s’écroulait. C’était à quoi je m’attendais depuis longtemps : j’étais accusée de débauche de mineur ! Les policiers m’expliquaient que je pouvais venir volontairement, mais si je refusais ils avaient un mandat d’arrêt, et que de toute façon j’avais droit à me faire assister par un avocat. J’appelais donc Julien qui me conseillait de me rendre volontairement chez le juge d’instruction mais de l’attendre avant de ne faire aucune déclaration.

L’entretien avec le juge d’instruction était très court. Il me demandait si je connaissais Farah Amoudala, ce que je confirmais. A la question d’où je la connaissais je répondais que je la connaissais de l’école ou je lui donnais des cours particuliers. Le juge déclarait alors que j’étais accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec elle ce que j’admettais également. Quand le juge insistait sur le caractère de ses relations, plus spécifiquement s’il y avait eu pénétration, je lui avouais que nous nous plaisaient mutuellement avec un gode. Pendant tout ce temps j’étais comme dans un rêve, et quand il me demandait depuis quand nous avions eu des relations sexuelles de ce genre, j’avais répondu que je ne m’en souvenais pas. Le juge me regardait d’un air très sévère avant de continuer : Puisque vous venez de nous expliquer d’où vous connaissez cette fille vous savez évidemment qu’elle est mineure d’âge. Une fois de plus j’admettais.

Le juge fermait le dossier devant lui et regardait mon avocat : Maitre, comme vous comprenez votre cliente sera poursuivie au moins pour atteinte à la pudeur de mineur, peut-être pour des faits plus graves, cela dépendra de la suite de l’enquête. Entre temps je ne peux pas prendre le risque qu’elle ait contact avec des mineurs d’âge. Même pas ces propres enfants. Donc je vais devoir la mettre en détention préventive sauf si vous avez un alternatif à proposer. Julien me regardait mais, voyant tout de suite que je n’étais qu’à moitié consciente de ce qui se passait autour de moi, il demandait s’il pouvait avoir un mot avec moi ce que le juge acceptait tout en précisant qu’il n’avait pas beaucoup de temps.

Quand Lucien me demandait si j’avais un ami ou une amie chez qui je pouvais loger pendant le temps de l’instruction je ne pouvais penser à personne d’autre que Manu. Quelques minutes plus tard le juge avait accepté que j’aille vivre chez Manu si je ce dernier veillerait à que je n’aurai pas de contact avec des mineurs. J’appelais donc Manu qui en apprenant ce qui se passait ne pouvait se retenir de de dire qu’il m’avait prévenu mais qu’il acceptait de me prendre chez lui.

Après avoir signé une déclaration que je n’aurais pas de contact avec des mineurs d’âge, y compris mes enfants, Lucien me conduisait chez Manu. Avant de me laisser Lucien insistait sur le fait que je ne pouvais pas voir des mineurs et, regardant à Manu, ajoutait : « Je compte sur vous aussi. » Une fois seule avec Manu j’avais droit à un de ses sermons hypocrites dans lequel il me répétait qu’il m’avait mis en garde, qu’il aurait dû être plus strict avec moi etc. D’abord je le laissais parler mais il me gonflait tellement que je me mettais debout et, lui coupant la parole, je me mettais à défaire la ceinture de son pantalon : « Pauvre petit con, heureusement que tu m’as parce qu‘avec ton petit jouet minable tu ne pourrais avoir aucune autre femme. ». Il me repoussait et en riant méchamment m’ordonnait d’aller me changer : « Haha la pute et de retour. C’est plus fort que toi non ? Va te mettre en tenue alors, sinon je pourrais me tromper et croire que j’ai une amie en visite. »

Haussant mes épaules je partais à la chambre pour me changer. Quand je revenais au living portant un soutien-gorge rouge à dentelles, avec une porte jarretelle accordée et des bas noirs, il ne tenait presque pas en place. Il était assis, avec son pantalon ouvert, et il m’ordonnait de me mettre à genoux devant lui pour le sucer. Ce que je faisais sans broncher.

Une fois satisfait – comme d’habitude cela ne pris pas beaucoup de temps – il partait vers l’arrière de la maison pendant que j’allais me brosser les dents. Quand il revenait il portait une grosse chaine avec lui : « Je vais devoir t’enchainer pour te protéger de toi même. Si je ne le fais pas je suis sûre que tu partiras chercher la pauvre gosse, non ? T’es tellement nymphomane que tu ne peux pas te maitriser. Avoue-le. »

Je le regardais, d’abord incongrue, puis trop las pour protester, je répondais avec un petit sourire moqueur : « Je suis sûre que même dans tes rêves les plus audaces t’as pas osé imaginer ceci. Je suis complétement soumise à toi, mon héros vertueux. »

Je regardais comment il attachait un bout de la chaine autour de ma cheville et l’autre bout à un chauffage.

Bien que je continuais à feignez que le fait d’être tenue à la chaine ne me perturbait pas les jours qui suivaient étaient horribles. Chaque fois que Manu partait travailler, et chaque nuit, il m’attachait. La chaine me permettait seulement de faire quelques pas. Le matin quand il partait je m’installais dans un canapé avec un peu de nourriture et de quoi boire pour passer la journée, principalement en lisant en en regardant la télévision qui était allumée en permanence.

Quand il rentrait de l’école il me détachait et je me dépêchais à la toilette pour me soulager. Et puis je me mettais à faite le ménage pendant qu’il regardait la télévision. J’étais « en tenue » du matin au soir : rien que des sous-vêtements, des mini-jupes avec des bottes à haut talons, des petits shorts. … Manu était excité en permanence et chaque fois que je venais dans son voisinage il me prenait pour me peloter et quelques fois par jour il me pénétrait – par devant ou par derrière – ou je devais lui donner une fellation.

Un matin il n’arrivait à bander à sa grande frustration. Il insistait que je continuais à caresser et à lécher son membre. Finalement il avait une petite éjaculation dans ma main. Jurant que dû à mon incompétence il était en retard, il m’attachait à ma chaine sans que je puisse aller à la toilette.

Ce jour-là je portais un petit short blanc à taille haute, se fermant avec un zip du côté, sous un petit top moulant, tenue complétée par des hautes bottes à talon.

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L’après-midi le besoin de me soulager devenait pressant, et c’était avec beaucoup de peine que je tenais jusqu’à la rentrée de Manu. Il comprenait tout de suite la situation et cela l’amusait évidemment, à tel point qu’il refusait de me détacher. Hurlant de rage je me mettais debout et voulais enlever le short pour faire pipi devant lui en plein milieu du salon, mais il me retenait. Tournant mon bras derrière mon dos il me forçait à me mettre à genoux et à faire pipi dans mon short. Puis il m’ordonnait à enlever mon top, à sécher le sol et mes jambes avec ce vêtement, et à le remettre.

Les jours suivants il exigeait que je porte les mêmes vêtements puant l’urine avec le petit short marqué d’une grande auréole jaune.

C’est ainsi que j’étais habillée quand Julien venait m’informer du suivi de l’enquête judicaire. Je voyais sa surprise et son dégout mais je lui faisais signe de se taire. Il n’insistait pas mais s’adressant à Manu il demandait s’il pouvait nous laisser seul. Celui-ci, trop curieux de savoir comment les choses se présentaient, était visiblement déçu. Sur un ton agacé il répondait qu’il était chez lui et que si nous voulions parler sans lui nous n’avions qu’à chercher un autre endroit.

Julien, surpris par cette réponse, le lançait un regard furieux, mais se maitrisant, il annonçait qu’on irait dans un café un peu plus loin. S’adressant à moi il me demandait d’aller me changer. De nouveau Manu intervenait sur le même ton irrité, disant qu’il n’avait pas toute la journée. Je mettais ma main sur le bras de Julien et, haussant mes épaules, je lui disais que c’était bien, que j’irais habillée comme j’étais, et sans attendre des réactions je partais, entrainant Julien par la main.

Une fois dehors Julien, visiblement concerné, me demandait pourquoi j’étais habillé ainsi. De nouveau j’haussais mes épaules : « Laisse tomber, ce n’est pas important. M’humilier le fait bander c’est tout. ». Après avoir porté des vêtements imprégnés d’urine pendant 3 jours je m’étais habitué à l’odeur mais en voyant la façon que Julien détournait sa tête à plusieurs reprises je me rendais compte que je puais le pipi et que je le dégoutais. Tout d’un coup je me sentais las et horriblement embarrassé et timide. J’étais sur le point de m’effondrer. Avec les larmes aux yeux je faillis m’encourir pour aller me réfugier dans la sécurité des grippes de mon bourreau. Mais je me maitrisais et suggérant de passer aux choses importantes je demandais comment se présentait mon dossier. Quand Julien répondait qu’il préférait attendre qu’on soit installé aux café je comprenais qu’il n’avait pas de bonnes nouvelles à annoncer.

Nous continuâmes en silence jusqu’à notre destination. En rentrant au café j’avais droit à des regards étonnés et des échanges de sourires complices entre les quelques clients au bar, mais feignant de ne rien voir nous nous refugions dans un coin sombre dans le fond de la salle.

C’est là que Julien m’expliquait à quel point mon dossier se présentait mal.

Tout d’abord il y avait le témoignage de Farah. Ce qui dès le début avait été une belle histoire d’amour, de tendresse et de complicité, était complètement déformé en quelque chose de sordide et tordue.

Elle avait déclaré qu’au début je l’avais intimidé. Que quand je la caressais elle n’avait pas osé protester et que la première fois que je l’avais déshabillé elle avait pleuré. Elle admettait que plus tard quand nous étions devenus des amoureuses et quand je lui avais appris les plaisirs charnels elle avait aimé. Mais elle déclarait que cela n’avait pas duré longtemps et qu’elle m’avait supplié de ne plus devoir faire ces “choses sales” , mais que je l’avais forcée en menaçant de la faire évincer de l’école. Je ne comprenais plus rien.

Mais ce n’était pas fini. Julien, sur un ton de plus en plus réprobateur, passait à la partie ou elle racontait de nos jeux de couches. Mes propres souvenirs étaient d’autres moments de tendresses et de complicités, bien qu’érotiques, mais dans sa déclaration Farah donnait l’impression que les couches avaient étés une initiative à moi par désir de domination afin de l’humilier et de la rendre encore plus dépendante de moi. Elle ne disait pas que c’était elle-même qui avait prétendue être énurétique. Et l’été magnifique ou elle c’était laissé complètement infantaliser devenait dans son témoignage une orgie d’humiliation permanente. Je soupirais. Malgré le fait que tout son témoignage en gros était un mensonge je savais que je l’avais humilié. Je me sentais honteuse pour la première fois.

Julien me regardait un moment en silence puis il continuait : « Le pire doit encore venir. Dans le dossier se trouve une photo érotique de vous deux avec un texte au verso. »

Surprise je le regardais sans pouvoir supprimer un grand sourire. La mémoire du jour que cette « selfie » de nous deux, toutes nues, dans des positions amoureuses, était prise me réchauffe encore le cœur. Pendant des mois j’avais porté cette photo sur moi. Au verso elle avait écrit un poème merveilleux. Un peu naïve et enfantin mais tendre et érotique en même temps. A force de le lire et relire des centaines de fois je le connais toujours par cœur :

Ma grande sœur, ma mère, ma maitresse,

Je pense à toi sans cesse

Je suis ta petite princesse

Qui veux tes caresses

Avant j’étais une petite fille peureuse

Maintenant je suis heureuse

Tes doigts en moi

me portent au ciel

mon doigt en toi

goute ton miel

 

A genoux entre tes jambes

je lèche ta chatte

avec mon entrejambe

toute moite

 

Comme une gentille chienne

J’ouvres mes jambes pour qu’avec le joujou tu viennes

Loin en moi

Reste en moi

Tu m’emmènes au sommet

Ne me quitte pas, jamais

 

Je suis ton bébé, ton poussin, ton louveteau,

Emmène-moi dans ton joli château

Pour vivre avec toi

Moi en toi

Toi en moi

 

Mon amour

Je t’adore pour toujours

 

Quand je m’étais rendue compte que j’avais perdu la photo j’avais paniqué mais quand après plusieurs mois il n’y avait pas eu de suites je m’étais calmée, persuadée que la photo se trouvait quelque part parmi mes papiers.

Réaliser que d’autres l’avaient lu me faisait rougir mais en même temps je croyais que cela pouvait m’aider. Le poème démontrait que je ne m’étais pas imposée par force à Farah, et que grâce à moi elle s’était épanoui, « avant elle était une petite fille peureuse, maintenant elle était heureuse ». Mais Julien, toujours sur son ton critique, me corrigeait : « Je crains que le juge aura une lecture différente. Tu es sa maitresse, sa grande sœur, même sa mère, et elle est ton bébé, ton poussin, ta chienne, qui s’agenouille pour te lécher. Le juge y verra clairement une relation soumise d’un enfant vulnérable manipulé par une adulte perverse. »

C’était horrible. Je comprenais évidement ce qu’il voulait dire. Mais comment faire comprendre que notre relation n’avait pas été comme ça. Je voulais me défendre, je voulais dire que je l’avais léchée autant qu’elle m’avait léchée, mais Julien m’interrompait.

Il m’expliquait que la photo avait encore une autre conséquence, encore plus désastreuse. Puisque Farah avait daté son poème la photo indiquait qu’il y avait eu pénétration avant son 14ième anniversaire. La loi stipulant qu’avant l’âge de 14 ans c’était impossible de donner son consentement pour des relations sexuelles et donc il y avait eu indéniablement viol !

Le mot « viol » était comme une gifle dans ma figure. Je virais debout en poussant un cri d’horreur, ce qui faisait tourner les têtes des quelques clients au bar dans notre direction. Me rappelant que je portais un petit short de pute, avec une grande auréole d’urine, je me rasseyais immédiatement et, regardant Julien je continuais à voix basse : « Et si elle avait antidaté son poème ? » Julien me donnait un autre regard réprobateur : « Et pourquoi elle aurait fait ça ? ». Je me sentais tout d’un coup terriblement las et fatiguée : « Pour me faire chanter. » Julien me regardait incrédule : « Et tu crois qu’un juge croirait une histoire pareille ? » J’haussais mes épaules et soupirais : « Non, mais peut-être qu’il devrait. » Puis changeant de ton je demandais ce qui allait être la suite.

Julien, soulagé par ce changement de ton, me regardait dans les yeux, et, prenant une figure compatissante me répondait en soupirant : « Rien de bien je crains. Tu vas être condamnée pour viol selon l’article 375 du code pénal : « Est réputé viol à l’aide de violences tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit et par quelque moyen que ce soit, commis sur la personne d’un enfant qui n’a pas atteint l’âge de quatorze ans accomplis. Dans ce cas, la peine sera la réclusion de quinze à vingt ans. »

Je croyais m’évanouir : 15 à 20 ans ! Je mettais ma figure dans mes mains et l’horreur de la situation devenait de plus en plus claire : « Je pourrai voir mes enfants ? Ils pourront me visiter ? »

Julien soupirait de nouveau : « Dans le dossier il y a aussi le procès-verbal de ton escapade à la mer avec tes enfants. Y compris la déclaration de ta fille de 9 ans que tu y partageais ton lit avec elle, et la déclaration des policiers qu’ils vous ont trouvés tous presque nues en plein jour. Dans le contexte global il y a une bonne chance que tu seras déchue de tes droits parentaux. »

De nouveau je poussais un cri : « Ooh non ! Ce n’était pas comme ça. Quelle horreur. Je n’en peux plus. Je peux aussi bien me suicider. » Les larmes coulaient par mes joues et je sanglotais doucement.

Lucien prenait ma main et quand je m’étais un peu calmée il reprenait la parole sur un ton grave : «Il y a peut-être un moyen pour éviter tout ça. C’est une idée que l’avocat de ton mari m’a présentée, mais comme ton avocat je dois te la déconseiller vivement. C’est une proposition ignoble. »

Je répondais que j’étais prêt à tout pour éviter de passer le restant de ma vie en prison et de ne plus jamais revoir mes enfants. Julien hochait la tête pour dire qu’il comprenait mais continuait : « Laisse-moi d’abord t’expliquer l’idée et puis j’essaierai de te convaincre de ne pas l’accepter. »

C’est ainsi que j’apprenais que mon mari proposait de me faire déclarer « mineur prolongée ». En bref cela revenait à que les charges contre moi seraient classées sans suite, que je rentrerais à la maison mais que je serais considérée comme mineur, sous la tutelle de mon mari.

Evidemment ce n’était pas aussi simple que ça. C’était un non-sens médicale et à première vue juridiquement impossible. La minorité prolongée est réservé aux handicapés mentaux sévères, handicap déclaré à la naissance ou un peu plus tard. Avec mon diplôme universitaire, mes emplois divers et ma vie sociale normale, je ne qualifiais pas vraiment.

Mais Julien m’expliquait que mon mari et son conseiller avaient l’air d’avoir bien réfléchis. La procédure est très simple, il n’y a pas de vrai examen, seulement un rapport médical et des témoignages, entre autre par la personne concernée. Si tout le monde collaborait cela marcherait selon eux.

Je réfléchissais. En toute évidence il y aurait des faux-témoignages et le procureur, qui verrait son affaire de pédophilie torpillée de cette façon, pourrait quand-même faire condamner tout le monde pour parjure, faire annuler ma minorité prolongée et me poursuivre quand même pour viol sur mineure ?

Julien hochait la tête : « Oui, bien sûre. » Il posait une seconde et puis continuait mais sur un ton hésitant comme s’il avait peur de ma réaction : « Sauf que Farah retirerait sa déclaration. Elle dira qu’elle a tout inventé. » Je le regardais incrédule, mais il continuait : « Tout le dossier du procureur repose sur le témoignage de Farah et son poème. Si elle rétracte il n’y a plus rien. Peu probable que le procureur essaierait de faire revoir ta minorité prolongée puisqu’alors tu échapperais à toute peine et tu serais complètement libre. »

Pour la première fois depuis que j’avais été convoqué par le juge d’instruction j’avais un peu d’espoir. Est-ce que cela pouvait être tellement simple ? Mais à ce moment je pensais à la photo. Comment était-elle arrivée à la justice ? Julien expliquait qu’elle était arrivée chez le procureur par courrier accompagné d’une lettre anonyme.

« Qu’est-ce qu’elle disait ? »

« Elle était toute courte. Donnant ton identité et celle de Farah en précisant que la dernière était mineur. Pour le reste la personne qui l’avait envoyé se limitait à dire qu’il trouvait que c’était son devoir civique de l’envoyer »

Je soupirais : « Manu ! C’est Manu qui l’a envoyé. Il doit vraiment me haïr. »

Puis je terminais ma pensée : Si Manu verrait que j’échappais à une condamnation il dénoncerait la procédure de déclaration de minorité prolongée comme une fraude.

Julien réfléchissait une minute : « Ce n’est pas sûre. Tu disais qu’il aime te voir humilié ? Si tu pars pour le reste de ta vie en prison c’est fini pour lui. Mais il devrait adorer l’idée de te voir soumise au contrôle de quelqu’un pour le restant de ta vie. Il pourrait même te visiter pour te voir humilié. Je suis sûre que si l’avocat de ton mari l’approche il sera vite convaincu.

Je réfléchissais et puis rétorquais qu’il y aurait toujours la photo et ma propre déclaration. A quoi Julien, comme bon avocat du diable, rétorquait que la photo, bien que compromettante, ne prouvait pas qu’il y avait eu pénétration si Farah prétendait avoir tout inventé. Et en ce qui concernait ma déclaration je pouvais aussi la rétracter.

Je réfléchissais : « Et pourquoi Farah ferait ça ? »

« L’avocat m’a simplement dit « Qu’elle aura ses raisons. ». De l’argent je suppose. Jérôme doit lui payer gros. »

Ma surprise grandissait par minute : « Et pourquoi il ferait ça ? »

« Pour protéger sa famille du scandale. C’est ce que son avocat m’a dit et cela me parait logique. Jusqu’à maintenant il n’a eu aucun écho dans la presse mais cela changerait s’il y avait un procès. »

Il posait de nouveau une fraction de seconde puis il continuait. « Mais je ne crois pas que c’est son unique raison. Je crois qu’il veut se venger. Et c’est pour ça que tu ne peux pas accepter cette proposition. »

Je répondais que ces motivations m’étaient égales. Que si de cette manière j’éviterai la prison et je pourrais continuer à voir mes enfants le reste n’était pas important.

Julien devenait visiblement préoccupé. Il me priait de ne pas prendre des décisions trop vite, de l’écouter d’abord. J’acceptais en haussant les épaules.

Julien m’expliquait que je devais réaliser que c’était une mesure quasi irrévocable. La loi prévoyait une procédure de révision mais puisque je pourrais seulement entamer une procédure avec l’accord de mon tuteur, c’est-à-dire Jérôme, accepter de me faire déclarer mineur prolongée voulait dire que je le serai aussi longtemps que Jérôme le voudrait, c’est-à-dire probablement pour toujours. Par contre avec une condamnation pour viol, même si j’étais condamnée à la peine maximum, je serai libre dans une dizaine d’années. Je n’aurai pas encore 50 ans, mes enfants seraient des jeunes adultes, je pourrais renouer contact avec eux, et je pourrais encore avoir une seconde vie. Mais si j’acceptais la proposition de mon mari dans 10 ans je dépendrai toujours de lui.

Je haussais les épaules. La prison me faisait horriblement peur et en plus j’avais trop honte et donc tout me paraissait mieux qu’un procès public. Moi aussi je voulais éviter le scandale, pour moi-même mais aussi pour mes enfants. Je regardais Julien et lui répondais que j’acceptais la proposition de Jérôme. Julien essayait encore de me faire changer d’idée mais je l’interrompais : « C’est tout décidé. Explique-moi plutôt comment cela va se passer pratiquement. » Julien soupirait mais puis se mettait à m’expliquer les pas suivants.

Une demi-heure plus tard on regagnait la maison de Manu ou, à la grande déception de ce dernier, Julien annonçait qu’il m’emmenait avec lui.

Il m’installait dans un hôtel en face de son cabinet et le lendemain déjà j’avais rendez-vous avec un médecin dans ses bureaux. Avant l’entretien Julien me donnait un test de QI à remplir, mais en même temps il me donnait un exemplaire déjà remplie en disant que je devais suivre cet exemple. Plus tard, au moment de paraitre devant le juge, j’apprendrais que le résultat indiquait un QI de 55, – ce qui équivaut plus ou moins à un enfant de 8 ans. Je me demandais si le médecin savait que j’avais falsifié mes réponses mais décidait que ce n’était pas important. Il s’adressait à moi comme à un enfant en bas âge et je jouais le jeu. Ce qui m’était rendu facile par la façon dont les questions étaient posées, suggérant à chaque fois la « bonne » réponse.

Il commençait par m’annoncer que si je travaillais bien j’aurais droit à un bonbon. J’étais trop surprise par cette entrée en matière pour réagir et donc il enchainait : « Je suis sûre que t’aimes les bonbons, non ? » A quoi j’avais réagie par un timide « oui », ce qui me valait la question suivante « Je suis sûre que tu préfères les bonbons aux épinards, non ? » Ayant compris le mode de travail je répondais par un oui plus firme. Après les questions devenaient un peu plus intéressantes, et à certaines occasions il me montrait des images auxquels je devais réagir, mais toujours aidé par des questions suggestives. Tout l’entretien ne durait pas plus qu’une bonne demi-heure. Je n’ai jamais connu le contenu du rapport sauf le compte rendu faite lors de la séance au tribunal. Il semblait avoir appris beaucoup de choses sur moi en très peu de temps.

L’audience au tribunal se passait une dizaine de jours après. En attendant je logeais à l’hôtel – aux frais de Jérôme – et profitais de ma liberté que je savais de courte durée. Pendant cette période je m’informais davantage sur le statut de « minorité prolongée ». C’était bien plus grave que ce que j’avais compris.

Tout d’abord je lisais que la loi prévoyait le statut de minorité prolongée pour « les personnes qui, en raison d’un retard mental grave, étaient et resteraient incapable de s’occuper d’elles-mêmes et de gérer leurs biens. L’arriération mentale doit être la seule cause ou la cause principale de l’incapacité. Cette incapacité ne peut pas être temporaire. »

Lucien me l’avait bien précisée mais le voir imprimé me donnait quand même un choc. Et la continuation de mes lectures n’était point plus rassurante.

« Un retard mental grave signifie un état de déficience mentale présent à la naissance ou qui a débuté dans la petite enfance, caractérisé par un manque de développement de l’ensemble des capacités intellectuelles, affectives et volitives.  La mesure de minorité prolongée peut être prise pour une personne majeure, s’il est établi que cette personne se trouvait, quand elle était mineure, dans les conditions déterminées pour la minorité prolongée. »

« La personne doit être incapable de s’occuper d’elle-même et de gérer ses biens. Savoir gouverner sa personne consiste à savoir apprécier ce qui est bon pour soi. »

« Si le tribunal décide de la minorité prolongée, la personne protégée se retrouve dans la situation dans laquelle elle était lorsqu’elle avait moins de 15 ans, c’est-à-dire soumise à l’autorité parentale de ses père et mère, ou d’un tuteur. »

En plus le statut de minorité prolongée est « public ». Il y a une mention dans les registres de la population de la commune avec indication de l’identité du tuteur et une mention sur la carte d’identité de la personne protégée. Je ne pourrais plus voter, ni conduire une voiture, ou même plus aller à des séances de cinéma réservées aux adultes. (En théorie au moins puisque personne n’allait contrôler ma carte d’identité à l’entrée d’un ciné.) Je réalisais que je ne pourrais absolument plus rien faire sans être assisté par Julien (puisqu’il serait désigné comme tuteur). Je ne pourrais même plus sortir de la maison sans autorisation.

Si je commençais à avoir des doutes l’idée de passer des longues années en prison et de provoquer un scandale qui allait impliquer toute ma famille, me convainquait de continuer sur la voie choisie.

L’audience au tribunal était également étonnamment courte.

Elle commençait par la présentation du rapport du médecin par l’avocat de Jérôme.

Après avoir établi que j’avais l’intelligence cognitive d’un enfant de 8 ans le rapport précisait que mon intelligence émotionnelle était plutôt celle d’un enfant de 5 ans. Si je comprenais en général ce que je pouvais faire et ce qui n’était pas permis je n’avais pas assez de contrôle de soi pour m’empêcher de faire les choses défendues. Comme si je pensais « si ça me fait sentir bien ça doit être bien »

Comme beaucoup d’enfants de cet âge j’avais des tendances exhibitionnistes et une curiosité pour mon propre corps et celui des autres (Je me souvenais que le médecin m’avait fait dire qu’un de mes jeux préférés était de jouer au médecin)

J’étais impulsif et complètement égocentrique, ignorant ce que les autres pouvaient bien sentir, devenant enragé quand je n’obtenais pas ce que je voulais. Mais avec le temps j’avais appris à imiter les comportements des adultes, y compris à dissimuler mes colères.

Comme toutes les personnes souffrant d’un retard mental j’avais des difficultés de communication, de concentration, de mémoire, et je manifestais une rigidité mentale et un manque de compréhension moral et des conséquences de mes actions. Et finalement j’étais très influençable et vite à accepter les opinions des personnes à autorité. Cherchant à les plaire souvent je répondais leurs questions dans le sens que je croyais qu’ils voulaient.

Bien que c’était plus ou moins à quoi je m’étais attendu écouter ce rapport en présence de mon mari et de mes parents, sans que personne ne protestait, était horriblement humiliant. Même sachant que toutes les personnes présentes, sauf le juge et le personnel administrative du tribunal, savaient que tout était faux.

Et puis c’était le tour aux témoignages.

D’abord mes parents. Que ma mère ait été disposée à participer à ce cirque ne m’avait pas surprise. Très traditionnelle, elle trouvait que la place d’une femme et mère de famille était à la maison. Elle c’était opposée à mes études et avait toujours fortement critiqué chaque job que j’avais eu. Maintenant elle avait le moyen de me condamner à rester à la maison. Mon père par contre avait toujours été fier de mes succès et avait regretté que j’aie abandonné mon job comme chercheuse universitaire. Mais qu’il participait néanmoins à mon humiliation n’aurait pas dû me surprendre puisque lui aussi avait horreur du scandale et était prêt à tout pour protéger sa bonne réputation et celle de sa famille.

Leur témoignage, bien qu’un grand mensonge du début à la fin, était d’une simplicité efficace : Ils c’étaient rendu compte qu’il y avait un problème avant mon premier anniversaire. Après avoir eu la confirmation médicale ils avaient choisi de garder mon handicap secret et avaient donc optés pour une éducation privée à la maison. Et ils avaient mis énormément d’effort à m’apprendre à dissimuler mon handicap en imitant le comportement des adultes.

Ils m’impressionnaient par la façon, sans aucune hésitation, qu’ils délivraient leur témoignage et répondaient aux questions du juge.

Surtout quand mon père rentrait dans des détails mensongers en me regardant, j’avais les larmes aux yeux. Il expliquait que, malgré les apparences, ma façon de comprendre les mots communs, étaient au niveau d’un enfant de 8 ans. Je ne comprenais pas le monde autour de moi : je ne comprenais pas la fonction du système digestif par exemple, ou le levé et le coucher du soleil, ou pourquoi on devait mettre des timbres sur des lettres. Mes capacités de calcul étaient limitées à l’addition et la soustraction, ou je m’aidais de mes doigts.

Après c’était le tour à Jérôme et je me demandais comment il allait expliquer le fait qu’il c’était marié à une arriérée. Si le témoignage de mes parents fut simple et efficace celui de Jérôme fut génial et témoignait de beaucoup d’imagination

Il expliquait comment, comme ami de la famille (sic), il m’avait connu dès mon enfance. Il avait toujours eu beaucoup de sympathie pour moi et, ne voulant pas accepter mon handicap comme quelque chose d’incurable, m’avait toujours motivé à apprendre des choses et à m’améliorer. Quand j’étais devenu une jeune, et joli, adolescente, il était tombé amoureuse de moi mais avait cru que c’était un amour impossible. Il était parti à l’étranger et ne m’avait plus vue pendant plusieurs années. A son retour j’étais devenu une jeune femme ravissante et, aveuglé par son amour, il avait eu l’arrogance de penser que sous son influence je pourrais encore évoluer et mener une vie normale. Il avait donc demandé ma main à mes parents, qui avaient été ravi.

Hélas très vite il avait compris que je n’étais pas capable de mener une vie normale. Et après la naissance de notre dernier enfant j’avais même commencé à régresser. Il n’osait plus me laisser seule et avait donc engagé une personne pour l’aider avec les enfants et en même temps pour veiller sur moi en permanence.

Si dans la vie de tous les jours cet arrangement fonctionnait à la satisfaction de tout le monde, juridiquement la situation n’était pas claire. C’était pourquoi, en concertation avec mes parents, il avait entamé la procédure pour me déclarer « mineur prolongée ». Et vue l’âge de mes parents il demandait d’être nommé tuteur.

Bravo !

Après le témoignage de Jérôme le juge demandait à Julien si j’étais prêt à témoigner à mon tour. Puis le juge, s’adressant à moi comme à un enfant, me disait qu’il voulait me poser quelques questions et demandait si j’étais d’accord.

Jérôme m’avait préparé pour cet interrogatoire en m’instruisant de répondre toujours par des simples oui et non, même à des questions ouvertes, ou par « je ne sais pas ». Seulement quand le juge me demanderait mon nom je pourrais lui donner mon prénom.

Comme première question le juge demandait en effet mon nom à quoi je répondais clairement : « Je m’appelle Martine ». Mais puis il demandait mon âge à quoi je répondais par « Oui ». Etonné le juge demandait si je connaissais mon âge et je répondais par un autre oui. Le juge insistait : « Alors tu veux bien me le dire ? » A quoi je répondais de nouveau par oui.

Le juge, fort étonné, regardait les autres personnes : « Elle connait quand même son âge je suppose ? » Jérôme était le premier à réagir : « Bien sûre M. le juge mais elle est impressionnée par l’environnement et la présence de personnes qu’elle ne connait pas et alors elle perd tous ces moyens. »

Le juge me regardait quelques secondes et puis continuait son interrogation mais en faisant attention à poser des questions plus fermées auxquels je pouvais répondre par des oui ou des non.

– Tu as 38 ans ?

– Oui

– Tu habites dans une grande maison avec ton mari et tes enfants ?

– Oui

– Tu as combien d’enfants ?

– Je ne sais pas

– Tu as 3 enfants ?

– Oui

– Ah oui ? Je croyais que tu avais 2 enfants ?

– Oui

– Qu’est-ce que tu veux dire ? Tu dis que tu as deux enfants ?

– Oui

 

Je juge me regardait de nouveau pendant quelques secondes et puis disait qu’il n’avait plus de questions pour moi.

Changeant de ton il s’adressait aux autres en annonçant qu’il croyait qu’en effet le statut de minorité prolongée le paraissait indiqué. Puis, en m’ignorant complètement, il continuait à questionner mes parents, mon mari et mon avocat sur le choix de Jérôme comme tuteur plutôt que de confirmer mes parents dans leurs rôles parentaux.

Etourdie par la décision rapide sur mon sort je ne suivais plus pendant plusieurs minutes. Quand je faisais à nouveau attention j’entendais le juge s’adresser à Jérôme en disant que mari et femme avaient des rapports qui n’étaient pas permis entre un tuteur et sa protégée mineure.

 

Jérôme, qui manifestement c’était attendu à cette remarque, répondait vivement : Evidemment nous n’avions plus de relations de mari et femme depuis des nombreuses années. Plus précisément depuis ma régression après la naissance de Renée il ne pouvait plus imaginer avoir ce genre de relation avec moi. Et il savait que si j’étais déclarée mineure prolongée avoir des relations avec moi serait un acte criminel.

 

Le juge avait l’air de réfléchir quelques minutes puis s’adressait à mon avocat et demandait s’il avait encore quelque chose à dire à quoi Julien répondait qu’il n’avait plus rien à ajouter. Le juge regardait l’assemblé : « Alors, puisque toutes les personnes impliquées sont d’accord, je nommerai monsieur comme tuteur. Vous aurez le jugement dans 2 ou 3 jours. La séance est levée. »

 

Pendant que le juge quittait la salle Julien se tournait vers moi et disait, sur un ton délibérément neutre : « Voilà c’est fait. »

Surprise par la simplicité et la rapidité de la procédure je réagissais : « En effet. Et maintenant ? »

Lucien me répondait que c’était une bonne question et en m’instruisant de l’attendre il se dirigeait à l’autre bout de la salle ou Jérôme et son avocat conversaient. Pendant que je le regardais s’éloigner je voyais que mes parents venaient vers moi. Cela faisait plus d’un an que je ne les avais plus parlé et je n’avais pas envie maintenant non plus, mais je ne pouvais plus les éviter.

 

Ma mère se penchait vers moi, m’embrassait sur la joue, tout en disant : « T’as bien fait ma chérie. C’était la meilleure solution. » L’hypocrite !

« Ah oui ? Pour qui ? »

« Pour tout le monde. Pour toi aussi. Jérôme et Françoise prendront bien soin de toi, tu peux être sûre. »

J’avais pensé au rôle que Françoise jouerait dans cette masquerade mais avait toujours chassé cette idée de ma tête. Penser à cet imposteur m’enrageait. Heureusement qu’à ce moment je voyais que Julien revenait vers moi et me levant, j’allais à sa rencontre, laissant mes parents en plan.

 

Lucien m’expliquait que bien que le jugement n’était pas encore officiel Jérôme était prêt à me laisser rentrer : « Si t’es d’accord tu peux rentrer encore aujourd’hui. »

« Si je suis d’accord ? Je n’ai quand même plus rien à dire ? » je demandais sur un ton sarcastique. « Aussi longtemps que le jugement n’a pas été assigné aux partis concernés et à la commune, tu gardes tout tes droits. »

A ma question combien de temps cela allait prendre il me répondait qu’en général cela allait vite, pas plus qu’une semaine.

J’hésitais. Une dernière semaine de liberté était fort tentante mais en même temps j’avais hâte de retrouver mes enfants. En plus j’étais fatiguée et puisque les dés étaient jetés je pouvais aussi bien commencer ma nouvelle vie toute suite. Je continuais à évaluer les pours et les contres des deux options quand Lucien ajoutait une information qui rendait la décision inévitable : Jérôme n’allait plus payer l’hôtel.

Je souriais à mon avocat : « Ah je vois. Mon accord n’est déjà plus nécessaire, on m’oblige. » Julien faisait comme il n’entendait pas mon ironie et me proposait de me conduire chez moi, en passant d’abord par l’hôtel pour chercher mes affaires, ce que j’acceptais.

 

Une heure plus tard je sonnais à la porte de ma maison accompagnée de Julien qui tenait mon sac à la main. Françoise ouvrait et me donnait un grand sourire : « Ah te voilà. Je suis tellement contente que tu sois de retour. » Elle voulait m’embrasser mais je tournais la tête. Françoise ignorait ce geste et s’adressant à Julien le remerciait pour m’avoir conduite à la maison et prenait le sac de sa main.

Julien, surpris par cette façon d’être congédié immédiatement sans être invité à rentrer, hésitait une seconde, puis me tendait la main : « Bonne chance Martine. Si jamais je peux t’aider appelle moi. »

 

Quand la porte était fermée dernière lui Françoise prenait mes deux mains dans les siennes : « Je suis tellement contente que tu sois de retour à la maison, dans ta famille. Tout ce temps t’as dû te sentir tellement seule. Et tu m’as fortement manqué ma chérie. »

Elle paraissait tellement sincère que son geste et ces paroles m’émouvaient. Les derniers mois j’avais été abandonné et trahi par toutes les personnes que j’aimais et Françoise était la première personne à manifester son amour pour moi depuis longtemps. Cette manifestation d’affection et le fait de me retrouver dans ma maison m’émotionnaient fortement. Les sentiments refoulés de tous ces mois faisaient irruption et je me mettais à pleurer à grand sanglots.

Françoise me prenait dans ces bras et me laissait pleurer un bon bout, en me caressant doucement les cheveux. Quand finalement je me calmais elle m’emmenait vers la cuisine ou elle me faisait m’asseoir et me servait à boire.

 

Elle m’assurait que mon cauchemar était terminé, que j’étais en sécurité maintenant. Je hochais la tête et chuchotait : « Je sais, je sais. »

Voyant que j’étais fatigué et prêt à tout accepter elle en profitait pour confirmer nos nouveaux rôles. Prenant de nouveau mes mains dans les siennes elle expliquait que maintenant elle était la compagne de Jérôme et par ce fait en charge du ménage. Que je devais donc l’obéir autant que je devais obéir Jérôme, mon tuteur. Je hochais la tête, et quand Françoise demandait si j’avais bien compris je murmurais que oui, je ferai tout ce qu’elle demandait.

 

Satisfaite de ma réaction Françoise changeait de registre et sur un ton joyeux elle annonçait que Jérôme nous attendait dans son bureau, mais que je devrais d’abord me changer en « quelque chose plus approprié à mon âge. »

Je croyais que c’était une blague et j’appréciais ce geste puisque tout est tellement plus facile à faire passer avec un peu d’humour. Je la regardais donc avec un grand sourire mais ne voyant aucune signe d’humour sur son visage je comprenais qu’elle était sérieuse.

Cela me faisait sourire davantage. Amusée et curieuse en même temps je me levais : « Je suis curieuse de voir ce qui est de mon âge. »

 

Françoise, ignorant de nouveau mon ironie, répondait qu’elle avait tout préparé sur mon lit. Pour monter l’escalier Françoise me prenait par la main et je la laissais faire. Elle m’expliquait le nouvel arrangement des chambres : Elle-même partageait la chambre matrimoniale avec Jérôme (ce n’était pas une surprise), Antigone occupait l’ancienne chambre des invités, Emmanuelle celle de Renée, et Renée et moi allions partager l’ancienne chambre de Antigone et Emmanuelle. (Salvador dormait toujours au second étage, dans une grande chambre mansardé sous le toit).

 

J’étais sur le point de demander s’ils n’avaient pas peur que j’allais violer la petite mais je me retenais. L’idée de partager la chambre avec mon petit ange de 5 ans m’enchantait.

 

La chambre était maintenant aménagé de manière joyeuse, décorée avec des dessins d’ours, lapins et chats et un grand arc-en-ciel tout en couleurs pastels. Il y avait des lits jumeaux sur un desquels je voyais étalée des vêtements. Il s’agissait d’une jupe écossaise courte, un chemisier blanc à jabots, et un cardigan vert avec des chaussettes hautes assorties. Je souriais. Sans faire des commentaires je me changeais. J’étais très consciente, et fière, que je ne paraissais pas mes 40 ans, et qu’une mini-jupe allait mettre en évidence mes longues jambes, qui malgré mon âge, paraissaient à des jambes d’une jeune fille. Une fois habillé Françoise arrangeait mes cheveux dans une queue de cheval et quand je me regardais dans le miroir j’étais surprise. J’avais un aspect juvénile, même enfantin, mais je me trouvais sexy en même temps. Si cela était leur façon de m’habiller « en accord avec mon âge » je n’allais pas protester.

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Quand Françoise et moi entrâmes dans son bureau, Jérôme, assis derrière sa grande table imposante, levait les yeux.

« Chérie, regarde qui est arrivé ! »

« Ah, te voilà ! Bienvenu de retour à la maison ! »

Il me regardait de haut en bas sans la trace d’un sourire. Tout d’un coup je me sentais exposé et vulnérable avec ma petite jupe enfantine.

« Tu ne me donnes pas de bise ? »

Françoise me poussait un peu en avant et je m’approchais de mon mari. Il présentait sa joue et, me penchant en avant, je l’embrassais.

Personne ne paraissait savoir quoi faire après et un petit silence gêné s’installait. Jérôme était le premier à reprendre la parole en s’adressant à sa campagne :

« Chérie, pourquoi tu ne lui montres pas la chambre qu’elle va partager avec … »

Je l’interrompais : « Françoise m’a déjà montré ma chambre. »

Il se mettait debout : « Martine, les enfants n’interrompent pas les adultes quand ils parlent. »

Je ne croyais pas mes oreilles, mais je n’étais pas à la fin de mes surprises. Loin de là.

Il enchainait : « Et nous voudrions que tu nous appelles papa et maman. »

 

J’étais sidéré. Ils étaient complètement fous ? Surtout que nos enfants avions toujours appelés Jérôme et moi par nos prénoms. Stupéfaite je regardais de l’un à l’autre. C’était Françoise qui continuait : « Oui tu verras il y a eu quelques changements de règles ici. Tes sœurs et ton frère nous appellent aussi papa et maman maintenant. Et tu verras cela t’aidera beaucoup à trouver ta nouvelle place dans la famille. »

 

Elle voulait me prendre par la main mais je refusais. Je me tournais vers Jérôme :

« Et qu’est ce qui se passait si je refusais ? »

« Tu serais punie. »

 

Je croyais que j’hallucinais. Ma vie entière était une punition. Qu’est-ce qu’ils croyaient encore pouvoir trouver qui allait me toucher ? Je faisais un grand sourire : « Me punir ? Et comment ? »

 

Jérôme n’hésitait pas une seconde : « Te priver de télévision, de diner, d’ordinateur par exemple »

Et Françoise enchainait : « Ou je te mettrai au coin, c’est encore toujours une punition efficace pour des petits enfants. Et si tout ça n’est pas suffisant il nous reste toujours une bonne fessée. »

 

Je ne tenais plus et éclatais de rire et regardait les deux d’un air défiant : «Ah je vois.  Maintenant j’ai peur. »

Jérôme s’approchait d’un pas : « Martine, écoute moi bien ! Si tu ne peux pas, ou ne veux pas, t’adapter à ta nouvelle situation on devra t’envoyer dans un institut. Le Dr Petit, celui que t’as rencontré et qui a fait le rapport pour le juge, tient un institut pour des personnes comme toi, et il serait ravi de t’accueillir. »

 

Mon amusement et ma défiance disparaissaient comme de la brume pour le soleil, pour faire place à un sentiment de panique. Quand Françoise reprenait ma main et me conduisait hors du bureau de Jérôme je ne résistais plus.

 

  • A suivre –

Le double tabou 2

 

 

Vous trouverez les chapitres précédents  dans le “topic” « Tabou » en ordre renversée, le premier chapitre se trouvant tout à fait en bas.

Ou vous pouvez directement trouver le lien vers le premier chapitre dans la page « Index », et puis les liens vers les chapitres suivants chaque fois à la fin d’un chapitre.

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Chapitre 2

Une des choses qui me fascinaient chez Farah était le fait qu’elle n’avait pas d’âge. A notre première rencontre elle avait eu 13 ans mais elle m’avait parue une jeune adulte. Non seulement à cause de sa grande taille mais aussi par la façon qu’elle se tenait et se comportait. Plus tard, quand nous faisions l’amour, ou quand elle se promenait toute nue dans mon bureau, c’était aussi une féline adulte, malgré le fait que son corps n’était pas encore tout à fait formé.

Mais une demi-heure plus tard quand elle jouait aux perles avec les petites, portant un petit tablier au-dessus d’un petit short et des chaussettes, elle paraissait plus jeune que ma fille de 11 ans, avec toute l’insouciance d’un enfant.

 

A d’autres moments, habillée BCBG avec un pull sur une jupe écossaise et des bas, elle paraissait exactement la très jolie adolescente qu’elle était, fière et sure d’elle.

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Mais la nuit quand elle s’allongeait sur son lit pour que je lui mette sa couche, elle était une toute petite fille vulnérable, cherchant le confort et la sécurité maternelle.

Nous continuons à profiter de nos mercredis après-midis dans notre nid d’amour. Et en quittant ce lieu sûr nous étions encore tout excitées et prenions de plus en plus de risques. Nous prenions l’habitude de nous tenir les mains en dessous de la table en présence des autres et ne pouvions pas résister à l’envie de nous caresser et de nous embrasser quand nous croyions que les autres ne nous regardaient pas.

Aujourd’hui cela me parait incroyable que personne ne remarquait rien à l’époque. Les enfants étaient probablement trop jeunes et innocentes. Et Jérôme et Françoise étaient trop occupés à eux deux. Parce que, oui, ils étaient maintenant clairement amoureux et eux aussi avaient du mal à cacher leur jeu. Ce que, je dois avouer, je faisais semblant de ne pas voir.

Si les mercredis étaient le paradis, et que les autres jours de la semaine j’étais contente parce que j’avais l’occasion de voir mon amour – parfois seulement pendant quelques minutes le matin mais suffisamment pour échanger quelques baisers et caresses ce qui me remplissait d’assez de bonheur pour faire passer toute la journée comme sur un nuage – je supportais de moins en moins les week-ends interminables sans Elle.

Les dimanches Jérôme jouait au basket avec Salvador, ou ils partaient ensemble regarder un match, pendant que Françoise s’occupait merveilleusement bien de mes filles. Et moi, triste et irritable, j’attendais le lundi matin quand j’allais retrouver mon amour. Si le fait que Françoise et Jérôme étaient devenus amants m’arrangeait, cela m’agaçait quand même. J’étais jalouse de sa relation avec mon mari, mais encore plus de sa relation avec mes filles. Pour me venger je la traitais de plus en plus comme une servante, lui donnant des ordres et faisant des remarques sur la façon dont elle faisait le ménage. Je voyais que je la blessais à chaque fois mais elle acceptait mes remarques sans broncher. Probablement qu’elle était consciente de sa situation précaire, et peut-être qu’elle se sentait aussi coupable. La voir humiliée de cette façon ne me consolait guère mais je ne pouvais m’empêcher de continuer.

De temps en temps je pouvais convaincre Farah de passer un week-end chez nous. L’avoir avec nous, un enfant parmi les autres, était magnifique. Evidemment elle n’était jamais tout à fait un enfant parmi les autres. De temps en temps elle sortait un instant de son jeu pour me jeter un regard langoureux, plein de tendresse et de séduction, me faisant comprendre qu’elle aimerait être seule avec moi, pour retourner tout de suite à son jeu.

J’essayais d’encourager la complicité entre elle et mes deux ainées en les habillant de manière  similaire, et Farah s’y prêtait volontiers.

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Mais Antigone résistait et gardait sa distance, traitant Farah avec un certain dédain, comme elle traitait ces petites sœurs, faisant comprendre que même si Farah était plus âgée, elle gardait les droits du premier né, ce que Farah acceptait sans problème.Par contre Emmanuelle et Farah devenaient des vraies copines malgré les presque 4 ans de  différence d’âge.

Et quand les ainées étaient parties pour leurs activités multiples Farah tout naturellement se mettait à jouer aux poupées avec la petite Renée. Les observer pendant qu’elles habillaient, lavaient, nourrissaient leurs poupées réciproques m’émerveillait. .

Pour aider ma protégée de retrouver encore plus son enfance perdue je demandais à Françoise, une couturière douée, de lui faire des robes sur mesure, basées sur des modèles enfantins.

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Quand elle était avec Emmanuelle Farah devenait la petite fille modèle comme j’avais espérée. J’adorais les observer quand elle jouaient cache – cache ou trainaient dans le jardin.

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Mais tout cela ne diminuait pas l’attirance sexuelle qu’elle exerçait sur moi. A ma grande honte je devais m’avouer qu’au contraire j’étais encore plus attirée quand elle portait ces petites robes courtes.

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Et évidemment le soir quand je la mettais au lit il y avait la mise du lange, moment suprêmement tendre et érotique. Elle m’attendait couché sur son dos avec ses jambes grandes ouvertes, portant une petite chemise de nuit. M’agenouillant à côté d’elle j’appliquais tendrement une crème anti-érythème. Puis je dépliais le lange et le couchait en dessous d’elle, le pliait autour de ses jambes, fixait les adhésifs, et quand tout était bien en place, je m’asseyais sur le lit, et la prenais sur mes genoux. Et pendant que je caressais son entre-jambes à travers la couche elle me donnait des bisous dans ma nuque.

Malgré le plaisir que j’éprouvais en voyant le bonheur et l’innocence retrouvés de mon amour, très vite cela m’agaçait de devoir la partager avec les autres. Les dimanches, au lieu de l’inviter chez moi, j’inventais donc des excuses pour m’échapper de la maison en fixant des rendez-vous avec Farah pour aller au cinéma ou faire du shopping ensemble. J’en profitais aussi pour continuer son éducation et l’emmenait souvent à des musées, ce qu’elle adorait.

Un jour en route pour une exposition, on passait devant un étalage de vêtements et Farah me demandait si j’aimais les vêtements exposés. Il s’agissait d’une tenue pour jeunes, très BCBG mais en même temps assez provocatrice: une jupe plissée écossaise, très courte, un jersey moulant de couleur vif, et des bas blancs au-dessus du genou. Comprenant sa question je proposais de rentrer pour l’essayer ce qu’elle acceptait tout de suite. Quand on était dans les rayons concernés elle en sortait deux tenues identiques à celle de l’étalage mais dans deux couleurs différentes. D’abord je croyais qu’elle voulait essayer les deux, mais elle me regardait avec ses grands yeux noirs, et m’entrainais dans la cabine à essayage ou elle me convainquait à également essayer la tenue.

Nous déshabiller ensemble dans la cabine nous excitait et, habillé rien que de nos sous-vêtements, nous nous embrassions long temps. Quand finalement on essayait les vêtements je me rendais compte que la jupe était ridiculement courte pour une personne qui avait presque 40 ans. En riant je communiquais cette conclusion à ma protégée et voulait enlever la jupe. Mais Farah m’arrêtait, m’assurait que j’étais trop sexy et, comme toujours, me convainquait de faire comme elle voulait. Nous appelions la vendeuse et demandaient d’enlever les étiquettes et d’emballer nos vieux vêtements qu’on avait portés en rentrant. Quelques minutes plus tard nous nous retrouvions à la rue portant nos petites jupes identiques.

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Sentant mon embarras Farah me prenait par la main et se mettait à courir en ricanant. Je n’avais pas de choix que de la suivre sentant ma jupe sauter à chaque pas. C’est ainsi qu’on arrivait à l’entrée du musée, nous tenant toujours par la main. J‘étais très conscient des regards des autres sur nous, mais ayant le cœur trop léger pour m’en soucier, et trop fière d’afficher ma relation avec cette jeune fille exceptionnellement jolie, je voulais partager notre bonheur avec le monde entier.

C’est à ce moment que j’entendais une voix familière dernière moi : « Alors en excursion scolaire le dimanche ? » Je me retournais brusquement pour me retrouver face à face avec Manu, mon collègue de l’école. En rougissant je balbutiais: « Ooh, salut, euh oui, je lui fais connaitre l’art. » Il me souriait mais cela ne me paraissait pas un sourire bienveillant. Son regard descendait vers nos mains, et je me rendais compte que je tenais toujours la main de Farah dans la mienne. Je la lâchais automatiquement mais je savais qu’il il était trop tard. Son regard passait de l’un à l’autre et il souriait de nouveau, cette fois d’une façon moqueuse : « Est ce que vous avez le même gout pour l’art aussi ? Je vois que vous aimez les même vêtements.» J’étais bouche bée n’arrivant pas à savoir quoi répondre. Voyant mon embarras il souriait une dernière fois: « Profitez-en, cela vaut le peine. L’expo je veux dire. Et à lundi à l’école alors.» Il se retournait et partait nous laissant seul avec notre désarroi.

Inutile de dire que je ne profitais pas de ma visite de musée. Farah par contre semblait avoir vite oublié l’incident et jouissait des tableaux exposés comme toujours, combinant une vue d’experte adulte avec la spontanéité et l’enthousiasme d’un gosse.

Le lundi Manu me prenait à part et, me disant à voix basse qu’il voulait me parler, me convoquait chez lui à la maison ce soir même.

Quand j’arrivais chez lui il me servait à boire et puis s’installant en face de moi, parlant sur son ton de grand frère protecteur, me disait que je devais faire attention, que je devais prendre distance de Farah, que les gens ne comprendraient pas notre relation. Son ton sincère et amical me touchait et je me mettais à pleurer. Avec les larmes aux yeux j’expliquais que c’était trop tard, que j’étais éperdument amoureuse de la belle africaine, que je ne pouvais plus me passer d‘elle.

Il me regardait comme sidéré, gardant le silence pendant des longues minutes. Puis sur un ton songeur il me demandait si j’étais consciente de ce que je risquais? Quand je ne répondais pas il continuait en disant que non seulement je risquais d’aller en prison, mais que je perdrais mon job, ma famille, mes enfants, tout.

Je murmurais que je le savais. Puis toujours en pleurs je l’expliquais que je savais aussi que ma relation avec une fille qui avait presqu’un quart de siècle de moins que moi n’avait pas de future, qu’un jour Farah me laisserait, mais qu’en attendant l’idée de ne plus la revoir, de ne plus la tenir dans mes bras, était insupportable.

Manu venait vers moi et me prenant dans ces bras essayait de me calmer : «  Ssst, je comprends très bien que tu sois tombée amoureuse d’elle. C’est une fille charmante, attachante, très désirable. C’est le danger qui guette pour chaque enseignant. Et t’as eu la malchance d’avoir eu du répondant. Les gens vont dire que t‘as profité de la vulnérabilité de la petite, mais moi je voie bien que ce n’est pas une petite fille innocente, épaté et éblouit par toi, la figure d’autorité adulte, mais que vous êtes tombées amoureuses l’une de l’autre comme deux adultes. Je le comprends très bien, parce que t’es une femme splendide, sensuelle et désirable. Mais tout ça c’est une explication, pas une excuse. Tu n’as vraiment pas de choix ma chère, tu dois rompre, sinon tu me mettes dans une position impossible car alors ce serait mon devoir de te dénoncer. »

Pendant une seconde je le regardais abasourdie, mais puis tout d’un coup je comprenais et je savais ce que je devais faire. Je tournais ma figure vers la sienne : « Manu, stp, ne me force pas à rompre avec Farah, ce serait ma mort. Je ferai tout ce que tu demandes ». Et l’empêchant de me répondre en plantant mes lèvres sur sa bouche, j’ouvrais en même temps son pantalon. Une seconde plus tard son pantalon était tombé sur ses chevilles, j’avais enlevé ma culotte, et, soulevant ma jupe, je l’avais attiré sur moi sur le canapé. Et encore quelques secondes plus tard il avait éjaculé en moi.

A partir de ce jour il m’invitait très régulièrement chez lui « pour parler ». Si les premières fois il essayait de mettre en scène un simulacre d’une relation amoureuse je le faisais comprendre que ce n’était pas le but, et très vite il trouvait du plaisir à me traiter de pute. Vu que ces exploits sexuelles étaient plutôt médiocres et courtes, il prolongeait son plaisir en me faisant m’exhibitioner habillée comme une pute, avec rien qu’un soutien-gorge en dentelle rouge, une jupe collante toute courte, des bottes en cuir noir, le tout accompagnée de lèvres aussi rouges que le soutien-gorge. Et moi, je trouvais que je méritais d’être traitée comme çà, qu’en fait j’étais une pute que me faisait payer par son silence. Et étrangement, cela m’excitait.

Quand j’arrivais chez lui il me saluait avec un « Ah la pute est là. Change-toi et sers-moi un verre, stp. » J’allais dans le chambre, me mettais en tenue, et prenait une bière du frigo que je lui apportais avant de m’asseoir sur un tabouret devant lui, avec mes jambes ouvertes, pour me caresser la chatte. S2bjr28Immanquablement il avait immédiatement une respiration lourde, se mettait à se frotter le pénis à travers son pantalon, et après à peine quelques minutes enlevait frénétiquement son pantalon, pour m’entrainer dans la chambre ou je me couchais sur le lit et il se jetait sur moi, me pénétrait et éjaculait tout de suite.

Conscient de ces défaillances viriles il compensait en me forçant à faire des choses dénigrantes. Je devais le sucer el il éjaculait dans ma bouche, il me faisait grimper à quatre pattes pour qu’il me prenne par dernière, ou il me faisait porter un petit tablier en dentelle blanche, noué dans la taille, comme unique vêtement. Parfois je prenais ma revanche en ouvrant son pantalon et en prenant sa bite en main le faisant éjaculer dans son boxer. Puisqu’il n’arrivait jamais à venir une deuxième fois ça coupait court notre séance du jour à sa grande frustration. Alors il me ré-convoquait le jour d’après et si je protestais il me faisait son petit speech expliquant qu’il était déchirée entre son amour pour moi et son devoir de me dénoncer.

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Bien que ces rendez-vous ne manquaient jamais à m’exciter j’en sortais toujours avec un immense sentiment d’insatisfaction. J’étais alors impatiente de retrouver ma belle amazone africaine, avec qui, par contre, les jeux d’amour devenaient de plus en plus une source d’immense bonheur et plaisir.

Un jour j’avais pris mon courage en main et étais rentré dans un sex-shop ou j’avais acheté un gode portable. En le présentant à ma copine de 13 ans elle s’était mise à rire nerveusement mais elle l’avait enfilé tout de suite et très vite le maniait comme une pro, me donnant les plus beaux orgasmes de ma vie. Evidemment elle voulait que je lui rende le service mais je refusais, expliquant que ce n’était pas à une vieille comme moi de lui enlever sa virginité. A quoi elle se mettait à rire tristement : « Je ne suis plus vierge depuis mes 10 ans, de ça mon oncle s’est occupé ».

Attendri je la prenais dans mes bras et à partir de ce jour nous alternions nos rôles avec le gode. J’étais fière de lui donner des orgasmes aussi forts que celles qu’elle me donnait.

Ce furent des semaines formidables. De cette période date la photo qui allait contribuer à ma chute, mais la mémoire de ce jour me réchauffe encore le cœur. C’est Farah qui avait eu l’idée de prendre ces « selfies », toutes les deux toutes nues, dans des positions amoureuses et érotiques. Et plus tard, pour une occasion dont je ne me souviens plus, elle avait imprimée une de ces photos, et me l’avait offert avec un poème très romantique et sensuel au verso, dans sa plus belle écriture de petit enfant.

Si mes rendez-vous réguliers avec Manu étaient le prix à payer pour qu’il nous dénonce pas je le payais avec plaisir Evidemment personne n’était au courant de ces rencontres, même pas Farah. Comme je l’expliquais déjà, ces rendez-vous humiliants m’excitaient, et je me disais que c’était la pénitence que je devais payer pour mes pêchés. Par contre être confrontée à Manu tous les jours à l’école, le voir venir vers moi avec son petit sourire hypocrite pour me chuchoter à l’oreille qu’il voulait « me parler » ce soir, devenait de plus en plus insupportable.

C’est à ce moment que tout à fait inattendue je recevais l’opportunité de partir de l’école. Un jeune parlementaire avec qui j’avais travaillé sur quelques dossiers dans le cadre de mon travail bénévole dans l’association de la vie privée, m’appelait. Il avait décidé de se présenter comme candidat à la présidence de son parti – s’il gagnait il serait automatiquement le candidat premier ministre pour son parti – et il voulait que je rejoigne son équipe comme responsable de la communication. C’était un politicien pour lequel j’avais énormément d’estime et de sympathie. Qu’il voulait m’avoir dans son équipe était incroyable. Je n’hésitais donc pas très long temps, même si cela voulait dire que je n’allais plus pouvoir voir mon amour tous les jours. Je démissionnais de mon job à l’école et arrêtait de travailler pour l’asbl – ce qui était incompatible de toute façon. Mais je gardais mes mercredis après-midis libres, en expliquant à l’école que je continuerais à aider Farah avec ses études, sans rémunération, ce qu’ils acceptaient avec plaisir.

Dès le premier jour j’adorais mon nouveau bouleau. C’était une petite équipe très motivée, et Philippe, mon nouveau patron, était un politicien avec un énorme charisme. Lui et moi devenions très proches, et il m’impliquait dans toutes les décisions, aussi bien tactiques que sur les prises de position de fond.

Je m’épanouissais comme jamais avant. Et Farah et moi profitions encore plus de nos moments ensembles, les mercredis après-midis, ou les week-ends, de plus en plus fréquents, qu’elle venait loger. Seul bémol était Manu, qui me convoquait maintenant par SMS : « on doit se parler ta protégée a de nouveau pas fait ces devoirs ce soir chez moi ». Je trouvais alors une excuse et le temps pour aller faire la pute chez lui.

Et puis l’été arrivait.

Manu partait pour tout l’été en vacances ce qui était un immense soulagement. Bien qu’en même temps mes rendez-vous secrets chez lui, ou il me traitait avec toute la méprise grandissante qu’il éprouvait envers moi, me manquaient. J’avais besoin de ça, pour me pardonner moi-même, pour me faire absolvez de mon comportement inacceptable.

Pendant le mois de juillet les enfants partaient à des stages, et j’avais arrangé que Farah puisse les accompagner. Pendant tout l’été ces frères étaient à des stages organisés par des associations bienveillantes et Farah était donc libre de ces charges familiales. La campagne de Philippe avait pris de la hauteur, et il montait rapidement dans les sondages, de telle façon qu’on commençait à prendre en compte qu’il puisse gagner. L’atmosphère dans l’équipe était surchargée et nous travaillions comme des fous. Tout cela arrangeait bien sûr Jérôme et Françoise, mais ça ne me dérangeait pas.

Et le mois d’aout était magique.

Comme chaque année nous avions loués une maison dans le sud pour y passer le restant des vacances avec toute la famille. Mais prenant comme excuse le surcharge de travail j’expliquais que cette année je ne pouvais pas accompagner. La seule à qui cela avait l’air de gêner était Antigone. Elle argumentait qu’avec les moyens de communication modernes je pouvais quand même travailler de là-bas. Elle avait bien sûr raison, donc j’ajoutais une autre motivation pour ne pas les accompagner: j’allais en profiter pour aider Farah à mieux se préparer pour sa première année en humanités. Elle avait fait beaucoup de progrès mais tout le monde savait qu’elle avait toujours pas mal de retard scolaire à rattraper. Antigone n’avait plus de réponse à ça, mais à la façon qu’elle me regardait, avec un mélange de colère et de pitié, je savais qu’elle voyait à travers mes excuses, qu’elle savait que la vrai raison était que je voulais être seule avec ma protégée.

J’ignorais ce nouvel avertissement et j’arrangeais que Farah logeait chez moi pendant tout le mois. En vérité je n’avais pas tellement de travail puisque tout le monde était en vacances, se reposant pour une rentrée qui allait être surchargée.

Les matins je préparais des exercices que Farah devait faire pendant que je passais au bureau. Le midi je rentrais, nous mangions, et je révisais son devoir. Dépendant de la qualité de son travail elle devait encore travailler un peu ou pas. Mais le restant de l’après-midi nous étions  libre. Je l’habillais dans des jolies robes d’été et, au début du mois au moins, nous sortions faire des promenades.

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A plusieurs reprises nous partions même pour une journée à la mer. Me promener main dans la main avec mon amoureuse, afficher publiquement ma relation avec la belle adolescente, me remplissait de fierté.

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Mais petit à petit nous préférions rester à la maison pour s’occuper  l’un de l’autre en toute tranquillité.

On adorait prendre un bain ensemble ou nous nous lavâmes réciproquement, ce qui était un jeu immensément sensuel. Avant, et en général aussi après, nous faisions l’amour. On pouvait passer des heures à se caresser, à se lécher, à s’embrasser, à se pénétrer prenant des tours avec le gode. Puis c’était l’heure de mettre sa couche ! Comme je l’ai déjà décrit, cela aussi était un moment d’une immense sensualité. Et une fois bien langée elle s’endormait dans mes bras.

Un des premiers jours, quand elle avait terminé son travail, elle avait sorti les poupées de Renée et s’amusait à jouer avec elles.

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La voyant jouer comme une gamine me fascinait et quand je la voyais langer une des poupées j’avais une inspiration soudaine. Je me levais pour chercher une couche. Quand elle me voyait arriver avec la couche en main elle souriait, et se couchait sur le dos en remontant sa jupe et ouvrant ses jambes. Bientôt elle était en couches 24 heures sur 24.

Elle comprenait que la voir en couches m’excitait et s’amusait à me provoquer.

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Mais quelques jours plus tard au supermarché mon regard tombait sur les tétines et quand arrivant à la maison je lui en présentais une, elle n’hésitait pas à la mettre en bouche, et très vite elle l’avait en bouche tout le temps.

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Chaque jour elle rentrait ainsi de plus en plus dans son rôle de petit bébé. Et évidemment je l’habillais en petite fille avec les robes courtes que Françoise avait cousues et qui  couvraient à peine sa couche.

 

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Un jour on partait même à la mer comme ça. Et elle se laissait faire. Je crois que le fait que quelqu’un  puisse  découvrir  qu’elle  portait une couche nous excitait tous les deux.

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Mais à la maison je l’habillais de plus en plus rien que d’un petit  débardeur qui couvrait à peine sa couche. Au  début elle protestait demandant de mettre “une jolie robe” . Je comprenait qu’elle trouvait que d’exposer sa couche mouillée était humiliant, mais l’humilier m’excitait encore plus et j’adorais voir sa couche sale dépasser de sa « jupe » quand elle se promenait dans la maison.

 

Et pour sortir faire des courses dans le supermarché du quartier, je l’enfilais vite un petit short ou un legging au-dessus de sa couche. Si quelqu’un aurait fait attention il aurait sans doute remarqué qu’elle portait une couche. Etre “détectée” par une personne qui me connaissait aurait été bien embarrassant mais nous étions tellement dans notre petite vie à nous, qu’on n’imaginait même pas que quelqu’un puisse nous regarder. Ou est ce que je continuais à  défier le sort?

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Pour notre dernière excursion je décidais de faire une randonnée à la campagne. Je lui mettais un petit short d’enfant qui ne couvrait pas sa couche, et un t-shirt. Pendant la promenade chaque fois qu’on croisait d’autres promeneurs elle  prenait ma main et avec sa main libre tirait son shirt vers le bas pour s’assurer qu’on ne voyait pas sa couche. Cela m’amusait et pour la taquiner je l’arrêtais et enlevait son t-shirt. Elle me regardait avec des grands yeux peureux et couvrait automatiquement ses petits seins avec ses mains, ce qui m’amusait encore plus. Prenant ces mains je les baissais : « Qu’est-ce que tu caches ? Tes deux piqûres de moustiques ? »

 

Elle ne souriait pas : « Pourquoi tu fais ça ?» C’était une bonne question. Je réfléchissais une fraction de seconde : « Parce que t’es une petite fille et les petites filles font ce qu’on leur demande. Allez, cours, je te suis. » Elle me regardait et hésitait, mais puis ce tournait et se mettait en route.

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Envahi d’un drôle de sentiment je la regardais s’éloigner. La belle et fière adolescente avait disparue pour faire place à un petit bébé dépendante. Je réalisais qu’elle ferait tout ce que je lui demandais. Elle était complètement à moi, mon petit joujou, et, bien que j’en avais honte, cela m’énivrait.

A l’approche d’autres promeneurs je lui remettais son t-shirt mais en faisant un nœud sur son ventre pour que ça couche reste bien visible. Puis je l’embrassais sur le front et la prenais par la main. Quand on croisait les promeneurs, une famille avec deux enfants, je sentais la tension chez la petite. Vers la fin de la promenade le nombre de promeneurs qu’on croisait augmentait, attirant des regards curieux et amusés, mais elle s’habituait et relaxait petit à petit bien qu’elle ne lâchait plus ma main.

Une fois rentrée à la maison elle voulait se précipiter à la toilette mais je la retenais : « Tu vas faire quoi ? »

Elle me regardait étonnée : « Je vais à la toilette. »

« Tu dois faire poopoo ? »

Elle riait nerveusement : « Oui »

« C’est pour ça que tu portes une couche, non ? Les petits bébés font poopoo dans leur couche. »

Elle hésitait me regardant de nouveau avec des yeux peureux, mais puis, baissant son regard, elle se mettait à pousser et remplissait sa couche. Pour les derniers jours du mois je lui interdisais l’usage de la toilette, la forçant à faire caca dans sa couche. Elle m’obéissait à chaque fois sans oser me regarder. Après je la grondais en disant qu’elle était un petit bébé dégoutant, et l’emmenais à la salle de bain ou je procédais à enlever la couche et à  la laver soigneusement. Cela devenait une autre routine journalière, une autre excuse pour d’autres jeux érotiques en plein journée.

A partir de là elle se laissait complètement infantiliser: Je la nourrissais à la cuillère, elle buvait d’un biberon, je l’habillais et lui brossait les dents, et elle jouait comme un petit bébé avec des poupées, de coloriage ou un grand ballon.

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Elle rentrait tout à fait dans ce rôle de petit bébé, heureux et peureux à la fois. Toujours dans l’idée qu’elle récupérait ainsi l’insouciance à laquelle elle n’avait pas eu droit comme petit enfant je l’encourageais à se laisser aller. Quand je lui disais de remplir sa couche elle me regardait toujours avec des grands yeux timides et coupables mais elle faisait ce que je  demandais,  provoquant toujours chez moi se même sentiment ou honte et énivrement se mélangeaient. Je la serrais  dans mes bras : « Mon grand bébé a fait un grand poopoo? C’est bien. Viens maman va te faire tout propre.»

Mais la fin de l’été arrivait plus vite qu’attendu et espérée.

La rentrée était intense. Comme attendu à mon boulot cela se déchainait. Mais aussi pour Farah et Antigone c’était une rentrée spéciale puisqu’elles changeaient d’école pour commencer les humanités. J’avais convaincue Farah de demander à ces parents de l’inscrire dans la même école qu’Antigone. Puisque c’était une école ou le port d’un strict uniforme était obligatoire j’avais proposé de payer l’uniforme de mon amour. Et elles étaient toutes les deux ravissantes dans leurs petites jupes plissées, chemisiers blancs, et bas blancs ou gris. Farah choisissait de porter toujours des bas blancs sachant quelle tranchaient merveilleusement bien avec ces jambes brunes foncées.

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Les mercredis après-midis elle venait toujours à mon bureau dans le fond du jardin pour travailler ensemble, et pour faire l’amour … J’adorais voir entrer cette magnifique écolière dans son uniforme impeccable. Mais très vite l’uniforme se trouvait sur une chaise, soigneusement plié, et elle passait le restant de l’après-midi toute nue, comme une féline sauvage. Puis, le soir, elle mettait une des robes enfantines pour regagner la maison et pour terminer la journée en jouant avec Emmanuelle ou Renée, avant de se remettre en uniforme pour rentrer chez elle.

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Manu était de retour aussi et, évidemment, me réclamait. Bien que l’idée de me faire humilier par lui m’excitait comme toujours, je n’avais vraiment plus le temps. Donc je l’appelais et expliquais que non seulement je n’avais pas le temps, mais puisque Farah n’était plus dans son école il n’y avait plus de raison de se voir pour « se parler ». En plus j’annonçais que de toute manière je ne voyais plus la petite, qu’elle c’était fatigué de moi. Je ne sais pas s’il m’avait cru mais après quelques semaines d’angoisse, je croyais le danger passé.

Je vivais dans un rêve parfait. Evidemment j’étais consciente que cela ne pouvait pas continuer éternellement, que Sarah en effet allait s’émanciper de moi. Mais cela arrivait beaucoup plus vite que je n’avais pensé, surtout après sa soumission totale pendant notre mois d’aout extraordinaire. Quand les premières fissures dans notre relation se manifestaient je n’étais donc pas préparée.

Ça commençait par des petites provocations. Quand les week-ends on faisait du shopping ensemble elle ne voulait plus acheter les habits de jeune fille BCBG que jusque-là nous adorions tous les deux, mais voulait des habits plus « ado » : des pantalons larges, type militaire, de grosses bottines, des T-shirts noir avec des dessins goths, …. Je cédais facilement et lui achetait ce genre de vêtements tout en spécifiant que je préférais quelle ne le mette pas pour venir chez nous les week-ends. Ce qu’évidemment elle faisait quand même, en se maquillant en plus.

Puis elle commençait à négliger son travail d’école. Quand je la grondais elle se défendait avec des excuses familiales : son père n’était pas rentré et elle avait dû s’occuper de ces deux frères, le huissier était venu et ils avaient saisis je ne sais pas quoi, sa mère avait eu une crise de gastrites et elle l’avait accompagnée aux urgences, … Tant de responsabilité sur des épaules si jeunes me fâchait et je proposais de venir parler à ses parents, ce qu’elle refusait catégoriquement.

Un jour, scandalisée par la façon que ma petite protégée était traitée, je décidais de les rendre une visite sans en parler à elle préalablement.

Quand j’arrivais à son adresse je me trouvais en face d’une petite maisonnette, simple, mais coquette et bien entretenue. La porte était ouverte par une belle femme svelte d’une trentaine d’années, dans laquelle je retrouvais tout de suite les traits de ma chérie. Quand je me présentais j’étais reçue avec beaucoup d’égards et d’enthousiasme. Je devais rentrer et quand le père, un grand africain, un peu plus âgée que sa femme, avec une belle allure militaire, apprenait qui j’étais il prenait solennellement mes mains dans les siennes, et me disait que cela faisait énormément plaisir de faire ma connaissance, puisqu’ils m’étaient tellement reconnaissant. J’avais changé leur fille, l’avait remis sur le bon chemin. Avec pas mal d’hyperbole il m’assurait que j’avais sauvé la vie de sa fille. Justement à ce moment la porte s’ouvrait et Farah, habillée simplement d’un jean et d’un T-shirt serrant, rentrait. En me voyant installé là dans sa maison, à boire un verre avec ses parents, un ombre passait sur son visage. Elle était enragée. Si ces beaux yeux noirs pouvaient tuer j’aurai été morte sur le champ.

L’atmosphère devenue insupportable, je m’excusais en prétendant qu’on m’attendait chez moi et les laissait seul. Une fois à la rue je devais me tenir à un poteau pour ne pas tomber. Oh la menteuse ! Sa mère n’était pas plus dépressive que moi, le père absent avec son double boulot était en train de prendre un verre chez lui en lisant un livre, et si les huissiers étaient passés ils n’avaient pas pris grand-chose !!! J’étais furieuse, jamais de ma vie j’avais été aussi déçue.

Toute la nuit je pensais à ce que j’allais lui dire, mais quand le lendemain elle m’appelait pour dire qu’elle voulait me voir, seulement entendant sa voix, je savais que je ne pouvais pas me fâcher sur elle. Elle proposait de passer chez nous avant d’aller à l’école, et je l’attendais donc dans mon bureau dans la dépendance. Quand elle rentrait dans notre nid d’amour, habillé avec la veste en jeans et la petite jupe  que je venais de lui acheter, avec des bas noirs dans des bottines, et joliment maquillé, ma bouche était cloué. Je ne l’avais jamais trouvé plus sexy.

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Je voulais la prendre là, tout de suite, ne plus parler, juste s’aimer. Mais elle me jetait un regard défiant : « C’est fini entre nous ! Tu m’as trahie. Je ne veux plus te voir. »

Mon monde s’écroulait. Pendant une fraction de seconde je ne savais plus bouger, mais quand Farah se retournait pour quitter la pièce je me précipitais sur elle et la retenait. Je m’excusais, je pleurais, je la suppliais de ne pas m’abandonner. Elle me regardait calmement mais ne réagissait pas. Je m’agenouillais devant elle et la regardant entre mes larmes, demandait si elle ne m’aimait plus un tout petit peu. Elle me regardait de haut en bas et sur un ton glacial elle répétait que je l’avais trahi et que, non, elle ne m’aimait plus. Toujours assise à genoux, la retenant par les mains, je la suppliais alors de me la laisser aimer, même si elle ne m’aimait plus.

Elle hésitait, puis haussait les épaules : « Ok, d’accord je te laisserai m’aimer. » Immensément soulagé je me mettais debout et planquais mes lèvres sur sa bouche. Elle me laissait faire, impassible, mais quand je voulais la déshabiller, elle m’arrêtait : « Ça suffit !»

Regardant sa montre elle jurait : « Merde je vais être en retard. Ils vont de nouveau me coller une rétention mercredi après-midi à cause de toi ! »

Puis se calmant, elle se tournait de nouveau vers moi : « Sauf si tu m’aides. Tu n’as qu’à faire comme si tu étais ma mère et écrire une petite note disant que j’étais malade. ». Elle me souriait – oh qu’elle bonheur, elle me souriait – : « Tu veux bien faire ça pour moi, non? Puisque tu m’aimes?» Honteusement je hochais la tête : « Oui, bien sûr mon amour. »

C’est seulement à ce moment que je me rendais compte qu’elle ne portait pas son uniforme, et qu’elle n’avait eu nullement l’intention d’aller à l’école. Mais je ne voulais pas la contrarier plus, et je me mettais à mon bureau pour écrire la note. Quand je demandais si elle avait un exemple de l’écriture de sa mère elle haussait les épaules, en disant que son école ne connaissait pas son écriture. J’écrivais la petite note, la première d’une longue série que j’allais écrire au nom de sa mère.

A partir de là notre relation changeait complètement. Maintenant c’était elle qui tirait les ficelles, qui était le maitre du jeu. M’ayant vu la supplier à genoux lui avait fait prendre conscience de son pouvoir et elle n’hésitait pas à l’utiliser.

Chaque fois que je voulais la voir je devais la supplier, et, très vite, je devais la payer pour passer un peu de temps avec elle.

On se rencontrait quelque part dans un coin de station de métro, et elle se laissait embrasser et caresser. Si elle avait envie elle me rendait mes baisers et caresses, mais le plus souvent elle se laissait tapoter sans réaction, attendant impatiemment que je m’arrête. Elle ne venait presque plus jamais chez moi dans mon bureau. Mais quand j’arrivais à la convaincre de venir, moyennant un payement supplémentaire évidemment, elle faisait l’amour d’une manière passive, sans aucune passion.

Elle ne faisait plus jamais ces devoirs, et quand je lui avertissais qu’elle allait avoir des problèmes, elle me demandait d’écrire des notes au nom de sa mère, pour l’excuser auprès de ses profs. Sachant que je ne pouvais pas faire ça trop souvent sans soulever des soupçons, je me mettais à faire ces devoirs pour elle, imitant son écriture immature. Elle acceptait ce service sans me remercier, mais j’en profitais pour lui extorquer des nouveaux rendez-vous – payants bien sûr.

Pour aller à l’école elle mettait son uniforme, mais elle portait toujours un sac avec d’autres habits avec elle, et une fois sortie de l’école elle se changeait en ado « cool » dans le style skateur avec des pantalons larges et des longs t-shirts dans des couleurs déprimants. Je n’aimais pas du tout comment elle s’habillait, mais sa beauté était telle, que même en s’habillant moche, elle était splendide. Puisque je payais pour être avec elle je trouvais que j’avais le droit de la prendre par la main quand nous étions seuls, ce qu’elle me laissait faire. Ainsi errer dans les rues sans but, la tenant par la main, devenait mon seul plaisir.

Après quelques semaines cela l’embêtait et elle proposait de m’emmener aux endroits où elle rencontrait ces copains et copines skateurs. Etre invité à rencontrer ces copains me paraissait formidable et j’acceptais avec enthousiasme, mais demandais en quelle capacité elle allait me présenter. Elle riait : « Mais la vérité ma chérie. Tout le monde sait que j’ai trouvé une nana qui m’entretient. Mais c’est vrai que tu pourrais avoir un look un peu moins ringard, si non tout le monde va se moquer de moi. Viens on va te mettre au neuf »

Chaque matin je choisissais ce que j’allais porter avec soin, toujours en vue de plaire à mon amour. J’étais consciente d’être belle et que je ne paraissais pas mon âge. Et ce jour je trouvais que ma tenue étais particulièrement bien réussit, portant un jeans très serrant et une chemise polo moulante – favorisant aussi bien mes longues jambes que mes seins – sous un manteau mi-longue à doublure et col en fourrure. Que Farah me trouvait ringard faisait mal, très mal. Mais je ne disais rien. Depuis qu’elle avait pris le dessus j’avais vite appris à ne jamais protester. La moindre remarque l’irritait et alors elle me laissait en planque, menaçant de ne plus jamais me revoir. Je savais qu’elle c’était vite habitué à avoir des revenues faciles et n’allait pas facilement m’abandonner, néanmoins je préférais ne pas prendre de risques.

Une heure plus tard je me retrouvais à la rue portant un micro short, des bas en nylon à losanges et un petit pull gris à col arrondi, sous mon manteau mi-long. J’avais des cheveux longs que je portais toujours noué dans un chignon ou en simple queue de cheval assez haut sur ma tête, mais elle m’avait demandé de les laisser tomber sur mes épaules ce qui, je trouvais, me donnait un aspect non-soignée.

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 Je ne m’étais encore jamais senti aussi mal-à-l’aise, trouvant cette tenue encore plus « pute » que ce que Manu me faisait porter à l’intérieur de sa maison. Mais Farah, super enthousiaste, me complimentait sans cesse, et avait hâte de me présenter à ces copains. Pendant un moment je la soupçonnais qu’elle voulait se moquer de moi et me ridiculiser envers ces amis, mais puis je comprenais qu’elle était sincèrement fière que j’étais sa copine, la « nana qui l’entretenait ». Cela me rendait fière de mon côté, et éveillait un petit espoir que peut-être elle puisse redevenir amoureuse de moi.

Le double tabou 1

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« Le lendemain matin Farah se présentait au petit déjeuner dans sa petite chemise de nuit romantique. Pendant un instant j’avais peur qu’elle portait encore sa couche en dessous mais, comme si elle avait lu mes pensées, elle faisait une petite pirouette dévoilant un instant sa culotte et me faisant un clin d’œil en même temps. Je lui souriais et à ce moment je captais le regard de mon mari, fixé sur la délicieuse créature. Elle aussi l’avait noté et, faisant un autre mouvement provocateur,  retournait son regard indécent. Je voyais comment il détournait ses yeux avec regret. Toute  fière je réalisais que lui aussi était troublé par la belle adolescente africaine, ma maitresse, mon bébé.»

 

 

Chapitre  1

 

Je ne sais pas si les gens savent s’ils sont heureux ou pas. Moi en tout cas je ne le sais pas. Ce que je sais c’est que ma vie ne s’est pas déroulée comme je l’avais prévu.

 

J’ai eu une jeunesse sage et heureuse, assez  privilégié, dans un milieu bourgeois. J’étais une bonne étudiante ce qui était la chose qui était la plus importante dans l’opinion de mes parents. Quelques mois avant mon 18ième anniversaire je me trouvais à l’université comme étudiante en psychologie. Tout de suite je me suis éclatée. La liberté, les défis intellectuels, les amis, les premiers amours, j’en profitais à plein poumons.

 

Quelques années plus tard, diplôme de licencié en psychologie en poche, je continuais par des études en anthropologie.  C’est là que je rencontrais mon maître, mon dieu, mon futur mari. Jérôme, à 36 ans un des profs les plus jeunes de l’université, était déjà une autorité mondiale dans le fonctionnement de clans.

 

Dès le premier cours je l’admirais, et je travaillais encore plus qu’avant pour faire bonne impression, ce qui fonctionnait presque tout de suite. Je devenais une de ces étudiantes favorites et quand deux ans plus tard j’avais obtenu ma licence en anthropologie il m’invitait à rejoindre son équipe de chercheurs comme je l’avais espérée.  C’est là qu’il devenait mon guru, m’aidant à trouver mes domaines de recherche préférés. Je restais évidemment dans le domaine général des clans, spécialité de mon maitre, mais après un an j’entamais les recherches pour mon propre doctorat sur la position des femmes dans les clans  congolais. Il était évident que je ferais cette étude sous la guidance de mon grand maitre.

 

Et c’est à cette époque que nous devenions des amoureux. Pendant les quelques années que je le connaissais, Jérôme, grand charmeur, avait eu plusieurs relations amoureuses décevantes, tout comme moi d’ailleurs. Petit à petit j’avais compris que je l’aimais, mais je n’aurais jamais osé l’avouer. Le jour qu’il déclarait son amour pour moi c’était le paradis.

 

Une fois déclaré son amour, il m’adorait avec toute la passion qu’il mettait en tout ce qu’il entreprenait. A ma surprise sa passion réveillait en moi une même passion,  alimentée par ma jeunesse et mon âme romantique, passion dont je ne me serais jamais estimé capable. Nous décidions de nous marier et 6 mois plus tard  j’accouchais de ma première fille, Antigone.

 

Les études d’anthropologie supposent qu’on passe des longues périodes vivant parmi l’objet de son étude. Il était exclus que j’allais abandonner mon enfant pour vivre des longues mois dans des tribus congolais. Nous décidions donc que je m’occuperai quelques années des enfants et que je reprendrais mes recherches plus tard. Notre deuxième fille, Emmanuelle, est née 3 ans plus tard.

 

Au début après la naissance d’Emmanuelle j’avais été comblé par ma vie avec nos enfants et mon mari, que je continuais à vénérer. Mais petit à petit je devenais conscient d’un sentiment d’insatisfaction indéfini qui s’installait. Je songeais à reprendre le travail. Mais mon projet de retourner à l’uni pour reprendre la préparation de mon PHD après quelques années, idée qui à l’époque avait paru tellement simple, paraissait impossible maintenant. Non seulement  cela faisait presque 10 ans que j’étais en dehors et tout était tellement loin maintenant, mais partir au Congo était encore plus difficile avec une famille à gérer qu’avec seulement un petit bébé. En plus Jérôme ne pouvait pas me reprendre dans son équipe de chercheurs maintenant que j’étais sa femme sans s’exposer à des critiques de népotisme.

 

Jérôme aussi avait évolué. Il était toujours prof d’anthropologie mais il ne faisait presque plus de recherche, et son équipe c’était fort réduit. Il trouvait son plaisir de travail maintenant en dehors de l’université. Après qu’il avait siégé dans quelques commissions gouvernementales concernant le fonctionnement de gangs dans les grandes villes il était devenu un peu une figure publique souvent invité sur les plateaux de télévision, aussi pour des sujets qui étaient en dehors de ses compétences évidentes. Mais son plus grand plaisir maintenant était l’entreprise familiale dont il était devenu le président après le décès de son père.

A la base c’était une entreprise d’éclairage industriel, mais ils s’étaient diversifiés vers les meubles de bureaux et même l’architecture d’intérieur pour les espaces de bureaux. Laissant la gestion quotidienne à son frère, Jérôme était la figure de proie du groupe, ce qu’il adorait faire.

 

Il était toujours le grand charmeur, beau mâle, et partout où il allait il était entouré de belles femmes, de plus en plus jeunes. Non, ce n’est pas exacte,  lui prenait de l’âge mais les femmes dont il s’entourait avaient toujours le même âge.

 

J’étais persuadé qu’il me trompait, mais je préférais ne pas le voir. Mais cela s’ajoutait à ma frustration. Trouvant le retour à l’université barré, et ne pas sachant ce que je voulais faire à la place, je m’engageais dans une association qui œuvrait pour une plus grande transparence des autorités publiques et pour une meilleure protection de la vie privée. Petit à petit je devenais leur responsable de communication. Je commençais aussi à recevoir des invitations pour des débats à la radio ou la télévision. J’aurai pu devenir une figure publique à mon tour, mais toujours très peu sûre de moi, je refusais. J’ai des opinions fortes mais du mal à les défendre, surtout dans un environnement hostile. Donc je préférais le travail discret de la mise en place de campagnes de communication, installé derrière mon ordinateur.

 

J’avais installé mon bureau dans une dépendance au fond de notre jardin.

Je trouvais une réelle satisfaction dans mon travail et retrouvais la paix. Je décidais que c’était le moment d’agrandir ma famille. Jérôme, qui regrettait ne pas avoir de fils, était tout de suite d’accord.

 

Donc quand Antigone avait 8 ans et Emmanuelle en avait 5 ans je me retrouvais enceinte. Mon travail comme bénévole prenait de plus en plus de temps et bien que je le faisais principalement de chez moi, je devais souvent m’absenter pour participer à des réunions  au sein de la association.  Je me demandais, sans trop me tracasser,  comment j’allais gérer ça une fois que le bébé serait né. La solution se présentait d’une manière spontanée. Vers la fin de ma grossesse je recevais un coup de téléphone de Françoise, une copine d’enfance. Je ne l’avais plus vu depuis des nombreuses années mas maintenant elle m’appelait au secours. Elle et son fils Salvador de 9 ans venaient de quitter son mari alcoolique et violant. Elle  l’avait quitté en plein crise et elle n’avait pas un sou et ne savait pas à qui s’adresser.

 

Je l’invitais à s’installer gratuitement dans la dépendance dans notre jardin et en échange elle pourrait m’aider dans le ménage et garder les enfants jusqu’à ce qu’elle trouve une meilleure solution. La dépendance, qui avait une entrée dans une autre rue que notre maison, ce qui lui donnait quand même une certaine discrétion, consistait d’un appartement complet avec une chambre en haut,-  ou Françoise s’installait avec Salvador -, et un garage et le petit studio ou je travaillais en bas.

 

Elle était toujours là au moment que j’accouchais de notre troisième gosse, … une autre fille, Renée. Ce nom, choisi en honneur du grand Descartes, révélait le désir mal caché de Jérôme d’avoir un fils. On c’était mis d’accord sur ce nom au moment même  que j’annonçais que j’étais enceinte, et quand on avait appris que c’était de nouveau une fille nous avions décidé de maintenir ce nom  dans sa forme féminisée.

 

Tout de suite après la naissance je reprenais mon travail de bénévole, profitant du fait que Françoise était là pour s’occuper des 4 enfants et du ménage.

 

J’étais également actif dans le comité de parents dans l’école des enfants, ou il faut croire que j’avais fait bonne impression, parce que la directrice m’offrait un job comme coach d’étudiants avec un retard scolaire. Puisque pour une raison plus psychologique que autre j’aspirais à gagner de l’argent je n’hésitais pas à accepter ce job à temps partiel en plus de mon travail bénévole.

 

Mes nouveaux collègues me recevaient assez froidement. Comme représentant des parents j’avais souvent été critique envers le corps enseignant et en me voyant maintenant de leur côté de la barrière ils n’allaient pas me rendre la vie facile. Je ne m’étais pas attendu à cette attitude hostile. Les années passées à la maison comme mère de famille n’avaient pas eu un effet positif sur mon amour propre, et je me sentais assez désemparée devant mes collègues. Sentant ma vulnérabilité certains collègues devenaient encore plus agressifs.  Heureusement qu’il y avait Manu. Manu, bien qu’un peu plus jeune que moi, me prenait en protection. Il avait presque 10 ans d’expérience comme enseignant, et il gérait parfaitement ses classes aussi bien que la salle des maitres, ou il était fort apprécié et respecté. Les attaques vers moi  cessaient presque aussi tôt.

 

Manu et moi devenaient des bons copains. A un certain moment, à une petite fête d’école, ou il avait un peu bu, il m’avait fait des avances, que j’avais tout de suite arrêtée, en expliquant que je l’aimais aussi mais que rien au monde ne m’était plus important que ma famille. A mon grand soulagement il n’avait pas insisté et nous n’en parlions plus jamais.

 

Petit à petit je prenais le pied et je réalisais que j’étais plus-tôt bien dans mon job, dans lequel je prenais énormément de plaisir. Les années passaient paisiblement et je croyais être heureuse.

Cette rentrée là tout allait changer. J’avais 36 ans et Jérôme frôlait la 50taine (il ne les paraissait pas). Antigone avait 11 ans, Emmanuelle 8 et la petite Renée partait aux maternités. Françoise et son fils Salvador de 12 ans faisaient intégralement partie de la famille. Si à l’époque quelqu’un m’avait demandé si j’étais satisfaite de ma vie j’aurais répondu sans hésitation avec un oui convaincu. C’est pour ça que les évènements qui allaient suivre me prenaient complètement au dépourvu.

 

Tout de suite à la rentrée on me confiait une nouvelle élève, Farah, fille de réfugiés politiques éthiopiens. Elle avait été renvoyé de son école précédente pour insubordination et, bien qu’elle avait 13 ans, l’école avait  jugé son retard scolaire tellement important  qu’on avait décidé de la faire refaire sa dernière année des primaires, et même comme ça elle avait besoin que je m’en occupes intensivement pour qu’elle puisse rattraper le retard avec les gosses de sa classe.

 

Dès ma première rencontre avec elle j’avais été fasciné par cette fille d’une beauté exceptionnelle. Grande et élégante, elle paraissait nettement plus âgée que son âge, plus une jeune adulte qu’une fille. J’avais du mal à imaginer qu’elle était dans la même classe que ma petite Antigone de 11 ans. Je ne sais toujours pas pourquoi elle me faisait une impression tellement forte. Elle était vêtue d’un simple pantalon en jeans sous un T-shirt gris avec un dessin abstrait, et elle m’avait salué plutôt timidement. La seul chose qui était remarquable, excepté  pour sa grande beauté, étaient la grande boule de cheveux frisées et crépues d’au moins 15 cm d’épaisseur qui entourait sa tête.

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Elle était très renfermé et les premières semaines elle ne souriait jamais. Je la trouvais peu coopérante, mais je ne pouvais pas lui faire des remarques concrètes parce qu’elle faisait ce que je lui demandais. Après quelques semaines la confiance commençait à se mettre en place, et elle me racontait des petits morceaux de sa vie, passée et présent. J’apprenais ainsi qu’en Ethiopie ils faisaient partie de la classe aisée, vivants dans une grande maison avec des domestiques, à Addis Abeba. Ils avaient dû s’enfuir d’un jour à autre abandonnant toutes leurs possessions. Ils étaient arrivés 4 ans auparavant

dans notre pays sans un rond. Depuis lors ils vivaient dans un petit appartement dans un immeuble d’habitations sociales, ou elle partageait sa chambre avec ses deux petits frères. Malgré sa pauvreté et le fait qu’elle portait toujours des pantalons, elle était toujours très soigné et habillé d’une manière sportive mais élégante en même temps. Elle avait une élégance et un raffinement innés.

 

Petit à petit une certaine complicité s’installait.  Deux mois après le début de l’année scolaire j’apprenais de la maitresse de sa classe qu’elle « oubliait » régulièrement à faire ces devoirs. J’étais surprise par cette nonchalance. Evidemment je lui en parlais. D’abord, stupidement, elle essayait de nier, mais puis, elle haussait ces épaules et m’expliquait qu’en effet cela lui arrivait d’oublier de faire ces devoirs. Cette réaction m’irritait et j’exigeais que dorénavant chaque matin en arrivant à l’école elle passait à mon bureau pour montrer ces devoirs. De nouveau elle haussait ces épaules mais les jours suivants elle faisait comme demandé.

Mais quelques semaines plus tard elle rentrait dans mon bureau et m’expliquait qu’elle n’avait pas eu le temps de faire ces devoirs parce que sa mère était malade et qu’elle avait dû s’occuper du ménage. J’acceptais cette explication et faisait même une petite note pour l’excuser auprès de sa prof. Mais les semaines suivantes elle ne faisait pas ces devoirs de plus en plus souvent, inventant des excuses de plus en plus rocambolesques. Finalement je me fâchais en lui disant que j’en avais assez de ces mensonges et que j’étais très déçue par son comportement. C’est là que sa carapace se désintégrait.

 

Elle s’excusait les larmes aux yeux. Et puis elle se mettait à répondre  mes questions, d’abord avec quelques larmes qui coulaient par ces joues, puis des grands sanglots, pour terminer dans mes bras avec des pleurs inconsolables.

Petit bout par petit bout j’apprenais tout sur sa situation familiale : une mère dépressive qui depuis 4 ans ne sortait plus de sa chambre, un père qui faisait deux boulots et qui rentrait tard le soir épuisé, les deux frères, un de 10 et l’autre de 8 ans, qui comptaient pour tout sur leur grande sœur, les dettes à payer ce qui signifiait  que souvent  il n’y avait pas assez d’argent pour acheter de la nourriture pour tout le monde, et qu’alors elle se sacrifiait et elle ne mangeait pas,….

 

Son récit me bouleversait. Je la laissais pleurer dans mes bras comprenant que derrière la façade de la jeune adolescente « cool » qui avait été forcée de grandir trop vite, il y avait une petite fille angoissée, en besoin d’affection et de support. Je me jurais qu’à partir de là je ne m’occuperais pas seulement de l’aider à rattraper son retard scolaire, mais aussi à retrouver son enfance perdue. Elle m’expliquait aussi que la raison pour laquelle elle avait été chassé de son école précédente était parce qu’elle avait été absente non justifiés pour prendre soin de sa mère et quand l’école avait exigé une attestation d’un médecin elle avait refusé, ayant honte d’avouer qu’ils n’avaient pas l’argent pour un médecin.

 

Quand elle était calmée je lui proposais d’aller voir ensemble l’assistante sociale de l’école, mais elle refusait catégoriquement. Quand ils venaient d’arriver dans notre pays on leur avait attribué une assistante sociale et cela avait été un désastre. Elle c’était mêlée de tout et son père l’avait chassé de la maison, jurant que plus jamais il y aurait une assistante sociale qui rentrerait chez lui.

 

Je n’insistais pas mais  les jours suivants je réfléchissais comment je pourrais l’aider. Par Antigone je savais qu’elle était toujours seule en classe, et ne parlait jamais aux autres. Pensant que cela l’aiderait si elle était mieux intégrée dans sa classe, je lui demandais pourquoi elle n’avait pas d’amis dans sa classe. Elle me donnait un regard irrité : « Se sont tous des petits bébés ! » Je comprenais sa réaction parce que souvent quand je l’avais vu tout seul dans un coin de la cour de récré, avec une tête en plus que les plus grands de la cour, je m’étais fait la réflexion que cela devait être très dure. Je la regardais attendri et sa figure se relaxait. Elle me souriait : « Mais j’ai quand même une copine, toi ! »

 

Cette remarque me touchait mais me mettait mal à l’aise en même temps. Rougissant je la prenais dans mes bras et murmurait dans son oreille: « Oui, c’est vrai, je suis ta copine. » Néanmoins je voulais qu’elle retrouve une vie d’enfant et je décidais secrètement d’essayer si elle ne pouvait pas devenir copine avec ma fille Antigone.

 

Je proposais donc qu’elle vienne travailler chez nous les mercredi après-midis. Je devais insister puisqu’elle voulait être à la maison pour ces frères mais finalement elle acceptait. Et dès la première fois on adorait. On s’installait dans mon bureau dans le fond du jardin. Je la mettais à travailler et pendant qu’elle travaillait moi je travaillais pour la fondation. Françoise était fort occupé avec les enfants, passant tout l’après-midi à jouer au taxi, emmenant et cherchant les 4 à leurs classes de natation, de hockey, de théâtre, de ballet,…

 

Le premier mercredi, vers la fin de l’après-midi Françoise me demandait si je pouvais venir à a maison puisqu’elle allait chercher les 3 grands, mais que la petite, qui était chez elle, n’avait as envie de l’accompagner. J’acceptais évidemment et Farah et moi rejoignaient Renée à la maison. Après un petit bout je proposais de faire visiter la maison à notre invitée, et nous partîmes en haut tous les 3.  Je montrais les chambres en terminant par celle qu’Antigone et Emmanuelle partageaient.

 

Farah paraissait intéressé par les posters de Justin Bieber, les Jonas Brothers et les autres idoles que ma fille ainée venait de découvrir, ainsi que par la petite installation de musique. Pendant qu’elle inspectait la chambre je ramassais automatiquement les quelques vêtements qui trainaient un peu partout comme d’habitude. En ouvrant l’armoire j’avais une inspiration du moment. Je sortais une petite jupe et me tournais vers Farah : « Je ne t’ai encore jamais vu en jupe et je crois que des jupes t’iraient à merveille. »

 

Elle me regardait étonnée mais en même temps je la voyais ravi : « Tu veux que je porte une jupe ?»  C’était la première fois que j’étais consciente qu’il y avait quelque chose dans l’air, et j’hésitais. Mais elle prenait la jupe et enlevait son pantalon. Farah était très maigre – parfois je me demandais si elle n’était pas anorexique – et donc enfilait la jupe d’Antigone sans difficulté. Mais puisqu’elle était au moins 20 cm plus grande que mon ainée la jupe  était extrêmement courte. J’étais un peu ébranlée par la vue de ces longues jambes nues et je lui cherchais  une paire de collants. Je trouvais des collants bleus marine avec des petits dessins d’ours blancs. Farah me regardait  d’un air incrédule et contrarié, mais puis haussait ces épaules, et enfilait les collants. Je voulais lui dire qu’elle était trop mignonne, mais à ce moment on entendant les autres arriver et nous descendions.

Antigone n’avait pas l’air content de trouver sa compagne de classe chez nous. Pensant que c’était parce qu’elle portait ses habits, j’excusais Farah en disant que c’était moi qui avait insisté, mais ma fille, avec sa gentillesse habituelle retrouvée, assurait qu’il n’y avait pas de problème, et puis se tournant vers ma protégée, assurait que çà lui allait très bien. Compliment que Farah feignait ne pas entendre. Sentant l’atmosphère tendue je suggérais  à ma fille d’emmener sa copine dans sa chambre pour lui faire écouter sa musique. Farah me lançait un regard irrité que je ne comprenais pas, et Antigone hésitait, disant qu’elle n’était pas sure qu’elles avaient le même gout de musique. Je répliquais que Farah avait l’air d’être fan de Justin Bieber, l’idole dont le poster avait eu l’air de plus lui intéresser. Cela donnait courage à ma fille et elle se dirigeait vers la porte, suivie de Farah. Satisfaite je les regardais partir et entendre Antigone demander si c’était vrai qu’elle était aussi fan de Justin Bieber. La réponse de Farah n’était pas ce que j’avais espérée : « Toutes les petites filles l’adorent. Il y a quelques années je l’aimais aussi. »  Si je voulais qu’elles deviennent amies c’était mal partie.

 

Jugeant que ce n’était pas le bon moment pour espérer qu’elles allaient fraterniser, et décidant que j’organiserai d’autres opportunités, je les suivis après quelques minutes pour annoncer qu’il était temps que je ramène Farah chez elle. Celle-ci avait l’air soulagé et proposait de vite remettre ses propres habits. Quand je suggérais qu’elle pouvait les garder pour rentrer et qu’elle pourrait les rapporter à sa prochaine visite, en demandait  à ma fille si c’était ok pour elle, celle-ci avait une réaction pas du tout en ligne avec sa façon d’être habituelle : « Bien-sûre. Tu peux même les garder, je ne porte plus cette jupe, elle est tout à fait usé. Et ainsi je sais que quelqu’un en profite. C’est mieux que de la jeter dans le bac des « petits-riens ». »

 

J’avais honte de ma fille et pitié de Farah, mais celle-ci souriais à Antigone : « Merci, c’est gentille. Et tu m’as donné une bonne idée, j’irai voir au magasin des « petits riens » s’ils n’ont rien pour moi. »  Ma fille devenait toute rouge. Farah nous avait impressionné toutes les deux par cette réaction ironique et adulte.

 

Le jour suivant quand elle rentrait dans mon bureau elle portait la petite jupe bleue mais avec des petits bas foncés et des bottines.

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Je la trouvais encore plus ravissante, et la voir à l’école portant la jupe que je lui avais donnée m’émotionnait. Sans réfléchir je lui félicitais. Elle me donnait un sourire magique : « Je l’ai fait pour toi. » A ce moment je réalisais que cette fille splendide aux traits parfaits et aux longues jambes m’excitait. Soudainement j’avais envie de la serrer dans mes bras et de mettre mes lèvres sur sa bouche. Tout confus je me retenais à temps et me mettais à balbutier, consciente que je rougissais. Je l’expédiais rapidement puisque il n’y avait pas raison de me montrer ses devoirs puisque je l’avais déjà vérifié le jour avant. Je suis sûre que la petite était consciente de mon désarroi mais elle me donnait un autre beau sourire, et me quittait.

 

Une fois seul j’avais honte. Elle avait 13 ans mon dieu. D’abord j’essayais de me calmer en me disant que je me trompais. Bien-sure j’aimais cette fille, et oui, elle était très jolie, mais il n’y avait rien entre nous de quoi avoir honte. C’était une élève pour laquelle j’avais juste un peu plus de sympathie que pour les autres. Cela arrive à chaque enseignant. Je savais que je me mentais mais je ne l’admettais pas. Je savais que la seule façon responsable d’agir était de renoncer à la voir seul, mais l’idée de ne plus la voir tous les jours, de ne plus l’avoir près de moi, était insupportable. En plus comment j’allais expliquer à l’école que je ne voulais plus m’occuper d’elle.

 

Je décidais donc de continuer à lui donner ses cours, mais que j’allais changer notre relation. J’allais rendre la relation moins familière, moins « amicale », et accélérer la mise en exécution de mon idée de lui retrouver son enfance. Si elle se comportait un peu plus comme un enfant, et que notre relation redevenait ce qu’elle aurait dû être dès le début, celle d’une élève avec un prof, je me persuadais que l’attirance sexuelle que j’-avais pour elle disparaitrait.

 

Le prochaine mercredi tout se déroulait d’abord comme prévu. Nous étions installés dans mon bureau pour travailler quand je sentais qu’elle me regardait. En levant ma tête je voyais qu’en effet son regard était fixé sur moi. Je lui souriais et demandait pourquoi elle me regardait. Je n’étais pas préparé à sa réponse : « J’aime bien te regarder. T’es tellement jolie. » Rougissant  je la remerciais en protestant que c’était  gentille de dire ça. Elle continuait à me fixer : « Martine, je t’aime ! Très fort.» Cette remarque m’allait droit au cœur et je répondais sans réfléchir: « Moi aussi je t’aime. »  Mais ma réponse n’avait pas l’air de la faire plaisir : « Tu ne comprends pas. Je suis amoureuse de toi. »

 

J’avais envie de sauter debout, de la serrer dans mes bras et de crier que moi aussi j’étais follement amoureuse d’elle, mais je me contrôlais. Doucement je lui expliquais qu’elle était trop jeune, qu’elle était encore un enfant, que j’étais fière qu’une fille aussi merveilleuse qu’elle m’aime, mais qu’elle  ne pouvait pas m’aimer dans le sens qu’elle disait. Elle me regardait tristement, et, les larmes coulant par ses joues, me demandait si je ne l’aimais pas un tout petit peu. Je la prenais dans mes bras et l’assurait que je l’aimais très fort et  que je l’adorerais pour toujours. Essuyant ses larmes elle me souriait : « Dans deux ans et deux mois j’aurai 16 ans. Je t’attendrai et je serai à toi dans deux ans. » Sa déclaration m’émouvait, et l’idée que dans deux ans nous pourrions être des amants, me tentait. Mais de nouveau ma conscience m’obligeait de refuser. « Non mon amour, nous ne serons jamais des amants. Dans deux ans je serai une vieille femme de 40, et toi tu auras des amoureux de ton âge. Mais je te promets que je t’aimerai toujours comme si tu étais un de mes propres enfants. Et maintenant on se remet au travail. » Farah, de nouveau avec les larmes aux yeux, venait vers moi, mais je me tournais vers mes papiers, et sur un ton court lui disait que je ne voulais plus en parler et demandait qu’elle se remette à travailler.

 

Evidemment aucun des deux nous étions encore fort concentré et après une demi-heure je proposais de rentrer dans la maison pour voir si les autres étaient rentrés. La maison était vide et j’emmenais Farah à la chambre d’Antigone et Emmanuelle. Ouvrant l’armoire je l’invitais à choisir une tenue, l’assurant que Antigone avait eu honte de sa réaction de la dernière fois, et qu’elle pouvait choisir ce qu’elle voulait. Farah me regardait avec un petit sourire et puis se mettait à choisir. Après quelques minutes, me regardant de son air le plus provocateur, elle en sortait une robe chasuble, modèle tablier, bleue claire, qu’elle mettait au-dessus d’un chemisier blanc et des longs bas. La robe, déjà courte pour Antigone, couvrait  à peine son derrière, accentuant l’effet enfantin.

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Bien que je comprenne pourquoi qu’elle avait choisi cette tenue cela lui allait à merveille et je la félicitais. Un peu mal à l’aise nous descendions et à ce moment on entendait la voiture qui s’arrêtait et quelques instants plus tard Emmanuelle et la petite Renée faisaient irruption dans la cuisine, suivies de Françoise. La dernière était toute contente de nous voir. Elle venait de recevoir un téléphone de son fils Salvador. Il c’était foulée le pied au football et demandait si elle pouvait venir le chercher plus tôt. Je proposais donc de m’occuper de mes deux plus jeunes pendant qu’elle cherchait Salvador et puis prendrait Antigone au retour.

 

Quand Françoise était partie Emmanuelle  se préparait un sandwich pendant que je préparais une collation pour la petite. Quand je me mettais à l’aider à manger les deux autres nous regardaient sans savoir quoi faire. Donc quand je proposais à Emmanuelle de monter à sa chambre pour montrer sa collection de figurines celle-ci était toute de suite enthousiaste.  Farah hésitait une seconde mais puis me donnait un sourire amusé se mettait debout en s’adressant à ma fille de 9 ans : « Bonne idée. On y va ? »

 

Une demi-heure plus tard je montais avec la petite, et je trouvais les deux autres en train de jouer avec de la pâte à moduler. Mi- amusée, mi- irritée je constatais que les vêtements d’Emmanuelle étaient déjà couvertes de  taches de la pâte. Je lui faisais la remarque qu’elle savait qu’elle devait mettre un tablier quand elle jouait à la Plasticine. Elle s’excusait expliquant qu’elle n’avait pas eu l’intention de jouer, qu’elle avait seulement voulu montrer à sa nouvelle copine. J’acceptais ces excuses mais l’ordonnait à de ne plus rien toucher pendant que je cherchais son tablier.  Quelques minutes plus tard je revenais avec deux tabliers. J’en donnais un à ma fille et puis je m’adressais à ma protégée : « Toi aussi tu risques de salir ta belle robe. Viens ici, que je t’aide à enfiler ce tablier.».

 

Le tablier que Emmanuelle enfilait était un modèle blouse à longues manches qui se fermait avec une rangée de boutons devant. C’était un tissu vichy bleu et blanc mais avec une grande poche jaune vif devant. Le modèle que j’avais apporté pour Farah était encore plus classique : modèle sans manches, avec des volants aux épaules, se fermant avec une rangée de boutons dans le dos, dans un tissu rose. Elle me laissait enfiler le tablier et attendait patiemment pendant que je fermais les boutons. Quand c’était fait elle se tournait vers moi et me regardait sans sourire. Comme je l’avais espérée elle était magnifique même en tablier. Sans dire un mot elle se remettait à côté de ma fille et se remettait à travailler la pâte. Je les observais pendant un moment et puis les laissait seul.

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Une heure  plus tard  Françoise rentrait avec les deux grands. Leur tour pour manger quelque chose. Quand un peu plus tard j’appelais Farah pour l’avertir qu’il était temps de se préparer pour rentrer, Antigone était surprise d’apprendre qu’elle était là, encore plus surprise d’apprendre qu’elle jouait avec sa sœur cadette avec de la pâte à moduler, et encore plus surprise de la voir apparaitre dans son tablier d’écolière. Ces mains étaient encore couvertes de pâte et quand, craignant qu’elle allait tout salir, j’attirais son attention sur ses mains sales, elle les regardait une seconde, et puis, avec un geste tout naturelle, les essuyait à son tablier, laissant des longues traces sales.

 

Le lendemain Farah arrivait à l’école portant la robe chasuble avec le même chemisier blanc, mais avec des petites chaussettes courtes. Elle avait coupé ces cheveux ce qui avait l’air de la faire rétrécir de 15 cm. D’un jour à autre elle paraissait avoir rajeuni de 3 ans.

 

Je comprenais bien-sûr que sa façon de s’habiller était une provocation mais je faisais semblant de ne pas le voir et j’espérais que les autres, aussi bien instituteurs qu’élèves,  ne verraient pas la provocation mais au contraire un désir de mieux s’intégrer dans sa classe. Contrairement à ce que j’avais espéré  l’attirance sexuelle qu’elle exerçait sur moi ne diminuait pas, au contraire. Je la désirais de plus en plus, et chaque jour j’étais plus amoureuse d’elle. J’en avais honte et je refoulais ses sentiments.

 

Mais les mercredis qu’on passait ensemble dans l’intimité de mon bureau étaient magiques. On travaillait bien profitant du simple fait d’être ensemble. Parfois je l’encourageais de raconter de sa vie en Afrique. Elle adorait revivre ainsi son enfance d’orée, bien que souvent je voyais que ça la rendait un peu mélancolique. A ces moments j’avais tellement envie de la serrer dans mes bras, mais je me retenais.

 

J’avais apporté le tablier d’écolière à mon bureau, en me disant que cela aiderait à renforcer la nature maitresse – élève de notre relation. Evidemment la vraie raison était que je l’avais trouvé trop mignonne avec son tablier. Je n’aurais jamais osé lui suggérer de le mettre, mais je l’avais pendu au porte-manteau ou elle pendait toujours son manteau. Et comme j’avais espérée elle l’avait tout de suite vu, et l’avait enfilé sans commentaire, se présentant avec son dos vers moi pour que je ferme les boutons. Ce geste simple de soumission devenait une partie de notre routine hebdomadaire, marquant le début de nos après-midis délicieux.

 

J’adorais cette enfant douce et était contente de la sérénité que j’arrivais à lui offrir. En plus elle travaillait bien et faisait des grandes avances dans son travail scolaire. Une autre partie de notre routine était la collation de 4 heures – un fruit et un yaourt. Puisqu’elle prétendait ne jamais avoir faim j’avais toujours du mal à la convaincre de manger. De nouveau craignant qu’elle ne souffrait d’anorexie j’insistais, et petit à petit je lui donnais la mandarine mettant morceau par morceau dans sa bouche, et puis lui nourrissant le yaourt cuillerée par cuillerée comme à un petit bébé. La première fois c’était une sorte de blague pour nous deux, mais après cela devenait une routine presque solennelle.

 

Mais quand en fin d’après-midi on rejoignait les autres elle changeait complètement de nature. Elle se comportait en petite fille gâtée attirant l’attention tout le temps, surtout quand j’étais avec eux. En général elles se mettaient à jouer ensemble, souvent avec Antigone et Farah assises l’une à côté de l’autre devant l’écran de l’ordinateur pour des jeux d’habillage, ayant des irruptions de plaisir fréquent causés par la vue de leurs inventions respectives.

 

Le jeu préféré était le bricolage avec des perles. Mes deux filles ainées avaient une immense collection de perles de toutes formes et couleurs dans différents matériaux : plastique, verre, bois, … Elles en faisaient des bracelets, des colliers, des pendentifs, mais aussi, avec l’aide de fil de fer, des éléments décoratifs. Farah avait clairement un sens inné pour les formes et couleurs. Avec les jeux d’habillage elle était très créative faisant preuve d’un style propre et ce qu’elle faisait avec les perles était simplement magique.

 

En les observant de loin j’étais satisfaite de constater que ma protégée avait l’air de retrouver une certaine insouciance enfantine comme je l’avais espéré. Mais souvent la paix était interrompue par ces cris réclamant une perle spécifique qu’une des autres avait employée. Antigone cédait toujours mais Emmanuelle résistait, ce qui provoquait de scènes de colère de Farah, me forçant à intervenir. Et je dois avouer que j’intervenais toujours en faveur de ma protégée. Le soir, quand elle était partie, j’expliquais alors à mes filles qu’elles devaient comprendre que Farah était une fille pauvre, qui chez elle elle n’avait pas plein de jouets comme eux.

 

A table c’était pire. Elle refusait de manger, et moi sincèrement préoccupé par sa santé, insistait qu’elle mange en lui coupant sa nourriture en petits bouts, et puis, en lui  nourrissant comme un petit gosse, devant tout le monde. De nouveau après je me voyais obligé à la défendre envers mes enfants, expliquant que c’était normale qu’elle cherchait l’attention, parce qu’elle n’avait pas de foyer chaleureux, et que ces parents avaient trop de soucis pour s’occuper d’elle.

 

J’étais de plus en plus ensorcelé par elle. Les matins mes premières pensées étaient pour elle, et les jours quand je savais que je n’allais pas la voir j’étais irritable. Au contraire, les autres jours, spécialement les mercredis, j’étais super contente et joyeuse. Je ne me rendais pas compte que mon entourage se rendait compte de ces changements d’humeur, et même de leur cause, jusqu’au jour que Jérôme – qui d’habitude ne remarquait jamais rien – me mettait en garde :

« Je crois que tu devrais prendre un peu de distance de cette fille, ma chère. »

Je le regardais étonnée et, difficilement masquant ma honte, je répondais sur un ton défensif:

« Pourquoi tu dis ça ? »

« Je ne l’aime pas. Elle est manipulatrice et je crains qu’elle te fera beaucoup de mal »

 

Mal à l’aise je me mettais à rire : «C’est idiot de dire ça. Elle ne ferait pas mal à une mouche. Elle a seulement besoin d’un peu d’affection et d’attention, et alors elle te le rend mille fois. »

Jérôme me regardait avec un air sceptique : « Ok, comme tu veux, mais tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas mis en garde. »

 

C’était de plus en plus difficile de cacher mes vrais sentiments, mais je continuais à les refouler et refusais toujours de m’admettre que j’étais amoureuse. Je continuais à me persuader que mes sentiments étaient des sentiments de sympathie d’un adulte pour une jeune fille adorable, talentueuse, mal loti par le sort, qui méritait tout mon attention.

 

Le jour de mon anniversaire Farah m’offrait comme cado une petite robe ravissante style « preppy »: manches longues, cintrée à la taille, avec une jupe évasée, mi-cuisses, et avec un petit col “Claudine”. Un modèle émanant fraicheur et insouciance, mais beaucoup trop jeune pour une femme s’approchant de la quarantaine. Bien qu’elle était neuve, avec les étiquettes de H&M encore dedans, elle l’avait clairement emballée elle-même. Je comprenais immédiatement qu’elle l’avait volée, mais touchée par son geste, et excitée par son choix, j’acceptais son cado sans faire des remarques. Je mettais la robe tout de suite ce qui me valait des remarques flatteuses de la part mon élève, me disant que je devrais  porter des robes et des jupes plus souvent.
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Quelques semaines plus tard Farah obtenait un excellent bulletin. J’en étais tout contente et fière. Ce mercredi-là, quand elle arrivait pour étudier, je proposais que pour la féliciter et récompenser son bon travail, nous n’allions pas travailler, et qu’elle pouvait choisir comment on allait passer l’après-midi. Toute contente elle m’embrassait et sans hésiter proposais d’aller au cinéma. J’étais un peu surprise puisque je n’avais pas prévu de sortir mais cela me paraissait une bonne idée. Farah, habillée BCBG comme elle avait pris l’habitude, avec une petite jupe Burberry,  était prête à partir tout de suite.

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Pour lui faire plaisir j’avais mis la robe qu’elle m’avait offerte, et je voulais me changer avant de sortir. Farah, toute déçue, insistait que je gardais la robe, et je cédais.

Une bonne demi-heure plus tard nous nous installâmes dans la salle de cinéma. Farah était toute excitée et naïvement je mettais ça sur le compte du fait que c’était seulement la deuxième fois de sa vie qu’elle allait au film.

A peine la séance commencée je sentais qu’elle prenait ma main dans la sienne. J’aurai du l’arrêter et retirer ma main, mais je trouvais le geste trop touchant et ne bougeait pas. Un peu plus tard je sentais sa jambe frôler la mienne. D’abord je pensais que c’était par inadvertance et je ne réagissais pas. Mais quand,  encouragé par mon manque de réaction, elle poussait sa jambe avec plus d’insistance contre la mienne, je comprenais que c’était intentionné. Je déplaçais ma jambe, mais, curieuse de savoir si elle oserait répéter son geste, la remettait après quelques instants. Toute de suite sa jambe se remettait contre la mienne. De nouveau je la déplaçais pendant quelques minutes mais quand je la rapprochais de nouveau elle ne bougeait plus. J’attendais un peu, et puis, ne résistant plus l’envie de la toucher, c’était moi qui caressais sa jambe avec la mienne. Farah soupirait.

 

Pendant un petit temps nous regardâmes le film ainsi, et puis je sentais qu’elle dégageait sa main pour la poser sur mon genoux. De nouveau j’aurai du l’arrêter mais je ne pouvais pas. Quand je sentais sa main glisser vers le haut je fermais instinctivement mes jambes pendant un instant, coinçant sa main entre mes cuisses, mais presque tout de suite je les rouvrais. Farah comprenait l’invitation et sa main glissait rapidement en dessous de ma robe, jusqu’à ma culotte. Je soupirais à mon tour et j’ouvrais complétement mes jambes.

 

Comme paralysée je sentais comment Farah se tournait vers moi, et comment, tout en gardant une main en dessous de ma jupe, elle prenait avec l’autre ma main et la mettait sur sa jambe à elle. Puis je sentais comment sa tête s’approchait de la mienne, pendant qu’elle poussait lentement ma main en dessous de sa jupe. Quand elle mettait ses lèvres sur les miennes je n’avais plus aucune résistance, et je glissais ma langue dans sa bouche, ou nos langues s’enlaçaient.

 

C’était un baiser magique. Pour elle c’était son premier, et pour moi tout comme.  Nous n’avons plus rien vu du restant du film.  Et une semaine plus tard nous étions amants.

 

Ce mercredi là je l’attendais tout excitée et à peine rentrée je la prenais dans mes bras, l’embrassais, tout en lui avouant finalement mon amour. Elle répondait en  m’embrassant avec toute la passion de sa jeunesse. Je ne me retenais plus et je lui déboutonnais lentement son cardigan et puis son chemisier. Puis je lui enlevais sa jupe et ces collants. Elle se laissait faire tout en continuant à m’embrasser. Je l’emmenais au lit canapé ou je la couchais et m’agenouillant à côté j’embrassais son ventre, ses jambes, ses bras. . . Puis je lui enlevais son soutien-gorge, dévoilant ses deux petits seins délicieux, que j’embrassais à leur tour. Elle me regardait pendant que je me déshabillais. Quand j’avais tout enlevé, y compris ma petite culotte, je me couchais à côté d’elle et je mettais sa main entre mes jambes, pendant que j’introduisais gentiment ma main à moi dans sa culotte. C’était la première fois que je faisais l’amour avec quelqu’un de mon sexe, et c’était inoubliable. L’orgasme qu’elle me donnait avec ses longs doigts agiles était mieux que ce qu’aucun homme ne m’avait jamais fait sentir.

 

Mais le fait que nous étions devenues amants, et qu’on passait nos mercredis après-midis en faisant l’amour, ne changeait rien  à sa  jalousie, et ces crises de petite fille gâtée devenaient de plus en plus fréquentes et graves, au grand agacement de toute ma famille.

 

Vu son talent artistique je l’encourageais à peindre, à quoi elle prenait immédiatement un grand plaisir.  Le tablier d’école se trouvant dans mon bureau elle avait cherché un autre moyen pour  protéger ses vêtements, et avait trouvé un petit tablier en plastic. Le modèle était un genre bavoir, sans manches se fermant avec un petit nœud dans la nuque.  Elle prenait l’habitude d’enfiler ce tablier de petite fille en arrivant dans la maison et de me demander de le fermer comme on le faisait avec le tablier dans mon bureau, et elle le gardait jusqu’à son départ. En général elle portait le tablier au dessus de sa jupe ou robe  mais quand elle portait un pantalon ou des collants elle les enlevait “pour ne pas les salir”,ne gardant rien que sa culotte blanche en dessous.  Tout le monde comprenait que c’était une autre manière d’attirer l’attention, et ça ne la rendait pas plus sympa dans les yeux des autres, mais moi je la trouvais mignonne, et tout le monde s’habituait à voir cette belle adolescente avec son petit tablier incongrue.

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Je supportais de moins en moins d’être séparée d’elle. Un mercredi je proposais donc qu’elle reste logé mais elle refusait catégoriquement parce qu’elle devait rentrer chez elle pour s’occuper de ces frères. Ça m’agaçait et la semaine suivante je répétais l’invitation. Quand elle refusait de nouveau je proposais de parler à ces parents.  Ça  aussi elle refusait mais quand j’insistais de savoir pourquoi elle ne voulait pas que j’en parlais à ses parents elle baissait la tête et puis parlant tout doucement elle répondait qu’il y avait une autre raison pourquoi elle ne voulait pas rester loger : « Je fais parfois pipi au lit. »

 

Je la regardais incrédule, mais puis, voyant sa figure décomposé, mon âme se remplissait de pitié. Je la prenais tendrement dans mes bras : « Oh, ma pauvre chérie. T’as toujours eu ça ? Tu as toujours eu des accidents ? »  Elle secouait sa tête : « Non, ça fait 4 ans. Ça a commencé juste avant la fuite de notre maison. »

Je la serrais dans mes bras et je sentais qu’elle pleurait. Je la laissais pleurer, et puis, quand je sentais qu’elle se calmait un peu, je lui posais doucement des questions qu’elle répondait sans me regarder. J’apprenais ainsi qu’elle avait des accidents presque tous les jours depuis 4 ans. Il y avait eu des moments que les accidents étaient moins fréquents, mais puis ça recommençait. Elle portait des couches pour aller dormir, et ces frères le savaient évidement puisqu’elle partageait la chambre avec eux. Parfois ils se moquaient d’elle mais en général ils ne prêtaient plus attention à ça. Ces parents ne l’avaient jamais fait faire examiner par  un médecin.

 

Cette nouvelle renforçait encore mes sentiments tendres pour elle. La tenant toujours dans mes bras je lui disais que cela ne devait pas l’empêcher à venir loger chez nous, qu’elle aurait la chambre des invités, et que les autres ne verraient donc pas son secret. Puisque son plus grand problème avait été envers moi, une fois qu’elle m’avait communiqué son horrible secret je n’avais plus beaucoup de mal à la convaincre de venir loger. Le mercredi après elle arrivait donc avec son sac. C’était ridicule mais le fait qu’elle allait passer la nuit sous le même toit que moi m’excitait et nous faisions l’amour avec encore plus de passion que d’habitude. Après nous nous reposions enlacés toutes nues sur le lit. Je la caressais tendrement et pensais à la soirée qu’on allait passer en famille. Soudain j’avais un drôle d’envie. J’hésitais à lui en parler mais le plus que j’y pensais le plus que j’avais envie, donc je me décidais : « Est-ce que ce soir je peux t’aider à te mettre ta couche ? »

 

Elle se redressait et me regardait avec des grand yeux ahuris : « Pourquoi ? » « Ca me parait très intime et tendre mais érotique en même temps ».  Elle rougissait, mais me souriait et hochait la tête : « Oui, je crois que j’aimerai ça ! »

 

Pendant le repas elle se laissait nourrir par moi comme d’habitude. Sachant ce qui allait se passer plus tard nous nous sentions plus proche que jamais. J’avais du mal à dissimuler notre complicité, et quand je sentais sa main sur mon genou en dessous de la table, j’avais l’impression que mes joues coloraient et que tout le monde pouvait voir mon excitation. Je me levais brusquement et me mettais à débarrasser bien que les autres n’avaient pas encore terminé leur repas. Jérôme me regardait d’un air furax mais ne disait rien.

 

Je mettais Renée au lit pendant que les autres regardaient un DVD  et que Jérôme lisait. Quand Renée était couchée je joignais les filles. Je demandais à Farah et Emmanuelle de me faire un peu de place et m’asseyait entre elles sur le canapé, mettant mes bras autour des deux filles. Sans hésitation Farah posait sa tête sur mon épaule. J’étais consciente du regard qu’Antigone nous lançait, mais trop heureuse d’avoir mon amoureuse contre moi, je ne réagissais pas.

 

Quand le film était terminé j’envoyais les filles en haut. 15 minutes plus tard je  rejoignais Emmanuelle et Antigone dans leur chambre pour les donner un bisou de nuit, mais j’avais  hâte de les quitter pour rejoindre Farah. Quand je rentrais dans sa chambre elle m’attendait assise sur le bord du lit. Elle avait mis une chemise de nuit blanche très courte, contrastant avec la couleur foncée de sa peau. Cela lui allait trop bien. Quand je m’approchais elle sortait une couche jetable d’en dessous de ces draps et me la donnait, me regardant avec des grand yeux ou la timidité et l’excitation se mêlaient.

 

Je la poussais doucement en arrière et quand elle était couchée elle me souriait timidement pendant que je dépliais la couche. En continuant à me fixer elle attendait que je glisse la couche en dessous d’elle. Puis elle ouvrait doucement ses jambes, se mettant dans une position de soumission totale. J’étais profondément touché par ce geste simple d’abandon, qui témoignait de sa confiance total en moi. Je comprenais qu’elle devait se sentir très exposée et vulnérable, mais sans crainte elle attendait la suite. Les larmes d’émotion aux yeux je la caressais et puis refermais doucement la couche autour de ces jambes.

 

J’avais envie de me mettre au lit avec elle mais je n’osais pas rester plus longtemps. Je la bordais rapidement et mettant une bise sur sa joue, je quittais sa chambre, essuyant les larmes de ma joue. Quand je rejoignais Jérôme il me regardait intensivement : « Je me demande ce qui se passe avec toi. » « Qu’est-ce que tu veux dire ? » « Ton comportement avec cette petite garce est ridicule. Vous êtes pathétiques. »

 

Honteux je ne répondais rien, et le laissait seul.

 

Le lendemain matin Farah se présentait au petit déjeuner dans sa petite chemise de nuit romantique. C’était un jour jour  d’été et on mangeait dehors. Quand elle sortait et venait vers nous en souriant pendant un instant j’avais peur qu’elle portait en dessous encore sa couche mais, comme si elle avait lu mes pensées, elle faisait une petite pirouette dévoilant un instant sa culotte et me faisant un clin d’œil en même temps.

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Je lui souriais et à ce moment je captais le regard de mon mari, fixé sur la délicieuse créature. Elle aussi l’avait noté et, faisant un autre mouvement provocateur, retournait son regard indécent. Je voyais comment il détournait ses yeux avec regret. Toute fière je réalisais que lui aussi était troublé par la belle adolescente africaine, ma maitresse, mon bébé. Nous n’étions pas tellement pathétiques alors ?

 

A ce moment Farah s’asseyait à côté de moi et je me mettais à préparer sa tartine.

 

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